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CHAPITRE XLV

Des pouvoirs publics.

Du passngc de rarislocralie de pouvoir à l'arislocralie d'honneur.

Quand les nobles cessent de gouverner par le pouvoir, ils gouvernent encore parle rang. Le respect dont ils jouissent obtient l'obéissance du peuple et force le prince à des ménagemens ; l'un et l'autre sont liés et contenus par le souvenir

et l'opinion d'une chose qui n'existe plus. En progression politique , les honneurs arrivent plus tard que le pouvoir , et existent un peu après lui. Ils constituent un pouvoir d'opinion qui remplace quelquefois le pouvoir réel ; c'est au période où l'aristocratie en est là qu'existe la monarchie de Montesquieu.

Le règne des fiefs a fait place à celui des offices; les nobles n'exercent que le pouvoir du prince ; mais ils l'exercent en quelque sorte de droit. Le despotisme vient par derrière et chasse les offices par les commissions.

Oa caractère des trois pouToirs.

Le pouvoir législatif doit être national; le pouvoir judiciaire doit être indépendant ; le pouvoir exécutif doit être personnel.

Sous l'ancien régime, le pouvoir judiciaire s'exerçait par office, ce qui était bien si Ton n'y eût jamais dérogé ; le pouvoir exécutif s'exerçait par commissaires , ce qui était bien si ces commissaires eussent été jugeables ; mais le pouvoir législatif s'exerçait par le prince , en qtti-tésidait

la plénitude de rexéculioii, ce qui était détestable.

De la nécessite de la rcprcscnlalion.

Là OÙ l'opinion publique a une grande force , ne faut-il pas qu'elle se résolve dans une assemblée représentative ? Si l'on ne veut point qu'elle fasse explosion, il faut ou rétoulTer ou la distraire, deux choses qui, à certaine époque, sont presque également impossibles, ou Ijien l'organiser.

Quand même un peuple très avancé supporterait qu'un maître absolu le gouvernât selon des règles , la chose n'irait pas sans une certaine étendue de pouvoir discrétionnaire , et la nation ne le souffrira qu'autant qu'elle le graduera ellemême suivant le besoin.

§iv.

Effet des trois pouvoirs.

Le monarchique donne la force du dehors et l'ordre intérieur. L'aristocratique sert de lest, s'il est conservateur-, s'il est ambitieux, il trouble.

Le démocratique n'est autre chose que l'anarcliie, s'il est déchaîné; mais s'il est organisé, il l'ait essentiellement la prospérité publique.

Divers genres d'aristocratie.

V Celle qui provient de l'opinion sacerdotale, sénatoriale, etc. ; son origine est dans les sages, les prêtres , les devins , les vieillards qui , chez les peuples ignorans , acquirent toujours une grande prépondérance par la supériorité de leurs lumières : les druides , les bramines , le clergé romain.

2" Aristocratie des armes. — Celle des guerriers dans les pays où ils font une classe à part , et partout, celle des chefs et des officiers.

3° Aristocratie bourgeoise. — Celle qui s'établit dans les villes par la richesse que quelques familles acquièrent dans le commerce.

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