‹ Œuvres, précédées d'une notice sur sa vieChapitre 18 sur 34 · LETTRE V · texte numérisé non relu

LETTRE V

Notre écriture astronomique est différente de celle des anciens , qui était figurée. L'iiistoire d'une constellation était une biographie. Exemple tiré de l'histoire d'Orion. Les Hyades et les Pléiades. Histoire de Phaéton. Comment les annales grecques ont été composées. Fausseté du système des synchronismes.

Monsieur, la lettre précédente a été consacrée à exposer les principes d'après lesquels doit être interprétée la portion astronomique de la mythologie. Je me suis borné aux plus essentiels : j'ai écarté avec soin plusieurs principes secondaires, dont le développement aui-ait embarrassé ma marche et refroidi l'attention. Toutes les épines de cette route sont pour moi; je dois les épargner à ceux qui ont la complaisance de me lire.

Comme l'on ne peut parler que le langage qu'on a , et qu'on ne peut écrire qu'avec son écriture , le peuple antérieur écrivit ses observations astronomiques avec des caractères figurés ; il parla du lever et du coucher des astres d'une manière figurée. Nous disons bien encore que le Soleil se lève, mais ce n'est plus que pour les nourrissons des Muses qu'il sort du sein de Téthys. David le représente , avec la pompe du style oriental , comme un époux qui sort de sa couche nuptiale, et qui s'avance comme un géant dans sa carrière lumineuse. Les astres que vous observez, monsieur, avec tant de sagacité, ont aussi pour vous leur lever et leur coucherj vous annoncez leur marche; vous observez leur passage, et rien ne vous échappe de ce qui arrive dans le firmament. Les tables exactes et savantes de nos astronomes indiquent avec précision la position des étoiles et leur lati-

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tucle,leur aberration, leur nutation, leur accélération; elles écartent les illusions que font à nos yeux leur balancement calculé, et la lumière que nous lancent ces êtres brillants, et les jeux trompeurs qu'occasione sa réfraction dans l'atmosphère. Des instruments ingénieux redressent ces erreurs apparentes et les corrigent : la géométrie de l'homme appliquée à la géométrie éternelle en devine les règles , et fixe leurs effets et leurs calculs : si par-delà les mondes il est encore des mondes éloignés, Herschel les découvre et les annonce, et vingt savants en étudient les lois. Si quelque chose me prouve que l'ame de l'homme est d'origine céleste, c'est lorsque je la vois s'élever ainsi jusqu'aux lois de l'univers , et entrer en société de lu- ^mières avec l'éternel Géomètre.

Mais ce n'est plus avec les charmantes peintures de l'imagination que ces lois sublimes sont aujourd'hui décrites. Depuis qu'une écriture plus exacte a succédé à l'écriture figurée, depuis qu'elle ne peint plus les images , mais qu'elle lixe le ressouvenir des sons , l'astronomie n'est plus en tableaux. Philosophique dans son langage, et même dans son écriture , elle écarte les images et ne présente que des résultats. Des signes conventionnels , plus abstraits en ce qu'ils ne peignent ni l'objet, ni les sons du mot qui servent à le rappeler au vulgaire, mais la pensée éternelle d'après laquelle l'objet a existé , ces signes sont une écriture à part , et connue d'un petit nombre d initiés.

Il ne pouvait pas en être ainsi dans les premiers temps. Dans la jeunesse do la nature, l'homme encore neuf embellissait par l'imagination tous les objets de son étude; et comme ses sens étaient ses premiers précepteurs , il exprimait leurs leçons par des images sensibles. L'astronomie était la science commune ; on savait par cœur l'histoire immense et variée du calendrier; on chantait

l38 LETTRES SUR LHISTOIRE PRIMITIVE ' les vers où elle était consacrée. La raison peut ne pas regretter cet âge ; elle doit se plaire à l'observer.

