SUR BARNAVE. CXXIX
mander l'escorte. Il voyagea à petites journées, et de Bourgoin il écrivit à Boissy-d'Anglas pour le prévenir de son sort. « Homme vertueux, lui di- » sait-il, qui, ne m' ayant point recherché quand » j'étais dans la prospérité, êtes devenu mon » ami quand j'ai été malheureux. Ma conscience » est pure, je défie qu'on prouve contre moi un » seul fait dont j'aie à rougir. — J'ai recom- » mandé à ma mère de vous voir. ( Elle le sui-
» vait) Devenez son ami dans un temps plus
» tranquille, elle en est digne, et si les choses tour- » naient contre ses vœux, elle aurait un besoin » extrême de consolation.... Je ne me dissimule » pas la force des préventions que je vais avoir à » combattre, et quoique je regarde mon sort comme » à peu prés fixé d'avance, je crois devoir à moi- » même de ne rien omettre pour les surmonter ; » et ne fût-ce que pour laisser après moi une mé- )) moire honorable, je donnerai tous mes soins à » ma justification. »
Les dispositions des populations qu'on eût traversées, SI on eût suivi la route directe, faisant craindre qu'on ne tentât d'enlever le prisonnier, on passa par la Bourgogne. 11 fut rejoint à Beaune par madame Barnave, accompagnée de l'une de ses filles, depuis madame Saint-Germain, et du jeune David. Le lendemain elle le rejoignit encore à Dijon, et chaque
fois, grâce à l'humanité de l'ofBcierde gendarmerie, ». I. I