‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 5)Chapitre 76 sur 86 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Comment ceux de Gand ne volrent riens tenir de ce qui estoit ordonné et conclu par les ambassadeurs.

Les Gantois ne firent compte de la sentence qui les avoit compiins et se recommencèrent à faire guerre plus forte que devant. Et pourtant que c'estoit sur l'hiver, le duc entretint ses g-ens de guerre en la frontière à l'encontre des Gantois, et fut le maréchal de Bourgongne ordonné à estre à Courtray, lequel fut bien accompagné de chevaliers et escuyers et de bonnes gens de guerre de Bourgongne, de Flandre et d'Artois. A Audenarde estoit messire Jacques de Lalaing moult bien accompagné ; pareillement estoit messire Antoine bastard de Bourgongne en la ville de Tenremonde moult bien accompagné de chevaliers et escuyers. Et en la ville d'Alost estoient messire Antoine de Wisocq et messire Louis delà Viefville, très-bien accompagnés de gens de guerre ; et d'autre part estoit en la ville de Bruges le seigneur de la Gruthuse : et messire Simon de Lalaing estoit en la ville de l'Escluse, et aussi le capitaine du pays du Franc. Et quant à la noblesse du pays de Flandre, ils estoient tous avec leur prince, en faisant guerre contre les Gantois , tant à leurs places comme es bonnes villes tenant le parti du duc. A Ath en Hainaut et es places et marches d'environ, estoit messire Jehan de Croy, seigneur de Chimay, grand bailly et gouverneur de Hainaut, moult bien accompagné de chevaliers et escuyers et gens de guerre , tant Hainuiers comme gens de Picardie ' .

• Ce fut vers cette époque qu'un illustre missionnaire, qui peu après devait sauver h Belgrade toute la chrétienté d'une nouvelle invasion

Tout au long de l'hiver et partie de l'été , les Gantois faisoient guerre, boutoient les feux es villages et es mai-

des barbares, adressa au duc de Bourgogne les instances les plus vives pour l'exhorter à la paix. Il ne se trompait pas en lui annonçant l'affaiblissement de sa puissance, fondée surtout sur celle de la Flandre, et la ruine prochaine de sa dynastie. Nous reproduirons ce document inédit (eu l'abrégeant toutefois) d'après un précieux recueil de documents de cette époque, conservé à la Bibliothèque impériale de Paris : « Très-noble et très-redoubté prinche. Les haultes délibérations et consaulx vertueulx, dignes de mémoire perpétuel, qui ont esté trouvés envers toy, m'ont raemply non-seulement de toute léesse espirituelle, mais aussy par une très-singulyère confyance, m'ont eslevé et esjoy jusques à présent. Quel chose est-ce, si je regarde bien l'onneur et la glore de Jhésu-Crist, que je puis oyr plus gracieuse et plus désirée que le très-noble et très-redoubté prinche duc de Bourgogne disposast et esmeut véritablement sa puissance redoubtée à la recouvrance de la Terre-Sainte, et si je regarde l'accroissement de la sainte foy crestyenne, quelle chose me pourroit estre plus agréable, plus souefve et plus plaisant que ung ost et une belle armée pour recouvrer le s^aint sépulcre de Nostre-Seigneur, roi éternel et pardurable, et si on me veult interroguer sur ce, je respons : Que me pourroit-on dire chose plus douce que icelluy mon prinche, le prince auquel je me suis du tout voué, le prince, dis-je, très-redoubté par toutes terres, tout chrétien, tout très-noble en toutes vertus, laissant mémore ainsi grande à ceulx qui vendront apprès luy, et à sa très-noble maison, tant grande lumière pour reluire et resplendir par tout le monde, ainsy et par tel manière que presque par touttes partyes la noble renommée voleroit d'avoir restitué et rappareilliet et par effect et à toute diligence disposé l'éritaige des chrétiens, le lieu du Souverain Empereur, et où le prys de la raençon humaine a esté respandue, c'est assavoir le sanc de Nostre-Seigneur Jhésu-Crist, lequel lieu est montaigne en laquelle il a plu à Dieu habitter, et luy pendant en la croix, les bras estendus, pryer pour ceux qui le crucefyoyent. Certainement, oncques au temps de mon ancyen eage, ne fust oye chose plus joyeuse ; mais, las moy ! que est-il survenu ? Le malvais homme, l'ennemy de l'umain lignage, ainsy que j'entengs en grant douleur de coer et que je le dis en pleurant, maintenant par envye a semé une malvaise erbe qui est division et dissension, car il a esmeu et eslevé le serf et subget à rencontre du seigneur, et le prince enaj^gry de couroux à rencontre du poeple, adfin que par le moyen de sa grant malice interposée, il este à mon prince la couronne de sy grant glore, comme dit est, et qu'il prive du tout le poeple crestyen du loyer de si grant méritte. Élas! dis-je, très-glorieux prince, comme estrange adven-

