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LXXV

De la plaisanterie.

Le mot plaisanterie a des acceptions variées. On plaisante en mentant, seulement pour engager, surprendre, amuser, animer la conversation ; on plaisante quelqu'un, en faisant rire sur son compte.

J'ai vu le simple peuple rire aux grossières plaisanteries de Pierrot, et il riait là où les idées et les images étaient les plus singulières et les plus extraordinaires pour lui, sans passer sa conœption; il riait aussi du ridicule. Le nigaud dupé, le lourdaut maladroit, portaient leur joie aux éclats. Mais là où le travail et l'affectation étaient très sensibles, ils ne riaient plus.

Je crois que la singularité fait rire, parce qu'elle ajoute la force de la surprise à l'action des choses risibles qui l'accompagnent.

Les jeunes personnes, les esprits peu expérimentés ou ignorans, sont en général très portés à rire, ce que j'attribue au caractère de singularité qu'ont pour eux les objets nouveaux. Le ridicule les fiappe plus vivement, parce qu'il les frappe pour la première fois, et ils doivent être enclins à rire, comme ils le sont à s'étonner, à admirer, à s'attendrir, heureux et malheureux de n'être blasés sur rien.

Le ton héroïque appliqué à des bagatelles, rend un effet plaisant, parce que le ton, le langage, la chose, la personne en sont tout ridiculisés et que la singularité de lamalgame ajoute à l'effet.

Celui qui traite, d'un langage et d'un ton sérieux, des objets frivoles, ridiculise le sujet et luimême; il surprend, il est plaisant.

Celui qui avance ou récite d'un air crédule et

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fin des choses absurdes, se ridiculise ; il esl plaisant , si surtout il donne à cola un air de nouveauté.

Celui qui tourne en ridicule est plaisant; il l'est surtout d'ordinaire si c'est lui-même qu'il prend pour sujet.

Le ridicule crée le plaisant, mais la nouveauté, la singularité, toutes les qualités fortifiantes le renforcent.

Étrange pouvoir du ridicule qui nous soumet encore à son impression, lors même que nous savons bien qu'il est simulé ! C'est son image, c'est sa face réjouissante, il suffit ; mais l'impression est cependant d'autant plus vive que l'illusion est mieux autorisée.

Lorsque le ridicule est tellement amalgamé à d'autres modifications, que son expression est puissamment combattue, ou du moins partagée par d'autres, elle devient beaucoup moins vive, ou n'est même pas sensible : supposez la pitié, l'indignation excitées ; le rire fuit, le ridicule est à peine aperçu.

Le talent de Molière fut de saisir les ridicules les plus saillans, et de les présenter à nu avec une imitation exquise.

Certaines critiques se bornent à présenter les défauts ridicules qu'elles parodient, un peu outrés et dégagés de l'entourage qui les cache. On les

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eiinoblil, ou rit de la copie el on ril du modèle, parce qu'uue ressemblance sentie lui fuit attribuer tout ce que présente celle-là.

Celui qui se loue avec excès tourne en ridicule sa prétention déméritée, et cela amuse.

Lorsque des choses saintes, sacrées, etc., se trouvent comparées par le discours à des choses frivoles ou licencieuses, cela les rabaisse beaucoup, et elles deviennent ridicules parce qu'elles reçoivent quelque chose de 1 infirmité de celles qu'on leur appareille.

Des polissonneries en style caustique forment un ensemble qui surprend. Le libertinage prend une dignité qui le rend ridicule, et les idées mystiques se trouvent fort rabaissées par l'analogie que prouvent entre elles et les plus licencieux objets, cette communauté de signes. Ces polisonneries peuvent être très plaisantes; elles reçoivent encore un autre sel des circoaslances, des faits et de la manière du diseur.

Pré vil le saisit ce qu'il y a de ridicule dans votre ton, votre geste, votre dire; il le copie admirablement, et la vérité de la copie ajoute à lelTetdu ridicule découvert.

Il est affecté par votre ridicule, il le marque, et d'une manière burlesque et singulière dont l'impression ajoute il celle de la cause que son sentiment piésumo.

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Les grimaciers font l'ire en se ridiculisant avec singularité. Les burlesques font grimacer leur figure, leurs images ou les tal)leaux qu'ils dépeignent.

Fielding, dans son Jonatam, a ridiculisé quelques qualités, qu'on nomme communément vertus ou grandeur, en démontrant leur afîinité avec les vices les plus bas; et son langage offre quelque chose de risible, parce qu'il adapte des noms pompeux et estimés à des choses viles et méprisables.

On fait rire bien du monde par un art perfide de développer les ridicules, en encourageant ceux qui les portent; alors cet art a toute l'énergie de la réalité : traître et dangereux passe-temps!

