‹ Œuvres. Publiées (volume 2)Chapitre 84 sur 139 · ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE

Robespierre occupe plus que jamais l'attention publique; ses déclamations habituelles, qu'on était accoutumé à mépriser pendant la paix , sont devenues un sujet dindignation depuis que les échecs de Mous et de Tournay en ont fait apprécier la funeste influence. La division qu'il vient d'opérer dans le club des jacobins a servi aussi à le mettre en

(1) M. de Talleyrand.

scène ; attaqué de toute part, il est en ce moment un objet d'exécration pour la nation presque entière, et un problème inexplicalile pour ses partisans les plus obstinés. Ceux qui écriront l'histoire de notre révolution ne peuvent se dispenser de faire connaître cet homme singulier. S'il est vrai que ses talens soient plus que médiocres, et surtout incapables de rapportera la société aucune utilité réelle, il n'est pas moins vrai que son caractère homogène et constant en fait un être, à part.

Chez lui, il y a suite dans la volonté, activité dans la poursuite, portant tous ses talens vers les moyens qu'il veut employer.

Sans génie, sans invention, sans observation profonde, et toujours conduit par des passions intérieures et concentrées, il n'a, de tous les mouvemens de l'âme qui portent à la franchise , que cet amour-propre des scélérats qui les pousse à publier leurs victoires et leurs ruses.

Du reste, convaincu d'avoir eu deux vies politiques, et d'avoir lâchement encensé le despotisme dans un âge où le ressort de l'âme porte naturellement à l'indépendance ; enfin, tellement couvert de mépris qu'il en était cuirassé : c'est lui (jui a écrit que la vertu ne pouvait avoir d'autre base que la réflexion.

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