sons aux champs , et firent de moult grands dommages , es pays de Flandre et de Hainaut, sur les sujets et obéis-

ture et diverse relation et rapport se peut de ce ensievir ! Comme ceste chose est très-dure aux oreilles de tes subgets que, comme le jour approche de povoir acquérir sy grant triomphe , tu es dit esprouver ta force et ton glaive contre les tiens proppres! Tu es dit obscurcir et mucyer la gloire de toy-meismcs! Tu es dit destruire ta propre seignourye ; tu es dit finabloment opprimer et abaissier la haulte puissance de toy-meismes. Hélas ! très-sage prince, pourcoy es-tu tant esmeu et couroucyé en toy-meismcs? Ne scès-tu pas que ch'est la glore de tes anemis, s aucuns en as, lesquels sont tous resjoys , voyans que tu seulement dissipes et gastes ce que tout le monde doubteroit et crainderoit envahir, pour ce que plus légièrement ils pourront entreprendre sur ce que tu laisseras et demeura entier. Et très-noble lignée et très-excellens enffans, en quele seurté et espérance, demourrés-vous si le père exerce le premier son glaive à rencontre de vous, et s'il vous deshérite le premier? Et très-noble prince et moult très-excellent seigneur, je te prye, voclles oyr et escouter ton petit serviteur qui, par très-grant amour et charité qu'il a envers toy, est tellement hurtés et débouttés que pour toy il descend du tout aux pies de Jhésu-Christ. Ayes pityé et compassion des tiens au moins, si tu ne regardes à toy. Regarde h ceulx à venir et aux cas qui surviennent. En espécial, je prye afin que tu convertisses à ta trèshaulte lignée la lumière qu'elle a reçue des plus grans, en plus ample clarté et lumière. Preing et embrasse paix, posé ores que déprime face il te semble que tu ayes aulcun damage ; car le Prince qui en nul temps n'est deuement aourés et servis sans paix, est de si grand vertu et puissance que ton dommage il te rendera en tout double. Pour certain, la justice du prince est la paix des poeples; tuition de paix, francise de peuple, deffcnsc de gcnt, garison de malades ou languissans, joye des hommes, attemprance de aer, temps serain de mer facundité de terre, héritage des enffans et espérance de la béatitude éternelle, de laquelle nul ne joyra sans la paix de Celuy qui est vraye paix. Le roy de glore venans apporta paix au monde ; les angles chantent paix en terre aux hommes de bonne voulempté ; le Roy paisible prêche paix et bénit les paisibles ; il enseigne paix à ses disciples; il dénonce paix à tous ; il semont et appelle ses ennemis à paix, quant pour eulx il fait pryères au Père pardurable, et finablementle lieu de celui est fait en paix qui sur toute chose bonne appert avoir congnoissance de tous biens, et pour ung très-singulier et très-espécial héritage et très-riche royaulme a laissiet paix à ses cnfans et disciples, en disant : « Je vous donne ma paix, ma paix je vous laisse. » O paix, qui est de très-grant douceur et suavité que tu ne poes estre pro ferrée sans

