CHAPITRE cm
ileucontre des dauphinois et des Bourjjongnons. Triso de Saint-Dizier.
Deux nobles et gentils chevaliers de grand nom, bourgongnons, messire Antboine de Vergy et messire Jehan, environ ce mesmes temps, firent entreprise sur la ville de Saint-Dizier en Pertois, que les gens du dauphin tenoient; et de fait prirent la dite ville sur eux d'emblée, dont les dauphinois tous confus se retirèrent au chasteau pour y estre assùrs. Mais lesdits seigneurs prestement y mirent le siège tout à l'environ, et les enclorent dedans si estroit que un page n'en fust sorti dehors sans danger. Sy fit Lahire son assemblée pour venir au secours des assiégées. Et en effet, un jour approchant près icelle ville, lesdits seigneurs se mirent aux champs à l'encontre de luy et le rencontrèrent en barbe ' . Là y eut un dur et fier chappleis ^ entre les deux compagnies , lances rompues , espées et guisarmes mises en œuvre, chevaux tués, et corps abattus, blessés et tués d'un parti et d'autre. Dont toutes-voies enfin les Bourgongnons prévalurent ; et tinrent le champ , lorsque les autres se sauvèrent en desroy, et perdirent environ quarante de leurs gens morts ; et prestement ceste victoire obtenue, retournèrent à parachever leur siège devant ledit chastel, lequel après se rendy bientost'.
' En barbe, en face.
2 Chappleis, combat.
^ Monstrelet rapporte les mêmes faits , et c'est à la suite de ce chapitre qu'on lit dans les anciennes éditions la Comi^lainte dti povre commun et des povres laboureurs de France.