SUR LES CONVENTIONS NATIONALES
ne peut pas être placé ailleurs sans devenir un principe de subversion.
Le gouvernement anglais a mis le pouvoir réformateur dans son pouvoir législatif, parce que la législation y est confiée à trois pouvoirs opposés qui , respectivement se limitent et empêchent la rapidité et la facilité des changemens ; mais vous avez un moyen plus sûr, moins imprudent, plus libre et plus national , surtout , de prévenir chez vous l'abus du pouvoir législatif sur les corrections constitutionnelles. C'est d'exiger comme on vous l'a proposé le vœu itératif de plusieurs assemblées de représentans du peuple ; car il est évident que chaque fois que vous lemonterez à la source des élections, le vœu national s'exprimera par les élections mêmes , et que ne pouvant opérer de changemens que par la volonté répétée de quatre assemlilées différentes , vous aurez eu quatre fois, à deux ans de distance chacune , le vœu national en faveur de la mesure proposée , ce qui certainement est beaucoup plus lent, plus prudent , moins dangereux que les formes anglaises. Il ne faut là que le concours momentané des trois pouvoirs ; chez vous, il ne faudra que le vœu d'un pouvoir, mais d'un pouvoir représentatif et national , et ce vœu aura été provoqué quatre fois par l'opinion publique , au moyen de l'élection des représentans.
27$ DISCOURS DE BABNAVE
Lorsque vous aurez iixéun mode lent, mais auquel on est sûr darriver quand lopinion publique le favorise ; que vous aurez évité tout à la fois la nécessité d'un pouvoir constituant, et la possibilité de voir altérer illégalement votre ouvrage par le pouvoir législatif ordinaire , tout sera balancé.
Je ne crois pas qu'il soit nécessaire maintenant de vous éclairer sm^ les inconvéniens, sur les abus qui résulteront d'une provocation quelconque du vœu populaire dans les assemblées primaires , et d'une fixation quelconque du pouvoir constituant. Je veux supposer avec quelques personnes que ces pouvoirs constituans appelés n'abusassent pas de la mission qui leur aurait été donnée ; que l'opinion publique alors paisible les contiendrait dans des limites : j'établis que quand cela serait ainsi, ce que l'expérience démentirait, il suffirait des craintes et des espérances que pourraient faire prévoir des pouvoirs constituans appelés par la constitution même, pour nous exposer sans cesse à l anarchie , à l'esclavage , pom^ en faire disparaître tout sentiment véri taille et tout amour légitime de la liberté, et mettre sans cesse la partie la plus remuante de la nationaux prises avec le pouvoir exécutif.
En effet , Vattente du pouvoir constituant , présentant aux hommes turbulens l'espérance des changemens , les mettrait sans cesse en jeu , pro-