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sans du duc. Et aussi pareillement les seigneurs dessus dits estans es frontières contre eux, leur firent grant

le baisyer et conjonction desleffres ! 0 très-noble prince, recoeuvre-la; embrasse-la et n'ayes point paour de perdre avoecques elle, comme ainsy soit quelle seulle est deffense et garde des prinches, conservation de couronne, clarté et noblesse de pensée et de coraige, lyen d'amour, coupple de humaine alliance, unité des coers, connexion de choses diverses et maison et arche de toutes vertus. Elle seule vainct; elle règne, elle commande et oste faintises ; elle comprime les fraudes et baras ; elle réprime les inimités ; elle extirpe les dissensions ; elle acquiert amis ; elle surmonte les anemis ; elle comprime les yres et couroux; elle apaise les batailles; elle surmarche les orgueilleux. 0 trèsnoble prinche, paix gardée en la maison, c'est-à-dire en seignourye, estably homme rengnant sur tous les climas du monde. Sédition amène seigneurie à néant, ainsy que souventesfois elle a tolu et éverty les couronnes d'aultres royaulmes. Preing la paix de ta très-noble âme, adfin que tu ne soyes oublieux de ta vertu ainsy grande. Quele chose, très-noble prince, quelle chose t'a prouflté de chacyer tousjours tes ennemis loing de tes pays et seignouryes , si maintenant tu exerces mortelle vengeance contre ceulx qui sont tes enffants en gouvernement, posé ores qu'ils soyeut contumas et rebelles envers tÔ3'? Quelle loenge et honneur, quelle glore et triumphe , quelle utilité et loyer pues-tu avoir et attendre si tu opprimes les tiens, destruis ta seignourye, dégastes l'éritagede tes enffans? Véritablement à toy demeurent seulement les périls, comme ajnsi soit que la fin des guerres et batailles soit incertaine ; et souventesfoys, celui qui cuide vaincre, est vaincu, et finablement quelque chose qui demeure Je mal ou de damage, sera converty (que Dieu ne voelle) au grant préjudice de toy et de tes enffans ou subgets. Et je prye ta très-noble seignourye que si damage temporel ne te moet ad ce que dit est, que au moins tu quy es des princes catholicques très-chrétiens, ayes pité des povres âmes rachettées du glorieux sanc de Jhésu-Crist et ne les voelles souffrir périr, comme ainsy soit que une seule âme soit plus précieuse que tout le monde, ne la mort des inffinis et innumérables corps, adfin que je parle avoec saint Augustin , si ils trespassent en grâce, ne peut estre comparée au damage d'une âme de quelque povre créature humaine, tant soit de basse condition, qui meurt en péchiet; lesquels périls, selon ce que tu as commencyé ta guerre, non-seulement moy, petit serviteur de ta très-noble seignourye, mais tous les loyaulx chrétiens, ont souffert plus griefment et soufferont si tu ne te désistes. Et pour ce, très-redoubté prinche, voelles toy désister et vaincre toy-meismes, qui vaincs les autres; car tu en porteras le triumphe de plaine victore si toy-meismes te vaincs vertueusement. Tu as exemple des tyens propres et des plus grans empereurs, roys et prinches qui

guerre et dommage , où maints Gantois y furent pris , morts et rués jus, dont des noms ne fais ci nulle mention,

