SUR BARNAVE. XIX
chercher quelles étaient les vèintables sources de la richesse et de l'impôt, de nombreux abus s'étaient révélés, et que de toutes parts le sentiment pubhc en demandait la réforme.
Dans aucune province ce sentiment ne se montra plus vif qu'en Dauphiné.
Les anciens états de cette province avaient cessé d'être convoqués depuis 1628; elle en sollicitait le rétablissement avec les améliorations que le temps avait fait juger nécessaires.
Le roi, par un édit du mois de juillet 1787 , crut répondre à ce vœu en créant une assemblée provinciale, et renvoya à un règlement le soin de l'organiser et de déterminer ses attributions .
Le parlement de Grenoble avait procédé à la vérification et à l'enregistrement de l'édit, mais il avait supplié le roi de lui adresser aussi et de soumettre également à sa vérification et à son enregistrement, le règlement annoncé.
Contre l'attente du parlement , et bien que ce règlement dût faire partie de l'édit, il fut publié et affiché sans que ce préalable eût été rempli.
Le parlement voyant en cela une atteinte portée aux privilèges de la province, rendit deux arrêts, l'un en vacation, l'autre toutes chambres assemblées (1) par lesquels il sursit de son autorité à l'exé-
(l) Les 6 octobre 1787 et 2i janvier 1788.