‹ Œuvres, précédées d'une noticeChapitre 82 sur 114 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

AGÂ.ÏHOPHILE, PHILOTAS.

AGATHOPHILE.

De quel nouveau malheur m'ofTres-tu le prdsage ?

PHILOTAS.

De Périandre , ô vous , tendre et fidèle ami , Plaignez-le.

AGATHOPHILE.

Que dis-tu ?

PHILOTAS.

Le destin ennemi Vient d'accabler ce prince, hélas î si misérable. Du coup le plus affreux, le plus irréparal)le.

Ciel ! il est malheureux ! et j'allais le trahir!

PHILOTAS.

Son fils....

AGATHOPHILE.

Son fils ! eh bien?.... ce nom me fait frémir ;

PHILOTAS.

11 n'est plus.

AGATHOPHILE.

Il n'est plus ! — trop fatale nouvelle !

Épargnons à son cœur cette atteinte cruelle. Évite ses regards , et laisse , par pitié , Laisse , cher Philotas , à la tendre amitié Le soin si douloureux de préparer un père Au coup désespérant qui comble sa misère.

PHILOTAS. ,

Eh! comment pourrez -vous lui cacher un malheur Qui d'un malheur plus grand n'est que l'avant-coureur , Quand des Corcyréens la flotte conjurée Peut-être déjà touche aux rives de Cenchrée ?

AGATHOPHILE.

Quoi ! les Corcyréens ?. . . .

PHILOTAS.

Leur sanglant pavillon Porte le signe affreux de la rébellion. Au nom de Périandre , hélas! en ce jour même , J'allais à Lycophron offrir le diadème 5 Sans crainte , sans soupçon , je m'embarque, je pars : Mais de Corinthe encor je voyais les remparts , Quand vingt vaisseaux , partis des rives de Corcyre , A sillons redoublés fendant l'humide empire , Parurent , et le mien , par leurs signaux trompé , Fut d'ennemis nombreux bientôt enveloppé. A peine ai-je exposé l'objet de mon voyage :

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