‹ Œuvres, précédées d'une noticeChapitre 4 sur 114 · CHANT TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHANT TROISIÈME

Tels qu'en vers admirés Virgile dessina

Ces hideux forgerons que recèle l'Etna-,

De l'outre aux flancs tendus l'un agitant la masse-,

Avec l'air qu'il reçoit tour à tour et qu'il chasse,

Anime les fourneaux et réveille Vulcain ^

Dans l'onde qui frémit l'autre plonge l'airain ;

Stérope frappe un fer qui s'alonge en épée -,

Par les mains de Brontès une lance est trempée -,

Pyrachmon creuse un casque, et, roi de ces enfers,

Polyphème préside à ces travaux ^vers :

Tel , mais le teint plus pâle , après un long carême.

Dans leur antre, et sous l'œil d'un autre Polyphème ,

Nos forgerons d'écrits , nos fourbisseurs de mots ,

Exercent leur talent pour le plaisir des sots.

A d'un pieux sarcasme aiguise la finesse ;

iV, qui veut à trente ans redresser la jeunesse,

aa FOLLICULUS,

Sous son pesant marteau fait gëmir la raison ; i^sueàpolir une froide oraison^ y^ sans feu » sans sel , mais biçn périodique, Met dans un feuilleton toute la rhétorique : Renommé par un art tout dilîérent du sien , Le grand Folliculus , bijen souvent n'y met rien. De tous ces journaliers, dont chacun a son style, Le plus impérieux et le plus inutile , C'est i^**'^'^* 5 il reçoit vingt mille écus , dit-on, l Pour surveiller la bande , et lui donner le ton -, ^\) Il n'est dans l'atelier que le souffleur de forge , Il ne fait que du vent; mais comme il se rengorge! Il immole, dit-il, 'ses goûts et son repos, En quittant ses coteaux , ses oiseaux , ses troupeaux -, Il ne se plaît qu'aux champs ; mais une voix lui crie : Un grand homme se doit d'abord à sa patrie , Et pour vingt mille écus, sans trop se déranger^ iy'l Un grand homme à ses goûts parfois peut dérogei*«)<i Les premiers feuilleton^, saupoudrés de morale, ' Pleins d'un savoir commun , d'emphase doctorale , Trompèrent la vertu des lecteurs indulgens : Ce peuple de niais qu'on nomme honnêtes gçftS,, . . Pour la première fois s'imaginaient entendre f< ' ^ Ce qu'ils avaient appris dès l'âge le plus tendre ;

CHANT III. a3

Sevrés de tout principe en nos jours malheureux ,

L'alphabet en tout genre était nouveau pour eux -,

Pour eux Folliculus tut un homme sublime :

L'amour-propre ajoutait encore à cette estime :

Comme ils avaient pensé ce qu'il avait écrit,

Tout ce qu'il écrivait leur parut de l'esprit :

Pour ses propres foyers chacun croyait combattre.

K Qu'a dit Folliculus? — Que deux et deux l'ont quatre.

« — C'est juste : oh! le grand homme ! il pense comme moi. »

Chaque article passait pour article de foi 5

Je dis passait-, depuis, l'homme s'est fait connaître,

Et ses admirateurs ont tous cessé de l'être.

Il a la vogue encor, mais n'a plus le crédit 5

On voit trop ce qu'il fait pour croire ce qu'il dit ;

Mais d'un peuple abattu par dix ans de souffrance

11 abusa d'abord la docile ignorance.

Pour dévoiler sa ruse et son art infernal ,

Muse , monte ma lyre au ton de Juvénal !

De tous ses abonnés voulant grossir la liste ,

Il accuse son siècle ^ il se met à la piste

Des talens échappés au fer des niveleurs ,

Et contre leurs écrits s'arme de leurs malheurs.

