‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 3)Chapitre 131 sur 141 · CHAPITRE CIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIV

Comment le dauphin fit assiéger Cosne-sur-Loire.

Comme le roy nnglois doncques laboura au lez de deçà Seine, pareillement le daupliin, qui se tenoit de delà Loire, lal30ura aussi sur le costé de Bourgongne, et submit à son obéissance la Cliarité-sur-Loire, en laquelle il tint forte et grosse garnison , à l'encontre du duc son adversaire, qui pour ce temps-là aussi se tint en son l)ays de Bourgongne pour résister aux entreprises d'iceluy et de ses gens; et mesmes faisoit guerre mortelle à iceluy dauphin par toutes-voies et manières es quelles il le pensoit à blesser, comme en une inimitié cruelle , telle qu'estoit ceste-là , il n'y avoit espargne. Sy est vray que ledit dauphin avoit fait un assemblement de gens d'armes de divers pays, en nombre environ de vingt mille combattans, atout lesquels il tira vers Sancerre , auquel lieu il se tint bonne espace en sa personne , et ses gens envoya assiéger la ville de Cosne-sur-Loire; les quels ainsi le firent. Et en effet tant firent, que par menaces, que par fait, les assiégés dedans ladite ville promirent de rendre la place en la main du dauphin à certain jour, par condition que si le duc de Bourgongne , leur maistre et prince , ne se trouvoit en place pour combattre le dauphin et pour les délivrer de la main d'iceluy, ils rendroient ladite ville en la main dudit dauphin, et si d'aventure il s'y trouvoit appresté à la bataille , ils attendroient la part de la fortune avec luy jusques au finement; et ce en dedans le dix-septiesme jour d'aoust prochain. Sy eu acceptèrent l'offre les dauphinois, pensans que le diic de Bourgongne en si bref terme ne les

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secourroit point, et encores, vu l'assemblée qu'ils savoient lors telle comme à point estoit le dauphin pour les assister et aider. Mais voulant estre assûrs des promêttans, demandèrent ostages, et les assiégés les baillèrent volontiers, comme qui certainement espéroient contraire, c'estoit de non faillir au secours. Cary avoit aucuns dedans, bien gens de bien, qui assez congnoissoient leur duc, et que à luy ne tiendroit nullement que la bataille n'y fust présentée, car c'estoit la chose en terre que j^lus il demandoit, et dont il eust fait moins de refus. Dont, incontinent les nouvelles venues jusques à luy, que Cosne s'estoit rendue sur un tel si, envoya devers son adversaire le dauphin promettre et assurer pour certain que la bataille luy seroit présentée dedans ledit jour, et que luy-mesmes personn^ellement s'y trouveroit à l'entour de toute sa puissance, luy requérant pareillement que d'aussi grand cœur et volonté il s'y voulsist trouver en personne , comme de grand vouloir il luy certifioit que en luy n'y auroit faute. Sy promit pareillement ledit dauphin, et le certifia au héraut de le faire ainsi ; et sur ce chacun se mit en point et se disposa à l'a journée.

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