‹ Œuvres posthumes (volume 2)Chapitre 70 sur 148 · LA SITUATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

LA SITUATION MILITAIRE

dément du général Ducrot , les sept ponts volants de l'habile et actif ingénieur en chef, M. Krantz, prêts à remplir leur office pour le double passage de la Seine sous Paris.

Je rappelle que, pour organiser l'ensemble de ces forces, nous disposions :

De deux régiments réguliers ,

De deux corps d'armée formés de nouveaux régiments de marche et de régiments ou bataillons de mobiles départementaux ,

Des bataillons de la garde nationnale parisienne mobilisée et sédentaire,

Des gardiens de la paix (sergents de ville) militairement constitués ,

Des corps de volontaires, francs -tireurs, etc.

Si Ton considère :

Que de ces rassemblements si divers, la plupart habillés, équipés, armés de fusils de tout modèle, sommairement instruits, à peu près encadrés, au milieu d'une confusion qui semblait inextricable , sortaient en novembre :

Deux armées d'apparence presque régulière , pourvues de leurs principaux éléments de commandement, comprenant chacune six divisions d'infanterie, une de cavalerie, une artillerie divisionnaire , une artillerie de réserve , les services accessoires les plus indispensables;

Et une troisième armée formée de la garde nationale mobilisée, comprenant une force presque illimitée (je n'en sais pas le chiffre) de bataillons d'infanterie , avec une légion d'artillerie et un groupe de cavalerie, l'ensemble représentant la réserve des deux premières armées..., on reconnaîtra que, dans ces quelques semaines, le patriotisme n'avait pas chômé dans Paris et que j'ai été vrai en écrivant que les résultats qu'il avait produits étaient extraordinaires.

Pourtant, j'ai le devoir de dire ici que, en mérite devant le pays, ces résultats restaient au-dessous de ceux que la province obtenait dans le même temps, sous l'entraînante impulsion de M. Gambetta et de ses collaborateurs..

Ils avaient, il est vrai, la paix autour d'eux, la liberté d'action , l'équilibre moral dont à Paris nous étions absolument privés. Mais, — difficulté capitale, — tous les éléments de constitution des armées, en hommes, en matériel, en approvisionnements de toute sorte, étaient pour la délégation de Tours éparpillés à l'infini dans la France entière, ou à créer.

Réunir des centaines de mille hommes dans de telles conditions, les équiper, les armer, les encadrer, leur trouver des chefs; les organiser en bataillons, en régiments, en brigades, en divisions, en corps d'armée ; les pourvoir d'artillerie et de munitions; mettre ces groupes improvisés en état de marcher, et presque aussitôt de tenter la fortune du combat..., c'est un tour de force de patriotisme général et d'énergie gouvernementale qui, dans d'autres temps et dans un autre pays, eût excité la plus vive et la plus légitime admiration.

Abstraction faite de tout ce qui me sépare de M, Gambetta, j'aime à rendre ici à son effort la justice qu'il a quelquefois refusée au mien.

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