‹ Œuvres. Publiées (volume 2)Chapitre 129 sur 139 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

Comment les Anglais ont toujours favorisé, chez nous, les idées qui pouvaient leur être utiles.

Les Anglais qui, avec un caractère audacieux, extrême et très susceptible d'enthousiasme, s'arrêtent cependant aux limites de la raison, parce qu'ils apportent h toutes les choses qu'ils font une grande recherche de réflexions, d'o]3servations et de notions positives, ont toujours favorisé en nous l'élan des idées philosophiques, sur l'art de gouverner et sur l'économie politique. Persuadés que notre impétuosité, notre impré-

voyance, noire ignorance, noire irréflexion, nous pousseraient toujours au-delà de l'utile, et nous feraient trouver notre ruine, dans l'abus des principes les plus sëduisans et les plus généreux, ils ont favorisé les idées modernes, sur l'inutilité de favoriser le commerce, sur la liberté générale du commerce, sur le néant du système de balance, sur Tavantage supérieur du commerce avec les nations industrieuses, sur la liberté des nègres, sur l'inutilité des colonies.

Usant de l'ascendant du caractère, ils se sont étudiés à faire nos opinions comme nos étofles, nos bijoux, une immense portion de notre consommation de luxe. Us ont tourné nos opinions comme nos goûts h ce qui pouvait leur être utile.

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