‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 5)Chapitre 15 sur 86 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Comment le jeusne roy Henry vint en France et fut mené triomphalement à Rouen.

Or faut croire que l'orgueil des Angles en ce temps régnoit fort en France, et ne leur estoit avis autrement, fors que à tousjours mais ils y devroient dominer, considérée l'adjunction qu'ils avoient de ce duc si puissant. Or avoit le duc régent laboré longuement à ce que son nepveu, le jeusne roy Henry, venist en France soy

» Sur le séjour de Jeanne d'Arc à Beaurevoir, voyez la notice pleine de détails curieux qu'a publiée M. Gomart.

2 Monstrelet assista à cette entrevue, et il est à regretter qu'il n'ait pas cru devoir la raconter : « Laquelle icelui duc ala voir au logis où « elle estoit et parla avec elle aucunes paroles dont je ne suis mie bien •« record, jà-soit-ce que j'y estois présent. »

présenter en son héritage et adfin d'acquérir l'affection du peuple et donner cremeuràses adversaires. Sy estoit venue l'heure si avant maintenant en cestui temps que par ordonnance et avis des estats du royaulme d'Engleterre ce jeusne roy, en l'eage encore de huit ans, fut mis en mer en la conduite du riche cardinal de Vincestre. [Sy estoientavec luy] le duc d'Yorcq, le duc de Nortfolc, le conte de Hontiton, le conte de Warwick, le conte de Staffort, le conte d'Arondel, le comte de Suffolc, le conte de Bonneterre, le conte de Hem, les seigneurs de Ros, de Beaumont, d'Escaillon, de Grez et pluiseurs autres grans barons et haulx hommes. Et trouvant la mer quoye et fortune non mue contre eux descendirent avecques le jeusne roy à Calais, le propre jour de Saint-George, à heure de dix heures au matin , là où si tost que avoit mis pied en terre, fut monté sur un petit cheval richement attinté ' , et atout les haulx princes et barons de sa compagnie s'en alla en l'église de Saint-Nicolay rendre grâces à Dieu et oyr messe, et de là, après avoir séjourné un peu, en fière et forte main, triomphamment fut mené à Rouen, estant avecques luy tousjours maistre Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, lequel l'avoit esté querre en Angleterre par l'ordonnance du duc régent par deçà et de tout le conseil.

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