On sait que les Iropes sont des figures qui, en énonçant une chose, en expriment une autre, à cause de l'analogie qui est entre les deux; ainsi la métaphore, l'allusion, etc., sont des tropes, or ces tropes peuvent verser du ridicule soit sur la chose qui sert de signe, soit sur la chose indiquée se ridiculisant par le contraste et le reflet des couleurs ; la bizarrerie, la nouveauté de la liaison de deux êtres disparates renforce, par la surprise, le sentiment du ridicule.

Il est des gens qui, formés par l'habitude à discerner avec finesse la face ridicule des objets, et h la peindre avec fidélité ou même exagération, se sont rendus par Ih très amusans.

Le ton hëroïco-sentimental, appliqué à des objets minces, est plaisant par le ridicule qui en rejaillit sur le ton, la chose et la personne. L'énergie de ce ton ajoute encore à la force qui résulte de la singularité de son application.

§ LXXYI.

Suite.

La bonne plaisanterie, variée en ses formes et en ses sujets, comme les oreilles qui l'entendent, reçoit des circonstances et de l'apropos la plupart des inspirations qui la guident. Elle eût été pédante, ennuyeuse, inintelligible, prononcée ailleurs; elle est simple, naturelle, réjouissante, dans le cercle instruit et préparé qui l'entend.

§ Lxxvn.

Les grands traits dispensent des petits.

Un grand trait dispense souvent d'une multitude de petits ; — il en prouve la puissance ; — il en explique la négligence.

Celui qui a de grands laquais et un char magni-

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fique, néglige sa parure et ne porte pas d'or sur lui.

g Lxxvni.

De la louaoge.

L'indulgence fait aimer ; mais louer tout également ôte l'avantage et l'incomparable ascendant qu'on peut obtenir dans la société par une appréciation exquise.

g LXXIX.

De la louange et da blâme.

Souvenez-vous du précepte : malheur h l'esprit faible qui se laisse aller à toutes les impulsions de la louange et du blâme !

La louange et le blâme des autres, leurs conseils et leurs suffrages, nous égarent aussi souvent que nos propres travers.

S LXXX

De rimportance qu'on met aux choses.

C'est un attribut de la faiblesse et de la sottise

(le mettre trop d'importance aux choses, et aussi (le n'y en pas mettre assez.

Si les petites passions des faibles et des forts sont l)lessées, tout est monstrueux ; hors de là, rien ne leur paraît grave.

En fait de danger, ils ne s'attachent point au plus grand, mais au plus prochain.

Les âmes faibles sont susceptibles d'être entraînées à appi'ouver et à partager les plus grands crimes ; il suffit que ce soit la force dominante qui les y pousse et qu'elle conserve les apparences de quelques voiles ou de quelques prétextes légers.

Les avertissez-vous qu'un grand mal est prêt de se commettre , elles n'en veulent rien croire ; elles le nient, car il faudrait faire quelque chose pour le prévenir ; plus il avance, plus votre prévoyance devient inoflicieuse : a-t-il éclaté, quelques prétextes le justifient , ou la prudence fait une loi de fermer les yeux ; il ne faudrait même pas vous étonner qu'on vous accusât d'en avoir donné l'idée par vos prophéties, ou de l'avoir autorisé par les faibles moyens que vous auriez pris pour le prévenir.

Si tout le monde disait : Tout va bien, tout irait bien ; voilà leurs principes.

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§ LXXXI

Du soin (les petites choses.

Il est peu de grandes choses dont la réussite ne dépende des soins qu'on donne aux petites.

Du talent de modifier, du soin des petites choses, de la flexijjililé de l'esprit et du caractère, l'homme de la spéculation peut se passer, mais non Ihomme de l'exécution.

§ LXXXII

Des avautages qu'on se donne.

Il faut un fond de vérité pour bâtir une iiction.

Il faut une certaine fortune pour contracter des dettes immenses.

Aux yeux du charlatanisme, le grand mérite des avantages réels, c'est de faire croire à ceux qu'on se donne.

§ Lxxxm.

Du doute.

L'expression dul>i(alive inditp.ie souvent un es-

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prétendu ; elle indique la modestie ; elle laisse l'opinion libre ; ainsi , elle doit plaire à certains égards. A d'autres, elle laisse aux opinions un vague qui peut être fatigant, elle diminue souvent de l'impression et elle peut déplaire par œs causes.

Le moment , le sujet et les autres accessoires marquent lesquelles de ces propriétés doivent dominer, elles en déterminent l'emploi.

§ LXXXIV

Des dons et de leurs effets.

Quand on nous donne, autant qu'on le peut, nous sommes sûrs du donneur ; nous ne faisons rien pour l'encourager et avoir davantage.

