BRISSOT
Brissot, doué d'une intelligence facile, d'une suite de caractère remarquable, de cette ruse qui naît de la malignité jointe à un esprit froid et calculateur, était, du reste, sans génie, sans imagination; son âme, naturellement froide et insensible, s'était encore blasée et dégradée dans les emplois les plus vils.
Nul n'a professé avec autant d'impudeur le mensonge et la calomnie; hypocrite de philosophie comme d'autres le sont de religion, il voulait introduire, en France, une sorte de kakérisme, sans avoir ni la chaleur d'âme, ni les vertus d'un sectaire.
NECKER. — 8a politique.
La politique de M. Necker avait deux bases, l'une générale et d'opinion; c'était la réputation et la popularité qu'il s'était acquises par son compte rendu, par ses mœurs, par ses écrits, par les soins de sa femme pour les hôpitaux, enfin par l'ostentation de toutes ces vertus si nouvelles en France dans les hommes d'état, charlalanisnle
dont l'effet si douteux dans certains pays qui en ont éprouvé souvent l'hypocrisie, mais infaillible chez un peuple où un ministre l'affeclait pour la première fois.
Sa base positive, matérielle, immédiate, était ce crédit dont il avait voulu faire un besoin h l'état, et qu'il cherchait h lier ostensiblement à sa personne comme un tri])ut payé par la confiance à la vertu, et secrètement ses liaisons avec une multitude de banquiers suisses et genevois qu'il attachait à son existence par des profits aussi énormes qu'assurés.