CHAPITRE XXX
Comment ceux qui estoient dedens la forteresse de Gavres se rendirent à la volenté du duc, lesquels furent tous pendus et estranglés.
Or faut parler comment, la journée de la bataille, la forteresse se rendit. Il est vray, comme devant est dit, que la nuit de la bataille le capitaine de Gavres estoit yssu de nuit et s'en estoit allé à Gand. Et quant vint le matin, ceux de la forteresse requirent de parlementer, disans qu'ils se vouloient rendre, laquelle chose fut rapportée au duc; mais il ordonna que s'ils ne se vouloient rendre à volonté, que on ne parlast pas à eux. Dedens la place avoit des Anglois, qui pour riens ne s'y vouloient accorder, mais riens ne leur valut, car ceux qui dedens estoient avec eux, estoient les plus forts, et en la fin se rendirent, au jour de lundi xxiii" de juillet l'an dessusdit, environ huit heures du matin, tous à la volonté du duc.
Le prévost des maréchaux fut ordonné à prendre et recevoir les prisonniers, et par le commandement du duc furent tous condempnés à estre pendus, excepté le prestre; et quant les Anglois sceurent qu'il leur falloit morir, ils envoyèrent au remède devers aucuns grans seigneurs de l'host, lesquels les poursievirent, mais riens ne leur prou-
ncnt ad defendendum tam uxores quam libères, et factus fuit terribilis concursus omnium auditis fragoribus machinarum quibus castrum deGavere obpugnabatur. (But, Chron. manusc.)
fita, et respondit le duc qu'il vouloit que on leur fist honneur, c'est assavoir, qu'ils fussent les premiers pendus et mis au plus haut.
Le confesseur et l'exécuteur de la justice furent mandés, lesquels ne firent, depuis la rendition, que confesser et pendre jusques environ une heure après midy, que on crya que chacun s'apprestast pour la bataille, pour laquelle cause le bourreau cessa à pendre, et en y eut j^lusieurs qui leur vie eurent respitée jusques après la bataille. Mais après la bataille achevée, ils furent tous pendus comme leurs compagnons.