Si l'on ne nous donne pas autant qu'on le peut, nous jugeons qu'on a des destinations multipliées, que d'autres recherchent les mêmes dons , que notre portion même peut nous être ôtée, qu'elle peut aussi s'accroître , et de combien peut-être ! Alors nous cultivons, nous recherchons, nous encourageons le donneur.

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^ § LXXXV

Des refas.

Défiez-vous d'une certaine répugnance à refuser; le refus, décisif à la première demande, est ordinairement le meilleur ; il est moins suspect de mauvaise volonté que celui qui arriverait plus tard . Il expose moins à l'imporlunité et au ressentiment.

§ LXXXVI

De la crainte d'être dupe.

La crainte d'être dupe , le point d'honneur de ne vouloir pas l'être, l'obscure prévention qu'ils ont affaire à de rusés fripons, qui les prennent pour des simples, font de beaucoup d'esprits faibles, étroits et vains, les fourbes les plus impudens.

§ LXXXVII

De la timidité dans les dépenses.

Ceux-là ruinent le fonds en argent ou élisante, qui passent toujours le revenu.

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Mais celui qui, avec une économie habituelle, fera quelquefois des excès de dépense , pourra conserver son fonds entier, et même l'augmenter; et en plaçant sa dépense, ses économies et ses excès h propos , il pourra produire de grands effets.

Il y a des caractères économes, qui, pour n'oser un excès, dépensent beaucoup en détail et inutilement.

Ils ont peu, la grosseur du sacrifice les effraie.

Ils seraient bien iïichés après, s'ils croyaient qu'avec moins ils auraient réussi.

La peur qui trouble le jugement, ne leur laisse pas voir les bornes de leur danger et de leurspertes. Ils craignent tout , et même de ne plus pouvoir s'arrêter.

L'estime d'eux-mêmes et des autres étant attachée à leur économie , à leur modération , à leur lenteur, ils tremblent d'y renoncer et de ressembler à ces hommes qu'ils ont tant critiqués.

§ Lxxxvm.

Des amis.

C'est certainement une chose très imporLante dans le cours de la vie que les amis et les ennemis qu'on trouve à s'y faire.

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Avec une grande réputation et une importance publique, on trouve aisément des liaisons ; si l'on y joint les grandes qualités de pureté, de droiture, de courage, on se fait des amis presque sans y songer, et la sagesse qu'on met dans sa conduite désarme le plus grand nombre de ceux que l'intérêt contraire devrait mettre au rang de nos ennemis. Alors les petitesses de l'amourpropre mises de côté, les manières nobles et simples, la sincérité, l'absence de hauteur tiennent presque entièrement lieu de tous ces soins, de celle exactitude, de cette activité de poursuite nécessaires cà d'autres pour trouver accès, faveur, crédit auprès d'un grand nombre de personnes. On vous pardonne l'économie d'un temps que vous employez bien, une négligence, une indépendance qui tient à de grandes qualités et que la bonté de vos manières explique ; l'amour-propre, rinlérêt, et quelquefois même l'amour du bien vous font, en votre absence, des amis et des gens prêts à vous accueillir.

§ LXXXIX

I)e la lutte contre le faible,

La lutte contre le fiii})le a un cerlain désavan-

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tage, c'est que si l'on est vaincu on est ridicule, et ridicule et cruel si l'on est vainqueur.

S xc.

Conduite eoyers les inférieurs et les servitears.

L'homme faible a besoin de justice ; il désire que sa vertu du moins lui assure quelque chose ; avec l'homme juste, il dépend de lui de n'avoir rien à craindre.

Tes serviteurs t'aimeront pour ta justice, et ils ne feront pas le mal.

Avec le maître qui n'est que bon, il n'y a ni activité, ni retenue, ni crainte.

Avec le juste, il y a crainte, considération, attachement, exactitude.

Ils ne te trahiront pas si tu leur marques confiance et pénétration, si tu te montres habile à juger, terrible dans tes punitions, gracieux dans ta bienveillance.

Qu'ils trouvent en toi protection, ils sentiront qu'alliance veut réciprocité, et ils y répondront par leur dévouement.

Evite de les humilier devant le monde, ils craindront moins de l'être devant toi, ils seront aimans et dévoués.

ËTUI)E$ SUR l'homme. 2^1

Sois si grand à leur égard qu'ils sentent l'inégalité naturelle ; elle adoucira pour eux celle de la fortune, elle te conciliera leur docilité, elle leur fera considérer ta bienveillance, ta confiance, ton approbation, comme de grands bienfaits qui les attacheront à toi par la gloire de l'association.

Ils te seront attachés si, instruits de leurs fautes, et rigide en particulier, tu les honores en public par ton estime : car ils sentiront que leur gloire est un pur bienfait de toi.

Renonce, à leur égard, aux caprices du pouvoir, ne gêne pas inutilement la liberté, et l'obéissance sera douce, et ton pouvoir sera respectable, et on ne songera jamais à le révoquer.