La naissance , la marche et la mort d'une certaine constellation , formaient , dans le style ancien-, une histoire complète : rien n'y manquait de ce qui fait une biographie. Le père de cette constellation était ou un dieu, ou une des constellations qui étaient nées avant lui , ou quelque autre être allégorique. Presque toutes les constellations du pôle ont pour père Jupiter, qui tonne vers le pôle : le plus grand nombre ont plusieurs pères , parce que , considérées comme effets , c'était de leurs diverses causes qu'elles avaient été engendrées. La vie de chacune d'elles était composée de l'histoire allégorique de leurs relations avec celles qui les accompagnaient ou les suivaient. Leur fin était toujours funeste ; elles périssaient dans les eaux , ou immolées par celles qui les poursuivaient; quelquefois les dieux eux-mêmes les précipitaient dans le noir Tartare, dans le sombre empire de Pluton , où elles allaient expier leurs fautes. Il est remarquable , en effet , que, comme leurs aventures sont toujours ou héroïques ou violentes, leurs actions sont quelquefois glorieuses et très-souvent injustes. Il y a des femmes aussi dans le planisphère ; elles sont même dans une attitude gênée , qui est ou la preuve ou l'annonce de beaucoup de calamités. Andromède est attachée à des rochers , près d'être dévorée par une baleine. Cassiopée^ assise sur son trône doré , emprisonnée dans sa tour d'airain , tourne à la renverse et plonge la tête dans la mer, tandis que son corps reste dans le ciel. Une vierge pure et chaste, celle qui jadis , sous le nom d'Astréâ , divisait avec équité la course de l'année , et qui tenait à la main la balance qu'on a mise depuis à ses pieds ; cette vierge est exposée à passer les ondes. Que deviendrait-elle si le bélier et le taureau qui la précèdent

ne se chargeaient de la porter sur leur dos ? Il était difficile que , les femmes entrant dans des aventures avec des héros ou féroces ou vaillants , on ne présentât pas ces aventures comme des amours , des mariages , des adultères et des incestes. Toute la mythologie, et ce qu'on appelle l'Histoire grecque , est remplie de ces événements tragiques , au point qu'ils en sont devenus incroyables , et qu'en s' obstinant à croire aux héros , l'on n'a pas la force d'ajouter foi à leur histoire.

Je vais citer un exemple , monsieur , d'une de ces lûstoires mythologiques , de laquelle il est impossible de dire que les faits ni le héros aient existé , et qui sera la preuve de ce que je viens d'avancer.

Lorsque le soleil passe du signe du Verseau dans celui des poissons , il sort des ondes une constellation gigantesque , que les anciens redoutaient infiniment , à cause des funestes influences qu'ils lui attribuaient : on l'appelait Nimbosus Orion, et son lever annonçait des tempêtes. Cette •bonstellation occupait beaucoup de place dans le ciel * aussi l'appelait-on le géant ; et , dans les grandes sphères dont j'ai parlé , il devait avoir près de quarante pieds de hauteur.

Selon ce que j'ai dit , que les relations des constellations étaient racontées comme des aventures , il doit entrer dans l'histoire A' Orion toutes les constellations avec lesquelles il a des rapports. Je dois donc commencer par dépeindre mon héros et les peisonnages célestes avec lesquels il a affaire. Le cercle équinoxial , dit Hygin , coupe Orion à la ceinture : il est placé de manière qu'il combat avec le taureau; sa main droite est armée d'une massue , il est ceint d'une épée , et son visage est tourné vers l'Occident. Quand il se couche , lu queue du scorpion , et ensuite le sagittaire , se lèvent.

Ajoutons d'autres traits , d'après les autres mytho-

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logues. Ce que tient Orion dans la main gauche est un voile ; il tient un glaive de la droite ; à ses pieds est un lièvre • derrière lui sont les deux chiens, qui le suivent; son pied gauche nu plonge dans le fleuve céleste ; son pied droit repose auprès du lièvre.

Vis-à-vis de lui, et dans le front du taureau, sont les hyades. Ces cinq étoiles étaient sœurs ; elles étaient représentées sous la figure de jeunes filles , et disposées de cette manière : il y en avait une sur chaque corne du taureau , une à son front , et une cinquième sur ses naseaux i. Ces filles devaient être d'une petite taille en comparaison du géant Orion. Tel est le héros dont on nous a transmis l'histoire ; voilà sa position physique dans le ciel ; voici le détail de ses aventures.

