SUR LES CONVENTIOKS NATIONALES
des fléaux, même dans les plus petits états, où le peuple peut se réunir ; et ce qui , dans un grand état joint aux autres dangers l'absurdité la plus complète , puisqu'il est évident que tout vœu personnel ou de section n'étant pas éclairé par une délibération commune, n'est pas un véritable vœu , et qu'indépendamment de l'utilité générale qui exige exclusivement le gouvernement représentatif, la logique, la métaphysique même du gouvernement l'exigent dans tout pays où le peuple ne peut pas se réunir.
Et quel serait l'inconvénient pratique d'un système semblal^le dans la situation où nous sommes? Serait-ce véritablement l'intérêt national qui ferait provoquer des réformes de la constitution dans les assemblées primaires , et par quelques individus? Ne sait-on pas avec quelle adresse insidieuse on fait mouvoir une multitude patriote, mais peu éclairée? Ne sait-on pas qu'il existe dans la constitution des articles nécessaires, des articles qui assurent et défendent la liberté, et dont la conception n'est pas à la portée du plus grand nombre? Ne sait-on pas quelle était la ruse de ceux qui remuaient le peuple romain, par des moyens semblables à ceux que l'on commence à insinuer parmi nous? Les tribuns avaient l'art de joindre à la prolX)sition des lois auxquelles leur intérêt propre
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était souvent attaché, la proposition d'une loi souvent clîère au peuple , la loi agraire. C'était parmi eux un moyen trivial ; c'éUiit en réunissant ainsi une pétition qui semblait utile pour le pauvre, à une pétition qui n'était utile qu'à eux, qu'ils ont fait pendant si long-temps tous les maux et tous les troubles de la république.
Or, je demande s'il ne serait pas facile, en tirant le labourem^ de sa charrue, en provoquant , à la sortie du culte divin, des habitans de la campagne plus instruits de leurs premiers besoins que des principes politiques; s'il ne serait pas facile , en promenant dans les départemens une éloquence incendiaire, d'y mendier et d"y obtenir des pétitions destructives de tout ordre social? Et quand ces pétitions seront obtenues, quand la majorité du peuple aura été constatée par des signatures, quand les législateurs en auront les tableaux devant les yeux, quand le pouvoir constituant y verra son régulateur, quel sera le sentiment sur la terre qui leur donnera le courage de résister?
Sans doute, avant que le peuple ait émis formellement et légalement un vœu , les législateurs ont le pouvoir de refuser ce vœu présumé, parce qu'ils le jugent déraisonnable ; mais quand ce vœu aura été émis par une imprudente provocation.