§ xcxi.

Do la familiarité et de l'insulte envers les inférieurs.

Des hommes qui, vis-à-vis de leurs inférieurs, passent de la familiarité à l'insulte, en sont haïs, méprisés et en essuient fréquemment les impertinences.

§ xcxn.

Des domestiques.

Il faut être libéral envers ses domestiques pour T. „.. ^«-

se les atacher; mais il faut obtenir leurs services de leur dévouement : les largesses doivent être amitié et bonté, non récompense.

Avec les serviteurs ordinaires on traite, ensuite d'un marché dont la solution est libre de part et d'autre, qui n'exclut cependant, ni la bonté, ni la douceur, ni la fermeté, ni les autres nuances de traitemens relatives aux situations et aux caractères.

Mais avec les bons seniteurs on traite en vertu d'une alliance. De là Tindulgence, la confiance, l'égalité.

Le serviteur doit obéir en définitive, mais s'il n'est qu'une machine mécanique, il devient aussi incommode qu'inutile. 11 convient donc qu'il sache vous aider de son industrie, vous résister par ses remontrances, jusqu'au degré où vous les voudrez souffrir, et faire par lui-même, sauf votre bon plaisir, tout ce que vous laissez à sa direction.

§ xcxm.

Comment les serviteurs s'honorent de leurs maîtres.

Les hommes sont moins humiliés de l'obéissance, en raison de la grandeur de celui qui leur commande.

A mesure que la dignité du maître s'abaisse, le serviteur se rapproche.

On peut aimer sa servitude et souvent il y a des douceurs h obéir.

Le bon serviteur aime à s'honorer de celui qui le commande, il aime à le considérer et à tirer son lustre du sien.

Il jouit de sa confiance et de son estime. Il s'honore d'être utile et nécessaire à un être qu'il considère.

Il jouit de sa sécurité, il aime à s'appuyer sur son chef, à se reposer sur sa protection.

Quand le maître est juste et bon, l'amour s'attache facilement à lui.

Il est une délicatesse dont l'inférieur vous tient compte, parce qu'il vous est facile d'en manquer; ne l'humiliez pas, soyez juste, mais bon, et que dans les punitions môme, il no puisse jamais voir le désir de nuire ou les passions haineuses : c'est le cœur qui gagne le cœur.

On peut, sans être moins considéré, être accessible et familier avec des nuances et des restrictions relatives aux circonstances, aux caractères, etc., que la réflexion et le fait indiquent.

Il est, en ce genre, de fausses dignités qui sont dureté, petitesse, timidité, sentiment de sa faiblesse, qui parfois n'en imposent guère et éloignent presque toujours rattachement et l'émulation.

On peut garder son autorité sans faire de ses

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serviteurs des automates; cultiver leui' intelligence en les laissant agir en êtres pensans ; leur laisser régler certaines choses; sur d'autres, les consulter; leur permettre la remontrance en certains cas. et n'en conserver pas moins la souveraine puissance à tous égards.

§ XCÏV.

Des choses frivoles.

Les choses frivoles peuvent admettre beaucoup d'esprit et beaucoup de profondeur.

Mais il y a un grand inconvénient pour ceux qui placent là leur génie, c'est qu'il y est moins aperçu que partout ailleurs.

La plupart de ceux qui y excellent ne sont conduits que par l'usage et par le tact; et il faut convenir que, quoique le génie et la spéculation soient les seules voies de l'homme supérieur, ils ne peuvent suffire ici au succès pratique, et le cèdent même, à cet égard, h l'usage et au tact lorsqu'ils agissent séparés.

Plus l'objet du talent est frivole, et plus sa sphère d'influence est circonscrite.

Et, relativement à ces principes, que chacun

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dans sa position étende ou restreigne ce qui mérite pour lui le titre de frivole.

L'intérêt des choses frivoles a besoin de l'entier concours de celui qui les sent, pour leur donner de la valeur. 11 en vient peu de la chose ellemême, de ses etîets, des acclamations qu'elle excite. C'est la finesse, l'exquise sensibilité, l'imagination surtout, qui lui donnent du prix. Or, ces qualités se rencontrent particulièrement dans la jeunesse.

§xcv.

De ramonr du plaisir.

L'amour du plaisir est le penchant de la nature, il fait naître l'amour, mais il soutient faiblement la constance et moins encore l'exacte fidélité; c'est à des principes pris dans l'imagination et le cœur que tiennent ces deux qualités presque étrangères à tous ceux dont l'âme est absorbée par d'autres sujcis, et qui ne sont attirés vers l'amour que par l'empire de leurs sens.

C'est une imagination et une sensibilité vives sur le sentiment de l'amour, qui lui donnent ces beaux accessoires romanesques qui forment un

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