te exortent et admonestent de recliepvoir cheste couronne. Prime face ensiewir les hommes, as le roy des roys et seig-neur de ceux qui ont seignourye, Jliésu-Christ , nostre souverain empereur, en ensievant lequel tu ne poes esrer. Tu ne dois doubtor perdre ta dignité, car ceulx qui siewent Cheluy qui est vraye voye, vérité et vye, ne poent esrer, ne doivent avoir honte, ne n'est besoings qu'ils ayent aulcune doubte. Regarde doncques, regarde ton Crist, nostre Dieu, pour honneur duquel tu as acquis en terre tant grant et louable nom, et quant tu regardes le Seigneur de ses subgets tant durement offendu que bonnement il ne poet estre apaisié, synon par leur mort, considère combien grande est la pityé et l'amour de la très-douce paix du roy éternel envers ces subgets, quant non-seulement il leur pardonne selonc leurs mérittes, mais se expose à mort pour leur salut. Ne demandons-nous pas chascun jour qu'il nous pardonne? « Pardonnez doncques et on vous « pardonra, » dit Notre-Seigneur Jhésu-Crist, et derechief : « Si vous « pardonnes aux hommes leurs péchyés , vo.stre père céleste vous « pardonra vos péchyés, et si vous ne pardonnes aux hommes, aussy « vostre père ne vous pardonra pas vos péchyés. » Et pour ce, trèsnoble prinche, pardonne, ptirdonne et espargne à ton poeple, et ne voelles donner ton héritage en reproucbe, appelle toy-meismes cheulx qui esrent, rechoy ceulx qui venront à toy. Et par ta digne clémence, surmonte-les tous et leur bailles touttes choses que ils te demanderont, adfin que tu deffendes les âmes de la mort de sy griesve bataille, posé ores qu'il y ayt aulcun dommage temporel. Ayes confyance en Notre- Seigneur, car si tu le ensuis, tu auras plus de louenge et de glore et acquéras plus de proufit et de loyer et auras plus d'eulx, si ils sont fais tes amys, que tu n'auroyes si sans aulcune despense tu les faisoyes tous morir et que par engins et machines de guerre ils fuissent par toi destruis. 0 très-glorieux prince ! soit du tout arrière de tes yeux le jugement humain, lequel juge avoir vaincu, estre triumphe, et avoir pardonné, estre injuryé ; ettouttevoyes, le souverain honneur est pardonner ; aussi souveraine gloiro est, quant tu poes vaincre, de povoir pardonner. J'ay fyance que ta très-noble seignourye, douée de sapience, s'employera en toute briefté aux très-doulx lieux de paix, adfin que le saint sépulcre de Notre-Seigneur soit rendu à la chrétienté, laquelle chose voelle concéder la clémence de Notre-Sauveur Jhésu-Crist, aux pies duquel jo prye sans cesse pour toy et ta noble maison.

« De votre très-noble et très-redoubtée seignourye, le petit serviteur inutile et loyal orateur, frère Jehan de Capistrauo, de l'ordre dos frères mineurs le plus petit et indigne.

'< Escript à Wratislavia, le xix*: jour de mars, l'an mil IIIP LUI. »

Zm CHRONIQUE

sinon du bastard de Blanc-Estrain , qui estoit meneur de plusieurs Gantois de mauvaise vie, tenant une compagnie qui s'appelloit la Verte-Tente ' , comme de bannis , brigands et bouteurs de feu , qui aucunes fois se trouvoient ensemble deux ou trois mille hommes , l'une fois plus , l'autre fois moins.

Sy advint que le neuvième jour de juin mil iiii" lui , le bastard de Blanc-Estrain avoit assemblé et mis ensemble jusques au nombre de seize à dix-huit cents combattans pour porter dommage au pays de Hainaut, et de fait entra audit pays, et fît bouter le feu en un village nommé Helleselle^ Les nouvelles en vinrent au seigneur de Chimay, qui lors estoit en la ville d'Ath , au pays de Hainaut , accompagné de plusieurs chevaliers et escuyers , tant des seigneurs de la Hamède, de Bossu, de Harchies, comme d'autres; car avec ce que le duc avoit ordonné cent payes, ledit pays de Hainaut payoit cent lances et les archers , desquels messire Jehan de Croy, seigneur de Chimay, estoit le chef et capitaine. Or est vérité que tantost qu'icelui seigneur de Chimay ouït les nouvelles de ce feu qui estoit bouté audit lieu de Helleselle , il fit sonner sa trompette, afin que ses gens montassent à cheval , lesquels furent tantost et incontinent armés et montés. Le seigneur de Chimay, voyant ses gens prests, issit hors de la ville d'Ath; lui et ses gens tirèrent tout droit là où ils virent que le feu et la fumée estoient, et chevauchèrent tant qu'ils se

' Ils se donnèrent nom la Verte Tente pour ce qu'ils se tenoient par les champs, bois et hayes. [Chron. an. cor]), clir. Flandr., t. III, p. 448.) — Lesquels tenoient les bocages et les champs sans converser, ne repairer en icelle ville de Gand. (M. de Coucy, 67.) Eu Normandie, il y avait des compagnons de la Verte Feuillée.