Son valet, qui , jadis applaudissant au crime ,

Dans le sang tiède encor de quarante victimes

a4 FOLLICULUS,

Trempait en se jouant ses pinceaux délateurs , Et d'un sarcasme impie égayait les lecteurs , Dénonce les beaux-arts , leur impute , le traître ! Les maux qu'on leur a faits, qu'il conseilla peut-être. En d'autres temps ainsi l'on fit croire aux badauds Que les nobles brûlaient eux-mêmes leurs châteaux i Sans doute il fut, il est encore de faux sages-, Il en est d'imprudens , qui , devançant les âges , Ouvrent aux vérités une indiscrète main , Qui peut-être auraient mieux servi le genre humain S'ils avaient su choisir l'instant de les répandre ; Mais c'est Folliculus qui devait nous apprendre Que la Philosophie, ardente à conspirer, Contre les nation^ qu'elle doit éclairer, Leur porte l'incendie et non pas la lumière. « Les rêves de Rousseau, les bons mots de Voltaire « Ont , dit-il , enfanté la révolution.

« Respect aux moeurs î honneur à la religion ! » Mais pourquoi, les vengeant par une calomnie. Des torts de la'^Sottise accuser le Génie? Faut-il ,' pour expliquer la chute des états , Charger les plus beaux noms des plus vils attentats ? Non -, les rois font eux seuls le destin des couronnes j La faiblesse toujours laissa tomber les trônes.

CHANT lil. a5

FoUiculus lui-mêrae avoûra qu'aujourd'hui On n'est pas plus dévot , j'en juge d'après lui -, Nous préchant l'Évangile aussi bien qu'un apôtre , S'il agit comme il parle , il l'est plus qu'aucun autre. On n'est pas plus dévot , on n'a pas plus de mœurs Qu'on n'en eut à l'époque où ses saintes clameurs Reportent de nos maux l'origine funeste. Cependant tout est calme, et je vous en atteste, Hypocrites censeurs ! jamais l'autorité Eut-elle plus de force et de sécurité?

Déposez donc le masque , et , par vos apostrophes Cessant d'injurier les pauvres philosophes. Dites ce que l'histoire a tant de fois prouvé : Un homme a perdu tout , un homme a tout sauvé I FoUiculus le sait j mais à la Barbarie Il a voué sa plume et vendu sa patrie. Vainement la Raison , aux lecteurs qu'il séduit, Montre de loin l'abîme où sa voix les conduit : « Eh ! ne voyez-vous pas comme vers Flgnorance , « Leur dit-elle , à grands pas il ramène la France ? « Ne pouvant étouffer l'immortel souvenir « D'auteurs pour qui déjà commence l'avenir. « De traits empoisonnés il poursuit leur mémoire , « Et flétrit leur vertu au défaut de leur gloire :

« Il ne peut de leur style effacer les couleurs,

« Mais il crie : Un serpent est cache sous ces fleurs.

« Son art est plus cruel , est plus perfide encore :

« Lorsqu'un jeune talent le menace d'éclore ,

« Il se confie au jour sans prôneur, sans appui :

« Son ouvrage tout seul aurait parlé pour lui 5

« Mais il faut qu'il soit lu du moins. Que fait Zoïle?

« D'un facile métier l'œuvre la plus facile :

« 11 cite les défauts et pas une beauté.

a Le lecteur, dupe , hélas ! d'une feinte équité ,

« Aux défauts qu'on lui montre, exagérés encore,

a Immole innocemment les beautés qu'il ignore.

« Sur la foi d'un silence injuste et détracteur,

« Complice du critique , il repousse l'auteur,

« Et le condamne enfin sans daigner le connaître.

« De l'écrivain fameux , de celui qui doit l'être ,

« FoUiculus ainsi se joue impunément :

« Il diffame s'il parle j et , s'il se tait , il ment.

« Et comment pourrait-il d'un encens légitime

« Honorer l'écrivain le plus digne d'estime ,

« Quand aux fils du génie, à ces arts immortels

« A qui la Grèce et Rome ont dressé des autels ,

« Le Visigoth prodigue un mépris sacrilège,

« Et voudrait leur ravir l'éternel privilège

« D'étonner, d'agrandir, de polir les humains ,

« Et de semer des fleurs sur les divers chemins

« Par où l'homme se traîne au terme de la vie?

