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LES DÉMISSIONS APRÈS L'INSURRECTION

cipaux sectaires, et ce fut à mes yeux, eu égard aux chances de l'opération et à l'insuffisance des moyens dont il disposait, une véritable action d'éclat du préfet de police.

Les démissions après l'insurrection du 31 octobre.

Elles se succédèrent, autant que je puis me le rappeler, dans Tordre ci -après :

Le préfet de police, M. Adam ;

Le commandant en chef de la garde nationale, général Tamisier ;

Le maire de Paris (mairie centrale), M. Etienne Arago ;

Ses deux adjoints, MM. Floquet et Brisson ;

Le membre du gouvernement, M. de Rochefort.

J'ai déjà dit que le gouvernement de la Défense n'avait eu qu'à se louer du dévouement, de la loyauté et des services de M. Adam pendant sa courte apparition à la préfecture de police.

J'ai dit également que le général Tamisier, ancien élève de l'Ecole polytechnique, savant officier d'artillerie, autrefois réputé dans l'armée pour d'ingénieuses recherches sur la balistique militaire et des perfectionnements apportés à l'armement, avait été appelé, parce que républicain, au commandement en chef de la garde nationale. Déjà alourdi par l'âge, d'une santé incertaine, d'un caractère doux et bienveillant, d'une parfaite droiture, le général Tamisier, prêt à tous les dévouements , n'était pas fait pour ce redoutable mandat.

Il fallait un Clément Thomas, et on sait quelle fut la destinée de ce vaillant et bon serviteur à qui j'ai spécialement consacré quelques pages de ce livre. Mais le général Tamisier était un homme de savoir modeste, de devoir et d'honneur. Quand il est mort , me souvenant de ses

épreuves, j'ai rendu à sa mémoire un hommage que je renouvelle ici.

M. Etienne Arago, avec qui je n'ai jamais eu de rapports personnels, me paraissait bénéficier parmi les républicains qui m'entouraient, de la notoriété politique attachée à son nom et de sa doyenneté républicaine auxquelles il devait, je pense, l'importante situation (la mairie centrale de Paris) à laquelle ils l'avaient appelé. Je n'ai pas su ce qu'il y avait fait, non plus que les raisons qui avaient motivé sa démission, dont je fus informé en séance par mes collègues.

MM. Floquet et Brisson , au même titre républicain, étaient adjoints à M. Etienne Arago. C'étaient deux jeunes hommes dès cette époque en évidence dans leur parti et qui sont aujourd'hui (1887) de hauts personnage politiques. Je ne les connaissais pas, et ils n'entrèrent en relations avec moi, relations qui furent à la fois les premières et les dernières, qu'à l'occasion de la démission qu'ils donnèrent, eux aussi, après les événements du 31 octobre, avec cette particularité qu'ils me l'apportèrent au Louvre personnellement et en même temps.

Cette démarche, qui leur était, je crois , suggérée par un sentiment de courtoisie , me surprit. C'était au ministre de l'intérieur, non au président du conseil gouverneur de Paris, qu'elle devait s'adresser, et puis aucun des autres démissionnaires ne l'avait faite auprès de moi. Leur résolution , dont ils m'informaient en des termes d'une convenance parfaite, me choquait comme m'avaient choqué depuis le commencement du siège toutes les démissions. Déserter l'effort commun, l'ennemi présent, c'était à mes yeux un contresens patriotique, avec cette aggravation pour ceux qui disparaissaient à l'occasion et à la suite de l'insurrection (le général Tamisier malade excepté) qu'ils semblaient

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