‹ Œuvres. Publiées (volume 2)Chapitre 133 sur 139 · SUISSE · texte numérisé non relu

SUISSE

Les cantons suisses ne sont unis entre eux par aucun lien constitutionnel, ils sont pleinement souverains et indépendans les uns des autres; leur fédération est, si on peut s exprimer ainsi, pure-

ment diplomatique ; il n'y a même que les trois plus anciens cantons qui soient liés directement avec chacun des douze autres ; mais tous se tiennent comme alliés ou alliés de leurs alliés.

La paix n'avait jamais clé troublée dans l'union helvétique, lorsque les (juerelles religieuses vinrent y porter la discorde. Zuingle y prêcha ses dogmes en 1716, les cantons se divisèrent, et bientôt après la chaleur des prêtres des deux partis alluma des querelles; le canton d'Underwald, catholique, plus faible que ses adversaires, eut r imprudence d'appeler à son secours Ferdinand, frère de Charles-Quint ; mais à peine les hostilités étaient-elles commencées, que les parties, apercevant tout le danger auquel leur division les exposait, se rapprochèrent.

Avant la division des dogmes, il n'y avait, en Suisse, qu'une seule diète générale, où se traitaient toutes les affaires de la confédération; depuis la naissance des sectes, la diète générale n'existe , pour ainsi dire, que pour la forme, et tout se décide dans la diète particulière des ))rotestans, à Arau, canton de Zurich, et dans celle des catholiques à Lucerne. .

En 1655, de nouvelles querelles s'élevèrent, au sujet de la religion, entre les principaux cantons protestans et catholiques ; la guerre fut terminée à la médiation de la France et des cantons dcmcu-

rés neutres par la paix de Bade. La liberté, à chaque canton, de professer sa religion ; la convention de terminer par arbitres tous les différens qui pourraient s'élever dans la ligue helvétique ; la liberté de professer les deux cultes dans les provinces sujettes de différens cantons, telles furent les clauses du traité; quant au changement de religion et au transport de domicile et de biens, d'un canton dans un autre , on s'en rapporta aux anciens usages.

En 1712, l'abbé de Saint-Gall, ne cessant d'attenter h la liberté politique et religieuse des habilans du comté de Toggembourg, dont il était seigneur, ceux-ci furent soutenus par les cantons j)rotestans, et l'évêque, par les catholiques ; cette guerre fut terminée entre les cantons par les deux traités d'Arau; et les droits de l'Abbé et des Toggembourgeois furent réglés définitivement par le traité de Bade.

Les principales dispositions du traité dArau, qui est le dernier état des Suisses, règle les possessions respectives des cantons, et le mode de concilier les religions et le pouvoir politique dans les pays sujets de plusieurs cantons de secte différente.

Les Suisses ont alliance défensive avec les Provinces-Unies.

De même avec la France. Leurs liaisons avec

celte nation sont censées les plus anciennes et préférées à toutes.

Ils ont, (le plus, traites d'amitié et capitations pour fournir des troupes, avec la maison d'Autriche, le Saint-Siège, etc.

§ xm.

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