‹ Œuvres, précédées d'une noticeChapitre 70 sur 114 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

DIOCHARIS, AGATHÔPHILË. j

'-f:y,!J^fhjiJl AGATROPHILE.

Vos ordres près de vous me ramènent , madame 5 Agathophile a craint d'avoir blessé votre âme^ 13 11 ne s'attendait plus à des ordres si doux , Et ce n'est qu'en tremblant qu'il paraît devant vous.

DIOCHARIS.

Hélas ! je vous rappelle encore en ma présence , Pour recevoir peut-être une nouvelle offense ; Cent fois vous m'avez dit , plein d'une tendre ardeur. Que vous m'immoleriez....

AGATHOPHILE.

Tout , excepté l'honneur.

DIOCHARIS.

Mais l'honneur soumet tout au vœu de ce qu'on aime.

AGATHOPHILE.

Ah ! croyez que ce vœu sera ma loi suprême ,

Si , fidèle aux sermens dont mon cœur est lié , Je puis servir l'amour sans trahir l'amitié.

DIOCHARIS.

Ainsi donc , s'il fallait qu'un amant aussi tendre Perdît Diocharis ou quittât Périandre....

AGATHOPHILE.

Me préserve le ciel d'un sort si rigoureux !

, DIOCHARIS.

Mais enfin s'il fallait choisir entre nous deux.?

AGATHOPHILE.

Eh bien ! . . . . Mais à ce choix qui pourrait me contraindre ?

DIOCHARIS.

Parlez.

Des deux côtés que je serais à plaindre l Mais si vous exigez que ce cœur déchiré '

Perde un espoir bien doux , ou rompe un nœud sacré, L'un étant un malheur, et l'autre étant un crime , L'un m'ôtant votre amour, et l'autre votre estime , S'il fallait être ingrat ou n'être point heureux....

DIOCHARIS.

Arrête ! épargne-moi le déplaisir affreux D'entendre prononcer l'arrêt qui nous sépare : N'outrage point l'amour par un aveu barbare !

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