CHAPITRE LU
Orîgiue de ta guerre qui a amené la séparation de rAmérîque ^nglaise.
L'origine de cette guerre date du règne de Georges III.
Sa maison fut placée sur le trône par les whigs et fut sous leur tutelle.
Le dernier de ceux qui gouvernèrent fut M. Pilt, ministre du précédent roi. Déjà les prin-
cipes des lorys avaient séduit ce prince, et il avait confié à l'un d'eux, mylord Bute, l'éducation de son petit-fils, l'héritier présomptif de la couronne, et à présent roi ; mais ce prince conserva toujours de grands égards pour les whigs , et M. Pilt, nécessaire h la guerre qu'il soutenait (celle de 1756), et j>ar ses talens, et par l'amour du peuple, conserva le ministère jusqu'à la mort de ce prince.
A celte époque, tout changea , les torys eurent tout crédit. Mylord Bute fut mis à la tète des affaires, et tous les whigs s'en éloignèrent et formèrent le parti de l'opposition.
Le peui)le était contre le nouveau gouvernement. Sa fa ihlesse à soutenir la guerre, et la paix de Paris de 1763, qu'on ne trouva pas assez avantageuse, acheva de le décréditer ; le peuple marqua son indignation avec la plus grande énergie.
Le roi l'ut obligé de renvoyer mylord Bute, mylord North le remplaça ; mais le premier, gouvernant toujours quoique sans litre, a continué à être l'àme du parti .
L'opposition des whigs, toujours très ardente^ a d'abord été impuissante par deux raisons : la première, c'est que le prince achetait la majorité dans le parlement , tellement que, quoique la majorité de la nation fût presque toujours pour
ropposilion, celle du parlement était constamment pom' le ministère.
Une autre raison affaiblit ce parti : Milord Bute était Écossais ; la plupart des torys en place le furent aussi. Les wliigs anglais, en criant contre les ministres, les attaquèrent dans leur qualité d'Écossais, et injurièrent celte nation. Cette conduite détacha de leur parti tous les whigs écossais.
Le caractère écossais, ferme, décidé, audacieux, inébranlable, peut être considéré comme une des causes de l'opiniâtreté tyrannique des opérations du gouvernement, aussi long-temps qu'il y a présidé.
Cela , comme l'esprit du ministère qui a amené la révolution d'Amérique , est facile à concevoir.
Ce continent est tout wbig ; il l'est d'origine , il l'est de système.
Toute puissance politique en lui, était donc contraire au parti tory et au despotisme royal.
Cette immense partie de l'état, déjà trop influente dans la situation même où elle était, tendait évidemment ou à obtenir la forme anglaise , ou à^s'en détacher.
Survint l'acte du timbre de 1765, qu'on fut ojjligé de révoquer l'année d'après.
Il fallut , dès lors , suivre un plan qui nécessitait ou lassujettissem.ent de l'Amérique anglaise, ou la séparation absolue du corps politique, et c'est Torigine de la guerre.