« Pour flatter l'ignorance et consoler l'envie,

« Au poëte divin par les rois honoré

« Il ose préférer le manœuvre ignoré

« Qui façonne le bois ou qui creuse la pierre;

« Et, lâche imitateur du lâche Robespierre,

« Cherchant dans les faubourgs ses dignes partisans,

« Met Voltaire au-dessous des derniers artisans.

« Mais Voltaire eut des torts que sa mémoire expie.

« Quel tort eut Malesherbe? Eh bien î sa plume impie

« A sur ce nom sacré distillé son poison.

« Sur Malesherbe ! Ainsi l'ami de la raison

'( Fut immolé deux fois par la main la plus vile 5

« FoUiculus évoque , émule de Tinville ,

« Son ombre ensanglantée à son noir tribunal ,

« Et veut l'assassiner eucor dans son journal !

« Et le fourbe prétend que c'est moi qui l'inspire !

« Ah ! plutôt contre moi sa bassesse conspire.

« Lecteur, crois la Raison î » Le lecteur égaré

Croit son FoUiculus : ce docteur révéré

Seul règne -, le talent à son aspect recule ,

Le mensonge s'accroît, et l'outrage circule.

a8 FOLLICULUS,

On a dit qu'en versant sur les plus beaux écrits

Tantôt le ridicule et tantôt le mëpris ,

En décriant les arts , les lettres , la science ,

Il croyait affaiblir l'auguste bienveillance

Que leur doit , dont s'honore un prince généreux

Qui pour eux semble vivre , et qui vivra par eux :

Ame étroite et jalouse, abjure ta chimère !

Ne fût-il qu'un Achille , il voudrait un Homère.

Mais , pour sa propre gloire et pour notre bonheur,

Napoléon connaît le véritable honneur.

Il sait bien qu'un héros ne vaut pas un grand homme ;

Qu'entre les souverains les premiers que l'on nomme,

C'est Périclès , Auguste , et Louis , et Léon ;

Que rien aux conquérans ne survit que leur nom ,

Et que le seul génie au temple de Mémoire

Classe les immortels avoués par la gloire.

A la postérité quelle voix redira

Et tout ce qu'il a fait et tout ce quïl fera ?

Est-ce ton feuilleton , mémorial infâme ,

Où la censure honore , où l'éloge diffame ?

Est-ce ton feuilleton , où , flatteur déhonté ,

Exaltant les combats qu'on livre à la cité ,

Tu vois Napoléon , sa tactique sublime ,

Dans les guerriers assauts d'un ballet- pantomime,

CHANT III. a§

Où l'erreur de tes sens , stupidement émus , Nous transforme en héros les soldats de Momus? Est-ce ton feuilleton , où ta plume vénale Sur la même colonne , et d'une emphase égale , Vante Napoléon (qui sans doute en a ri) •Un peu plus que Duport, un peu moins que Henri ? Crois-moi , pour bien louer , il faut une âme pure , Un esprit délicat : reviens à ta nature ; Mords , et ne flatte point. Quand de ton encensoir Tu poursuis un héros , je ris , et je crois voir Cet âne qui , plus franc , et moins lourdaud peut-être, Porte sa corne usée au menton de son maître. Mais ma muse s'emporte , il faut baisser le ton , Et fouetter en riant le héros feuilleton. Follicula n'a point encore de dentelle -, Non qu'à la Barbarie il devienne infidèle : Jamais -, il fut, il est , il sera son appui : Mais, en semant pour elle, il moissonne pour lui. Confiant à /***** l'honneur assez aride De juger ce qu'on dit sur la zone torride , Au brave V celui de répondre aux cartels , Laissant iV le docteur juger de messieurs tels , Le sublime niais , les profonds logogriphes , j4 nous prouver son goût en appliquant ses gritfes

3o FOLLICULUS,

Sur les vers iiinocens des poètes gascons ,

Il réserve à lui seul les terrains plus féconds

Où Thalîe éleva son magique domaine ,

Où règne Terpsichore , Euterpe , Melpomène :

Ses tributaires sont les acteurs , les auteurs ,

Les chanteurs , les sauteurs , surtout les directeurs.

