‹ Œuvres. Publiées (volume 2)Chapitre 4 sur 139 · X NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

X NOTICE HISTORIQUE

secrètes, comme il paraissait s'occuper beaucoup du monde où il allait pour observer; comme on le voyait se mêler à ses plaisirs, y paraître avec une mise élégante et soignée, monter à cheval; on le croyait presqu' exclusivement livré à ces goûts frivoles, et on ne se doutait pas du rôle qu'il serait appelé à jouer un jour. Son père lui-même, qui lui voyait prendre peu de part et d'intérêt à l'administration de ses affaires domestiques, le croyait léger et mettait une certaine amertume dans le reproche qu'il lui en faisait ; ce reproche donna lieu, la même année, à une lettre admirable de sentiment et de sincérité, dans laquelle Barnave ouvrait à son père le fond de son âme, reconnaissait ses torts, protestait de sa respectueuse reconnaissance pour les sollicitudes dont son éducation avait été l'objet, et promettait de se rendre digue de tant de soins et de bontés ; cette lettre, qui a été conservée lorsqu'on a à déplorer la perte de tant d'autres, est un modèle de piété filiale ; en montrant tout ce qu'il y avait de noble et d'élevé dans ce jeune cœur, elle montrait aussi tout ce qu'on devait en attendre pour l'avenir.

Ces alarmes si excusables et pourtant si peu fondées de la tendresse paternelle, n'étaient pas partagées parla mère deBaruave, qui, l'ayant plus particulièrement étudié dès l'enfance, le jugeait mieux.

Son père ne tarda cependant pas à revenir de ses préventions et à lui donner toute sa confiance.

Page 1