^ Helleselles, près de Renaix. Le MS. 16881 porte par erreur : Herselles.

DE CIIASTELLAIN. 347

trouvèrent au village de Helleselle, où les Gantois avoient bouté le feu comme dessus est dit. Et là trouvèrent femmes, lesquelles leur dirent que les Gantois s'en retournoient vers leurs marches, et qu'ils menoient charroi avec eux. Lors le seigneur de Chimay fit avanchier.ses coureurs, lesquels se mirent sur le trac des Gantois, qui s'estoient retraits en un bois et furent trouvés en ordonnance de combattre. Le bois où iceux Gantois estoient boutés, estoit fort et les entrées estroites , tellement que le seigneur de Chimay et ses gens ne savoi^nt comment les assaillir, car iceux Gantois estoient grans gens et sy avoient en leur bois couleuvrines à garder les entrées, lesquelles estoient moult étroites , comme dessus est dit. Toutesfois, ainsi que Dieu le voulut, le seigneur de Chimay fit descendre de ses archers , lesquels se mirent en une estroite voye, et commencèrent à tirer sur lesdits Gantois, et iceux Gantois à tirer de leurs couleuvrines sur lesdits archers; et au commencement fut navré le bastard de Blanc-Estrain d'une flesche en la jambe, et tantost qu'il se sentit navré, il demanda un cheval, qu'on amena et monta dessus pour soi sauver, comme il fit. Le seigneur de Chimay, quand il vit partir le bastard de Blanc-Estrain, fit marcher son estendard , que portoit un gentil chevalier nommé Josse de Hamme '. Alors quand les Gantois virent leur capitaine s'enfuir et l'estendard de monseigneur de Chimay marcher contre eux, et qu'ils sentirent le trait des archers, ils se mirent tous en desroi et prirent la fuite , et y eut grant Décision de Gantois ; car sur la place où ils furent, es bois et dedans les bleds où ils se muchoyent, furent trouvés de morts trois h quatre cents hommes.

' Ce nom miinque dans tous les manuscrits, sauf dans le n" 16881 où il a été ajouté d'une autre main.

Maintes belles besognes furent en cette saison faites sur les Gantois, tant des seigneurs et capitaines estans es villes et chasteaux es frontières dessus écrites, comme des nobles de Flandre, avant ce que le duc se mist sus à puissance pour subjuguer ses ennemis les Gantois, comme il fit. Et plus bref eust mis le duc son armée sus pour aller à rencontre d'eux, si ce n'eust esté que les nations et marchands estrangers lui firent requeste de reclief , que son plaisir fust de leur accorder qu'ils s'entremeslassent de faire l'apaisement et accord d'iceux Gantois envers le duc, et qu'il leur donnast congé d'aller à Gand, pour essayer si audit apaisement et accord ils pourroient rien besogner, laquelle cbose le duc leur accorda volontiers et de bon cœur, car il ne désiroit autre cbose avoir des Gantois, fors qu'ils fissent envers lui, ainsi que bons sujets doivent faire envers leur bon et naturel seigneur et prince. Icelles nations, qui moult desplaisantes estoient de la rébellion des Gantois, s'acquittèrent grandement d'aller et de venir devers le duc et devers ceux de Gand, et allèrent tant d'un costé et d'autre, que les Gantois députèrent leurs gens notables pour aller devers le duc; et enfin fut traité l'apaisement et accord qui s'ensieut :

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