‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 2)Chapitre 31 sur 62 · DES NOBLES HOMMES DE FRANCE · texte numérisé non relu

DES NOBLES HOMMES DE FRANCE

Voyez, notez les cités qui se fondent, Les régions que fortunes confondent, Les haulx divins manoirs qui se deffondent Et viennent tous de grand pluye à pluyne. Quant est à moy, je ne scay où redondent Les hideux cas qui en mes yeux s abscoijdent ; Mais si pour nous les yeux Dieu correspondent, Je n'y voy riens que douleur et bruyne.

Tournez vos yeux ou mettez vos candelles Vers Orient où sont les infidelles, Qui, de repos vos vies désasseurent, Vers Nort, vers West, où autres gens crudelles, Tendent aussy à vous les faire telles.

Et en la foy de leurs dieux sans tutelles, Promettent mort et douleur vous asseurent. Roys, princes, ducs, puissances temporelles, Tout partout sont remplis de querelles, D'orgueil, d'ayr, d'envies corporelles ; Tous en l'un l'autre h destruire labeurent. Tendent à fins, ne savent mesmes quelles. Fors à malheur et hontes éternelles, Quant n'ont les cœurs et vertus naturelles D'entendre au bien, quant les cas y occeurent.

Quel espoir ay-je au sainti royal thronne, France jadis la ferme championne De nostre foy, sainte et victorieuse.

Dont la très-haut resplendissant couronne, Donnoit au siècle en tant qu'il avironue, Soûlas, refuge, amour, justice bonne, Transquil régner et vie glorieuse ?

Or aujourd'huy malice y espcronne, Envie y cœurt, discordance y flouronne ; Et, n'y a pas tant de nourrins en Ronne

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Qu'il y a mains de vices curieuses.

Par quoy, quant voy le mal qui y foisonne,

Et que vertu se part et dessaisonne,

A peu conclus et h peu je raisonne

Qu'il ne s'en traye attente furieuse.

Tous pensemens ne sont pas bons h dire, Et n'est besoin de tout mettre et escripre, Et dont paour fait prendre conjectures; Mais quant mes yeux sur tout le monde tire Sur France, Espaingne, Italie, Empire, Sy n apperçoy-je où je me tourne et vire, Que verge preste ou réaies battures.

Tout et partout gouvernement s'empire ; Vertu languit, félicité souspire.

Honneur s'estraint, nature trait au pire. Noblesse enfouie et ternist ses natures, Foy affoiblit, justice se retire, Raison s'endort, pitié seuffre martire, Dont je voy riens, si tant vous peut suffire, Que paour grant de dures aventures.

Racine aucune ont tous avénemens.

Principes tous et tous commencemens Ont une fin certaine terminée, Jà soit ainsy que par vrais jugemens Les humains cœurs, ne les entendemens.

Ne peuvent prendre, en leur conçoivemens, Le temps précis sur quoy est ordonnée ; Mais, par plusieurs longs conjecturemens, Par baulx regards, par experts sentemens. Par maints divers subtils disposemens, Voit-on bien sourdre une dure estrivée, Dont par regard à aucuns fondemens.

L'œil juge bien tendre à déclinemens

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