Tout tombe à ses genoux , le talent , la sottise ,

Muses , Grâces , la brune , et la blonde et la grise :

L'émule de Brunet, le rival de Talma,

Échangent pour de l'or l'ordure de Lama.

Ses deux mains ne pouvaient suflire aux sacrifices :

FoUicula bientôt eut part aux bénéfices.

Elle n'était point fière : une robe , un chapeau ,

Un schall porté trois fois lui paraissait trop beau.

Pour le dieu dont on vient acheter la fumée

Les dons sont plus brillans 5 c'est un riche camée ,

Un vase de vermeil , une bague de prix ,

Du vin surtout; voilà ses cadeaux favoris.

On a dit (et je crois que sur ce fait probable, u^^^^

Pour le vrai la chronique a pris le vraisemblable) ,

Qu'au jour où nos amis viennent du vieux Nestor

IN^ous souhaiter les ans et mille autres encor,

Au jour où les filleuls aiment tant leurs marraines,

Jour de munificence , où , sous le nom d'étrennes ,

CHANT III. 3v

Le zèle intéressé réclame ses tributs ,

Et d'une honnête aumône accroît ses revenus,

Il revend au rabais, ou plutôt à l'enchère.

Le superflu des vins ou de la bonne chère

Dont l'accable le zèle ou l'effroi des acteurs ,

Et que Follicula, pour qui les directeurs,

De schalls et de chapeaux renouvellent l'emplette ,

Se fait pendant deux mois marchande à la toilette,/

Tant pour elle et pour lui les présens sont nombreux !

Envers ceux que l'on craint tant l'on est généreux !

C'est peu : plus d'un théâtre , affermant ses éloges ,

Ajoute au prix fixé la plus belle des loges ^

Et du spectacle encor pour lui sauver l'ennui ,

Une jeune beauté , s'ennuyant avec lui ,

Par trimestre s'immole à son tendre caprice ,

Et pour lui c'est toujours une excellente actrice.

Je pardonne aux acteurs dont l'art imitatif ,

Éblouissant les yeux d'un éclat fugitif,

N'a , pour alimenter sa gloire viagère ,

Que d'un stérile encens la vapeur passagère 5

Pour eux le plus beau jour n'a point de lendemain-,

Et, si de leurs succès un critique inhumain

Ne parle point ou fait un récit infidèle ,

Son silence est un vol, son injure est mortelle.

5a FOLLICULUS,

En lui voyant un juge et craignant un bourreau , Je conçois qu'à Cerbère ils jettent le gâteau-, Mais comment excuser cette troupe servile D'auteurs rampans aux pieds d'une idole aussi vile ? Ceux surtout qui , déjà protégés par leur nom , N'ont point , pour être lus , besoin d'un tel patron , Qui peuvent pour défense opposer leur ouvrage Aux traits injurieux d'un satirique outrage , Sûrs au moins que des traits décochés d'aussi bas Dans la postérité ne les atteindront pas ! Ils le méprisent tous , disent-ils , et sans cesse Ils vont, bas courtisans, saluer sa bassesse ^ Pour obtenir de lui le brevet d'immortel , De leurs dons clandestins ils chargent son autel 5 Tremblant d'être honorés (admirez leur bêtise!) Des mépris d'un pédant qui vante la sottise , Jaloux d'être noircis de l'encens d'un pasquin Qui dit Fréron un aigle , et Voltaire un faquin. Lui , sur leur vanité , sur leur effroi spécule , Et , pour assurer mieux son honnête pécule , Il compose un tarif : tant pour dire du bien , Tant pour dire du mal , tant pour ne dire rien j Le feuilleton entier, la colonne , la page , Le degré de l'éloge et celui de l'outrage,

Tout est pesé , taxé religieusement;

Aucune exception , et je dois franchement

De ses lecteurs ici relever l'injustice :

Il est inconséquent , disent-ils ; son caprice

Loue un tel qui par lui vingt fois fut bafoué ,

Bafoue un tel qui fut par lui vingt fois loué.