Ce géant énorme, disent-ils, est un chasseur terrible qui poursuit les animaux ; il nourrit des chiens pour l'accompagner. Il a le pouvoir de marcher sur la terre et sur Veau. Quand il traverse le sein de Nérée, ses ondes ne lui vont pas à la ceinture. Le voilà qui o'?e poursuivre les hjades pour leur faire violence; elles ne peuvent lui échapper qu'en se précipitant dans les ondes. Il attaque le taureau lui-même, qui le frappe de ses cornes. Le voile qu'il tient dans la main est celui de Diane : cet audacieux

' Germ. Cœsar. in Arati Phœn. La grandeur de la sphère primitive permettait d'y mettre un grand nombre de signes , que les modernes ont retranchés. Il y a lieu de croire que toutes les étoiles importantes étaient peintes sous des figures , et qu'un astérisme était chargé d'autres astérismes, une figure d'autres figures. Le taureau seul en portait douze ; cinq sur la tête , et sept sur le dos , les sept pléiades. Le charretier était chargé d'une chèvre et de deux chevreaux; ce sont trois étoiles. Le scorpion portait la crèche et les deux âjjous ; son cœur était une chauve-souris ; il y avait deux néphélés ou nuées , l'une sur la tête du bélier, l'autre sur l'épaule du centaure; au pied du centaure une flèche; sur l'aile droite de la vierge un vendangeur nommé Protrygeter, etc. Ces figures sont entrées dans plusieurs his. toires qu'on ne peut expliquer qu'en taisant revivre les figures et les personnages.

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mortel a osé le lui enlever en chassant avec elle, et la menacer de ses attentats ; mais la déesse indignée a fait sortir de dessous terre un scorpion qui l'a tué ; juste punition de ses crimes.

Voilà, monsieur, une histoire qui est naturelle dans la poésie du firmament 5 elle serait extravagante sur la terre ; et s'il était possible qu'il y eiit jamais eu en Béotie un géant de cette taille auquel il fût arrivé de pareilles aventures , j'avoue qu'il me paraît impossible d'imaginer une raison plausible pour qu'on ait songé à mettre sa figure dans le ciel , avec tous les animaux qui servent à composer son histoire.

Il est donc évident, monsieur, que c'est ici une histoire astronomique, et les rapports sont trop frappants pour qu'il soit possible de le nier.

Les animaux dont Oriori est suivi lui ont fait donner le nom de chasseur ; sa taille énorme l'a fait appeler le f^éant; il n'a jamais combattu d'autre taureau que le taureau céleste ; et les hyades^ qui se jettent dans l'eau pour échapper à ses poursiiites, n'ont jamais vécu sur la terre. Ueau qu'il passe, et au-dessus de laquelle il s'élève, c'est YEridan , le fleuve céleste , fils de Nérée selon Hésiode. S'il a enlevé le voile de Diane, c'est que la lune était peinte dans le signe du taureau , et que ce signe était son domaine. S'il meurt de la piqûre d'un scorpion qui sort de dessous terre , c'est que la queue du scorpion se lève quand Orion se couche. Voilà la vie de cet homme extraordinaire ; et si quelqu'un persistait à croire qvx Orion a réellement existé , j'avoue , monsieur , que je n'aurais rien à lui dire.

IjCS variantes de cette histoire , et les circonstances que j'ai écartées, viennent se réunir pour confirmer une vérité qui n'a pas besoin d'être confirmée.

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Orion fut doué du don de courir sur les eaux , selon Hygin ; c'est qu'il court sur l'Eridan.

Il voulut faire violence à Minerve, et lui enleva son voile; mais Minerve n'est autre chose que la lune.

