‹ Œuvres posthumesChapitre 85 sur 93 · DE LA TRAVERSÉE · texte numérisé non relu

DE LA TRAVERSÉE

Après la longue série des échanges politiques et militaires, pleins d'à- coups, avec Paris, Gonstantinople et Bucharest où se tenait, surveillant les événements, le corps d'armée autrichien des généraux de Hesse et Coronini ; après tant d'épreuves morales et matérielles déjà presque oubliées, le maréchal exténué, mais toujours résolu et toujours confiant, s'embarquait sur le vaisseau la Ville-de- Paris, suivi de son armée qui n'était pas moins résolue et pas moins confiante que son commandant en chef.

Le programme des opérations, bien étudie à Varna, non pas définitivement arrêté, était alors celui-ci :

« Prendre terre aux environs de l'embouchure de la « Katcha, à proximité de Sébastopol. S'établir devant le « fort du nord en vue de l'enlever de vive force s'il était ce possible, par un siège régulier s'il était nécessaire. Ce « fort dominait toutes les défenses de la rive droite du port « de Sébastopol, principalement tournées vers la mer, et il « ne semblait pas qu'il pût opposer à nos attaques du côté ce de la terre d'insurmontables obstacles. Le fort du nord « pris, toute la rive droite tombait en notre pouvoir. Cette « occupation préliminaire réalisée par les deux armées, les « deux flottes pénétreraient dans le port de Sébastopol,

1 Le maréchal, qui latinisait volontiers, appelait le docteur Cabrol : Casus brolcnsis , comme il m'appelait moi-même cornes ad latus.

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