Mais l'un ne payait pas -, il le paie : au contraire ,

L'autre qui payait bien supprime l'honoraire.

Son jugement inverse est -il donc si choquant!

Il est contradictoire, et non inconséquent.

Le seul principe auquel jamais il ne déroge ,

C'estquel'argent est tout-, pointd'argent,pointd'éloge.

Mais sans quelque nuage il n'est point de beaux jours 5

En si douce monnaie il ne vit pas toujours

De ses nobles travaux acquitter le salaire :

On a peu respecté son dos sexagénaire.

Un jeune auteur, très-bon et très-intolérant,

Ce qui s'accorde bien (S.-B. nous l'apprend),

Un soir fort plaisamment se vengea d'un outrage

Fait plus à sa personne encor qu'à son ouvrage.

Devant plusieurs témoins il l'aborde, et d'un ton

Qui dut épouvanter l'héritier de Fréron :

« Voilà Folliculus ! — Qui ? moi , monsieur ! — Vous-même.

« — ^Vous vous trompez. — Pour vous ma joie en est extrême ; ♦

« J'allais;, dans mon erreur... Avouez-le, au surplus, « C'est un vilain monsieur que ce Folliculus ! J

<( Oui, monsieur. -Un tartufe ! -Oh! oui,monsieur.— Un dn « Qu'on fait pour dix écus dix fois changer de rôle -, « Un vrai polichinelle !— Oui, monsieur.— Un pédant, « Qui sur les sots a pris un immense ascendant. «—Oui,monsieur.— Avouez qu'à bondroitsursajoue

« J'appliquerais ici vingt souffiets.— Je l'avoue.

« —Vous croyez?— Oui, monsieur.— En ce cas, de ma pî

« Portez-lui cet à-compte. » Il dit, et le coup part.

Hormis Folliculus , tous éclatent de rire.

Il voit que tout n'est pas profit dans l'art d'écrire ,

Et pour s'en consoler il va compter son or.

Une autre fois il fut plus malheureux encor. ,

Un auteur limousin , Brive l'avait vu naître ,

Ami du vrai mérite et jaloux de connaître

Un homme qui passait à Brive pour un dieu ,

Depuis un mois entier le cherchait en tout lieu :

Le grand homme se cache , il a la conscience

Du prix que l'on peut mettre à sa rare science :

Notre auteur l'aperçoit dans un de ces salons

Ouverts aux désœuvrés , plus souvent aux fripons ,

Où du fameux Métra les sectateurs fidèles

Viennent digérer, lire, et faire des nouvelles.

Bien sûr que c'est son homme , il feint de Tignorer } Il prend le feuilleton , et , prompt à l'admirer, S'extasie en lisant, commente chaque phrase, Pèse sur chaque mot , s'ëcrie avec emphase : « Beau ! superbe ! divin ! oh ! que c'est bien pensé ! « Quel homme ! Peut-il être assez récompensé ? « On sait l'apprécier au moins dans ma patrie ! « De tous les Limousins c'est l'idole chérie ; « Le plus stupide éprouve un charme en le lisant. « J'arrive ici , chargé de lui faire un présent « Au nom de ses lecteurs de Brive-la-Gaillarde. » A ce mot , qui rimait si bien avec poularde , FoUiculus se lève , et, d'un air patelin, S'approche doucement de l'auteur limousin : Il sortait 5 il le suit, et, se faisant connaître : « Je suis FoUiculus , et je suis fier de l'être « Puisque des Limousins mes feuilletons sont lus. ^ « ~Qu'enteuds-je! vous seriez monsieur. .—FoUiculus. « — En ce cas recevez le présent que vous garde « Un de vos abonnés de Brive-la-Gaillarde. » On devine son geste : il n'est pas du bon ton : Surtout en vers, je crois, de nommer le bâton. De sa Follicula le zèle alors éclate : Tandis que, caressant sa dolente omoplate,

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