SCÈNE VI
PHILOCLÈS, DIOCHARIS.
PHILOCLÈS
Ma fille , tu l'entends.
DIOCHARIS.
Ah ! le ciel m'est témoin. . . .
PHILOCLÈS
De te justifier épargne-toi le soin :
Tu voulais éprouver sans doute Agathophile ?
DIOCHARIS.
Hélas ! sans le changer , cette feinte inutile
A déchiré son cœur.... mais vous avez promis....
Si le roi renonçait à couronner son fils....
PHILOCLÈS
Eh bien ! ma fille , alors je tiendrais ma promesse.
DIOCHARIS.
Quoi ! lorsque vous savez qu'un autre a ma tendresse.?
PHILOCLÈS
Craindrais-tu d'immoler ta tendresse à l'honneur ?
Près du bonheur public qu'est-ce que ton bonheur?
N'es-tu donc plus ma fille ? Ah ! j'ai la confiance
Que si l'on met ce prix à notre indépendance,
Sur ton cœur, un instant contre moi révolté,
Je n'aurai pas besoin de mon autorité
Pour te faire accepter le fils de Périandre.
DIOCHARIS, à part.
C'en est fait , au bonheur je ne dois plus prétendre.
PHILOCLÈS
Quel triomphe pour toi , si d'un pareil lien Dépendait le bonheur du peuple corinthien ! Et que la liberté pour nous aurait de charmes , Si , sans qu'il en coûtât et du sang et des larmes , D'un aussi grand bienfait nous avions tout l'honneur ! . » Retournons vers le roi ^ pour ébranler sou cœur, Peut-être il ne faut plus qu'une dernière instance : 0 dieux ! de mes efforts couronnez la constance î