Il fut nommé Urion , et ensuite , dit Ovide , la première lettre fut changée par modestie , et on l'appela Orion. Urion signifie Minctor , quia mingit in cœlo ; mais cet emblème , sous lequel il fut dépeint , désignait les pluies que son lever occasionait; et le fleuve qui coule à ses pieds était l'effet de cette opération naturelle. C'est à cette peinture qu'il faut attribuer ce que l'on raconte des violences qu'il voulut faire à Diane , à Minerve et aux cinq filles qu'il poursuit.

C'est à ce titre à Urion ou Minctor (\n'A faut attribuer encore sa naissance bizarre. On disait que , Jupiter et Mercure étant venus chez un nommé Hj'rieus , celui-ci les traita fort bien; qu'ils lui demandèrent ce qu'ils pourraient faire pour l'obliger, et qu'Hyrieus, qui n'avait point d'enfants, leur demanda un fils. Alors Jupiter et Mercure prirent le cuir d'un taureau qu'Hercule avait immolé, et minxerunt super illud ; ils l'enterrèrent fort proprement , et au bout d'un certain temps Orion naquit. Tout cela signifie qu'Orion , qui se lève après le taureau, est engendré de lui; et ce taureau immolé par Hercule est en effet le taureau céleste.

Orion, étant devenu célèbre dans l'art de Vulcain , fit un palais souterrain pour Neptune son père ( car, comme il sort de la mer, il était fils de Neptune aussi); l'Aurore, amoureuse de lui, l'enleva et l'emporta dans l'île de Délos, ou de l'apparition. C'est l'histoire du coucher de cette constellation : elle se bâtit un palais souterrjyn dans l'empire de Neptune ; elle ressort cinq mois après vers l'Orient, enlevée par l'Aurore; elle se montre et fait

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son apparition \ Les fables sur l'île de Délos roulent, pour la plupart , sur ce jeu de mots ; et c'est un usage , dans toutes ces histoires , de mettre le lieu de la scène dans quelque pays dont le nom joue avec la chose. Ainsi Jupiter entant fut caché dans un lieu secret , dans la ville de Lyctus , qui signifie lieu secret. Et , pour citer un exemple tiré delà fable même que j'examine, Orion , qui fait ces exploits quand le soleil est dans le signe du taureau, Orion était né en Béotie, dans le pays du bœuf. \,e%hyades étaient du même pays, et les hyades sont sur le front du taureau. Europe, enlevée sur le dos d'un taureau^ était sœur de Cadmus; celui-ci, qui la cherchait partout, ne la retrouva qu'en Bcotie, car l'oracle lui avait ordonné de la chercher jusqu'à ce qu'il rencontrât un bœuf, ce qui arriva. Pour le dire en passant , cette géographie prétendue est la clef de beaucoup de fables.

On attribue toujours la mort à! Orion à Diane , mais d'une manière différente; elle le perça, dit-on, d'une flèche à cause de son insolence; mais, si l'on observe qu'ainsi que la queue du Scorpion, Xst. flèche du Sagittaire se lève quand Orion se couche, et que Diane présidait au Sagittaire , on verra que c'est ici une mort astronomique *.

11 me semble, monsieur, que c'en est assez pour prouver qix Orion n'a jamais existé sur la terre; que les faits

'Délos, pelle qui paraît, apparition. Voilà pourquoi l'on dit qu'elle avait paru tout-à-coup.

' Mànil., liv. 2.

Venantem Diana virum , sed partis equinae.

Le mois du sagittaire est l'époque la plus favorable pour la chasse. C'est ce que signifiaient la flèche que le sagittaire avait à ses pieds , celle qu'il lançait, et le gibier dont il était chargé. La b')te qu'il tient est le sanglier destructeur des vignes, et qu'il va immoler sur l'autel. La lune, qui présidait à ce mois, était Diane chasseresse.

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qu'on lui attribue sont ridicules selon le cours des affaires humaines , mais qu'ils sont tout-à-fait raisonnables dans le ciel , si l'on se prête à l'allégorie • et qu'on a eu tort de nous donner cela pour de l'histoire. Aussi je ne m'arrête pas à relever l'absurdité de la naissance d'Oriorij de ses voyages à Chio et à Délos , des aventures d'un homme avec la Lune, de son audace avec des étoiles; et je ne veux pas avilir la critique au point de prouver que ni les lieux, ni les temps, ni les faits, ne permettent de croire à l'existence de ce héros.

