‹ Œuvres. Publiées (volume 2)Chapitre 96 sur 139 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Fonctionnaires publics.

Je ne connais pas une plus mesquine et une plus fausse opération que celle de réduii'e le salaire du fonctionnaire public. Pour un pays riche et industrieux , si la moins lucrative de toutes les professions est celle du fonctionnaire public , il faut qu'elle tomlje ou entre les mains des liommes très riches , ou dans celles des plus pauvres et des plus incapables; doii résultent la tyrannie ou l'avilissement des fonctions publiques et des lois elles-mêmes.

Il est des places qui ne sont pour ainsi dire que d'honneur et qu'on peut payer médiocremeiiL ou même pas du tout ; mais toutes celles qui sont d'activité et de travail ne seront jamais bien faites , si elles ne sont suffisamment salariées. Les hommes riches n'y sont pas propres, les hommes capables de les remplir placeront ailleurs leur industrie, ou, ce qui est pire encore, chercheront, en occupant ces places , à en retirer des profils illégitimes, de sorte qu'elles ne seront plus occupées que par le riche fainéant , par le fripon

qui sait s'enrichir là où d'autres se ruinent, ou enfin par celui qui ne trouvera que ce moyen pour soutenir sa pauvreté.

Il serait bien mieux de diminuer le nombre des fonctionnaires publics, et d'augmenter leur salaire. Par la diminution du nombre on rendra des citoyens à l'industrie productive , on augmentera la considération des places, on atteindra le but économique , on rendra la responsabilité plus réelle.

L'état actuel pouvait convenir aux commencemens, il formait beaucoup de sujets, satisfaisait beaucoup de \\\\es et d'individus; au défaut de salaire on pouvait compter sur le zèle des premiers momens et l'honneur des premiers électeurs ; mais il faut fonder l'état permanent sur des bases plus durables.

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