ACTE IT, SCÈNE V
Vous vous flattez qu'au sein d'une servile paix Le peuple, esclave heureux, soit calme désormais 5 Uu souvenir sacré l'importune , et lui crie : '' « Nés libres , vos aïeux avaient une patrie -, « Le suffrage public aux plus sages d'entre eux « Confiait un pouvoir borné , mais glorieux : a Rougissez de servir où régnaient vos ancêtres : I « Etes-vous leursenfans, si vous souffrez des maîtres ?» N'en doutez pas , ce cri , plus fort que vos bienfaits , Tonne dans un cœur libre et ne s'endort jamais : Jugez-en par le ton dont mon zèle s'explique ^ Corinthe hait le trône , et veut la république.
Corinthe veut la paix.
PHILOGLÈS.
Remplissez donc ses vœux 5 La paix dépend de vous.
Ah ! dites de nous deux 5 Votre fille, mon fils pourront....
PHILOCLÈS
Moins que vous-même :
Point de paix sans nos lois.
590 PÉUIANDRE,
Mais une loi suprême , Loi sainte , indépendante et des temps et des lieux y C'est l'amour paternel , instinct délicieux , Céleste sentiment, dont la volupté pure Est le plus doux présent que nous l'ait la nature. Vous êtes père aussi , Philoclès -, croyez-moi , Rendre heureux nos enfans est la première loi. Je cède à Lycophron tout l'éclat dont je brille, Et lorsqu'elle y consent, souffrez que votre fille. Pour l'augmenter encor , vienne le partager.
PHILOCLÈS
Elle y consent !
DIOCHARIS.
Mon père....
PHILOCLÈS
Est-ce assez m'outrager i*
A mes vœux, comme vous, elle n'est point rebelle : Elle est prête à monter au trône où je l'appelle , Si vous daignez souscrire à son sort glorieux. Je lui laisse le soin de vous conseiller mieux.