L'abbé Banier, qui croyait fermement que le fond de l'histoire grecque était vrai, adopta l'histoire à'Orion, selon la méthode reçue d'ôter les aventures et de garder l'aventurier. Celte histoire offre t-elle du ridicide; il le retranche tout simplement, et ne garde que ce qu'il lui plaît. On dit qaOrïon était un géant; il faut entendre qu'il était très-bel homme. Il élevait sa tête au-dessus des ondes ; cela veut dire qu'il était souvent sur la mer dans quelque vaisseau. Diane lui perça la tête d'un coup de flèclie ; c'est-à-dire qu il mourut dans un de ses voyages maritimes. L'histoire absurde du palais souterrain , des amours de l'Aurore et de l'enlèvement à Délos , signifie qu'// aimait passionnément la chasse, qiiil se levait de grand matin, et qu'il alla s'établir dans l'île de Délos. Il mourut de la piqûre d'un scorpion , c'est qu'il était mort quand le soleil était dans ce signe. Et pour l'histoire de sa naissance , il n'y a qu'à la retrancher , car c'est évidemment une fable. On voit là des explications arbitraires, et qui n'ont absolument aucune base, aucun rapport entre elles. Il n'y a point de raison pour préférer l'explication de l'abbé Banier à vingt autres que l'on pourrait imaginer. Quand on explique un monument , une histoire, on part défaits connus et de principes incontestables; mais d'où l'abbé Banier savait-il qxïOrion allait quelquefois se pro-

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mener sui" l'eau ? Et quel droit a-t-il à raccourcir la taille (VOrion , quand toute l'antiquité lui dit que c'était un géant énorme ? Avec cette manière facile d'interpréter les fables, on prouverait la vérité infaillible des histoires de Gargantua et de la Barbe-Bleue.

J'ai essayé, monsieur, de donner un exemple frappant de la manière dont les peuples antérieurs donnaient de la vie aux figures de la sphère, et l'on entrevoit déjà comment les peuples postérieurs prirent ces histoires feintes pour des histoires vraies. J'ai parlé d^Orion;]^ vais raconter l'histoire des hjades et àes pleïades.

On a déjà vu les violences ^Orion contre les kyades ses voisines, et j'ai observé comment elles étaient dépeintes et placées. Un passage de Manilius prouve que, dans ces peintures, on les parait, et qu'on leur peignait les joues en rouge ï. Les /i^«<5?e^ annonçaient et donnaient la pluie, on les appela \es pluvieuses , uades en grec; on les peignait versant des pleurs , allégorie très-naturelle , et qui fut employée également pour représenter l'Aurore. Elles étaient filles à^ Atlas, qui porte le Ciel, c'est-à-dire Àe la constellation du bouvier *. On dit qu'elles étaient

> Tertia Pléiades dotabit forma sorores

Fœmiueum rubro vultuin suffusa pyropo.

Manil., astron., liv. 5.

' Cet Atlas, fameux dans l'histoire ancienne, doit être considéré sous deux aspects, comme constellation et comme montagne: selon leur usage, les peuples postérieurs les confondirent. La clef que j'ai donnée doit servir à expliquer toutes ces histoires et à les débrouiller : rapportez-les chacune à sa physique, la montagne à la physique de la terre, la constellation à la physique du ciel.

Atlas montagne est cette chaîne de monts célèbres qui a donné son nom à la mer Atlantique. Si dans l'histoire d'Atlas il y a quelque chose qui tienne à la géographie de l'Afrique, c'est à la montagne qu'il faut le rapporter : c'est ainsi qu'il est le père de l'île Calypso.

Atlas constellation est celui qui a des rapports, c'est-à-dire des aventures avec les constellations, avec les hyades, avec les pléiades, avec Hercule agenouillé , avec le dragon des Hespérides , avec leur

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