‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 2)Chapitre 30 sur 62 · DES NOBLES H0M3IES DE FRANCE · texte numérisé non relu

DES NOBLES H0M3IES DE FRANCE

Planter jardins, terre fendre et arer'; Marchans, bourgeois, pour en sens procurer Durable estât et honneste police ; Prélats et clercs pour l'Église honnorer. Pour dévots estre et en foy aouvrer, Pour paix prescher et pour vray proférer : Chascun en charge et poix de son office. Mais vous, s'en vous est sain considérer, Vos faits, vos mœurs, il veut faire mirer. Et vos beaux corps des autres préférer, Par vertu sourdre et maintenir justice.

Du mois de may la garnison jolie.

Ce sont verdeurs et mainte fleur polie. Odeur, beauté campestre, aromatique, Vergers garnis de rose et d'ancolie, Là où les cœurs, wis ^ de mélancolie.

Cueillent la joye en larmes amollie, Soubs la douceur de ?amage musique ; Mais le trésor et richesse embellie De qui la terre a longuement faillie, Et dont à dur plus est morte et pâlie. Ce sont vertus et honneste publique.

Qui en vos cœurs, au bon fons multiplie. Doivent jeter mainte fleur accomplie Et, en monstrant leur nature anoblie, Parer le monde et la foy catholique.

Besoing m'astraint et charité conseille.

Qu'envers vous crie et que vous je resveille Vos cœurs, vos yeux, vos esperits nobilos . Et.qu'en faisant longue estudie et veille,

Arer (de arare], labourer, Wis, vides, libres.

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Par grand ardeur je m'essaye et traveille D'en vous mouvoir vostre ententive oreille, Vos clers et haulx entendemens habiles : Par quoy, s'en vous a veine qui sommeille, Je vous prie donc d'en susciter la treille, Et que le cœur s'expose et appareille A enfonser ses mémoires labiles, Et, qu'en notant mainte estrange merveille, Dont aujourd'huy le monde s'esmerveille, Et dont en moy hideur ne prend merveille, Veuilliez douLter conséquences mobiles.

Ouvrez vos yeux, espardez vos lumières,

Notez l'envoy des drues messagières,

En plusieurs lieux sur les terres transmises.

Et dont la bide et les menaces fières

Doivent donner horreurs très-encombrières

Parce que sont divines officières.

Et de sa main créées et commises.

Le roy Sathan, le prince des fumières ,

N'a-il essours ses tentes et bannières?

Ne sont à luy et à ses mains meurtrières

Grand part du monde et régions soubmises?

Certes sy sont, les preuves sont légières,

Et les raisons si clères et entières

Que je crains fort près estre de nos bières

Les fins longtemps escriptes et promises.

Voyez les cas qui en couvert se pondent, Qui, à tous lez, ensemble correspondent, Et tout à plours couteudent à ruyue ; Voyez les maux qui par le siècle habondent. Qui, tout à un, se addonnent et accordent, Tout sur un point leur concurrence fondent Et dont le cbief est des enfers royne.

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