XX NOTICE HISTORIQUE
cution du règlement, jusqu'à ce qu'il plût au roi de le lui envoyer pour être enregistré aux formes ordin aires.
Le roi en son conseil (1), cassa ces arrêts, et des lettres de cachet pour se rendre à la suite de la cour furent adressées au président d'Ornacieux et au conseiller de Meyrieu, qui étaient signalés comme ayant montré le plus d'ardeur à soutenir les privilèges de la province et les droits du parlement.
La lutte ainsi engagée, toute la province y prit part. On s'émeut du sort de ces deux magistrats , dont l'un vieillard de soixante-et-quinze ans, n'avait pas même concouru à l'arrêt de vacation, et l'autre, atteint depuis cinq mois d'une grave maladie, semblait ne pouvoir supporter jusqu'au bout les fatigues d'un tel voyage, que rendaient plus pénible pour tous deux les rigueurs de la saison.
Le parlement s'assembla de nouveau (2); il délibéra d'adresser au roi de très humbles remontrances. Jamais, à aucune époque, les dépositaires de la puissance publique ne parlèrent un langage plus ferme et plus élevé. La nature du gouvernement monarchique, l'intérêt du souverain, la sûreté des sujets se réunissaient, disaient-ils, pour
(1) Le 5 janvier 1788.
(2) 23 février 1788.