‹ Œuvres posthumes (volume 2)Chapitre 56 sur 148 · COMBATS DE BAGNEUX, CLAMART, CHATILLON · texte numérisé non relu

COMBATS DE BAGNEUX, CLAMART, CHATILLON

une longue et minutieuse instruction pour un combat dans nos lignes défensives , en vue duquel j'ajoutais aux trentecinq mille hommes et à l'artillerie dont il disposait, deux divisions d'infanterie de réserve et vingt-deux batteries, soit cent trente- deux pièces. De cette instruction qui a été publiée, je ne reproduis que la conclusion, qui exprime l'attente réelle où j'étais d'un grand événement militaire : « Joignant à cet ensemble l'action de l'artillerie de nos « forts, avec l'effet moral et matériel qu'elle produira, « nous aurons un appareil de bataille défensive que je « considère comme formidable si les troupes bien postées « font leur devoir. »

C'était encore un vain espoir. L'ennemi s'était en effet rassemblé, mais de nouveaux avis, de même source que les premiers , exprimaient à présent que cette concentration allemande ne semblait avoir pour but que l'envoi en province d'un groupe important des forces assiégeantes à relever par d'autres.

Devant ces contradictions, déjà à moitié déçu, j'étais dans la plus profonde perplexité et je résolus d'en sortir en ordonnant au général Vinoy, dans la nuit du 12 au 13, de mettre immédiatement en mouvement vers le plateau de Ghâtillon, en reconnaissance offensive, la division Blanchard, qui avait tous les moyens nécessaires pour tâter l'ennemi sans se compromettre et pour l'obliger à se montrer, afin de juger, s'il était possible, de la position, de l'importance et du but probable des rassemblements annoncés. Deux brigades d'infanterie et le régiment des mobiles de la Vendée formaient la réserve de la division Blanchard, prêts à la soutenir s'il y avait lieu.

Telle est l'origine des combats de Bagneux-Clamart- Châtillon (13 octobre) dont je ne décrirai pas les péripéties,

mais dont je ferai connaître les résultats au point de vue de l'avenir du siège, en rendant hommage à la valeur très effective, même brillante, des officiers et des troupes qui abordèrent l'ennemi ce jour-là.

Les 35e et 42e régiments de ligne (la brigade de Rome), ceux-là même qui avaient si bien mérité et qui avaient été si éprouvés au combat de Chevilly ; les régiments de marche, notamment les 13e et 14e; les mobiles de la Côte-d'Or, conduits par un chef de haute valeur, le lieutenant -colonel de Grancey (qui devait tomber glorieusement plus tard sur le champ de bataille de Champigny) ; les mobiles de l'Aube, dont l'intrépide et regretté commandant , le comte de Dampierre, fut tué en enlevant à la tête de son bataillon le village de Bagneux ; le bataillon des sergents de ville (gardiens de la paix); l'artillerie, le génie, rivalisèrent de patriotisme et de bravoure.

Le général de Susbielle, blessé dès le commencement de l'action, avait jusqu'à la fin gardé son commandement, donnant à tous Y exemple de la plus ferme constance dans le péril.

Au fond, les combats de Bagneux-Clamart-Châtillon eurent la même physionomie que ceux de Chevilly-L'Hay- Thiais , nos troupes s'épuisant en efforts devant des villages barricadés, crénelés, de longue main préparés pour la défense, les enlevant en totalité comme Bagneux et Clamart, en partie comme Châtillon, et à la fin de la journée obligées à battre en retraite. Pourquoi? parce qu'ils n'auraient pu s'y maintenir, ni indéfiniment devant l'arrivée successive des renforts d'infanterie et d'artillerie que l'ennemi faisait incessamment converger vers les points attaqués, ni utilement dans l'intérêt de la défense de Paris, en raison des distances qui les en séparaient.

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