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S VI

De la coquetterie.

11 y a diverses périodes dans la coquetterie des femmes, et dans chaque période des variétés : j'en indiquerai quelques-unes.

Dans la première fleur de la jeunesse, la femme est incertaine et curieuse du pouvoir de ses charmes ; avide d'un encens nouveau, elle désire tout ce qui le lui procure : êti e flattée, être pour-

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suivie, c'est pour elle un besoin, c'est la quantité, l'exagération, la multiplicité des éloges qui lui agréent.

Quand la femme passe vingt ans , arrive pour elle la satiété des éloges, arrive aussi la sécurité sur les charmes ; alors, la coquetterie lassée , le tempéramment développé, le goût raffiné, elle est plus difficile sur la louange, elle en est moins avide, elle est plus disposée h aimer.

Mais quand les femmes comptent déjà par trente, leur vanité se réveille; elles ne s'inquiètent pas alors si la beauté est née, mais si elle existe encore ; comme on se sent décliner, on veut prouver à soi et aux autres qu'on n'est pas déchue ; alors on force de toilette, on affiche les amans , on atîecte l'étourderie ou la dissipation , on poursuit les jeunes gens, comme plus ardens et moins connaisseurs.

Puis vient le moment où les amans fuient, et où il faut renoncer à tout ; alors et en même temps arrive la rancune.

§ vu.

Du senliment religieux chez les femmes.

Certaines femmes pour l'ordinaire, doivent

ëgaletnent à leur cœur, et leur foi et leur incrédulité ; elles croient aux Dieux^ parce qu'elles désirent leur existence; bientôt elles n'y croient plus, parce qu'elles la craignent. Puis elles y reviennent encore, parce qu'elles recommencent de souhaiter, et parce qu'elles désirent des occupations et des sentimens.

S vm.

De la finesse.

La finesse est nécessaire à la femme, ainsi elle aime à en être pourvue, elle jouit de le croire , l'opinion des autres à cet égard rassure la sienne ; elle en est flattée ; accoutumée à s'en voir louée, considérée, elle y place encore sa gloire. Comment celui qui oserait lui refuser cette qualité pourrait-il ne pas lui déplaire?

De l'éloignement des femmes pour les hommes sans caractère.

Comment aussi la femme ne haïrait-elle pas le caractère humble, docile, doucereux? Outre la

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protection qu'il n'offre pas, et la pruderie qu'il ne satisfait pas, il ôte tout le charme de ces actes, qu'il est si doux aux femmes de s'attirer par le pouvoir de leurs attraits, de la part des hommes dont le caractère est opposé.

Sx.

De la pruderie.

Les femmes sont presque toutes plus ou moins prudes. L'une veut qu'on la croie sage, lorsqu'elle ne l'est pas; une autre demande seulement que l'on attribue à son cœur les défaites dont son tempérament est seul coupable; une troisième, plus modeste encore, veut charger son tempérament des écarts d'une imagination peu réglée.

Mais il est d'autres femmes qui, secouant absolument le frein importun des préjugés, mesurent leur gloire sur l'opinion qu'elles donnent de leur audace.

L'amour de l'estime fait aussi cacher «à certaines femmes des fautes qu'elles commettent avec délices. Au reste, on doit rendre cette justice aux prudes, que c'est rarement à leur propre es4ime qu'elles en veulent, et que le plus ou moins de

ÉTUDES SUR l'homme. ^

philosophie dont leurs sociétés et leurs maris font profession sur cet article, sont pour l'ordinaire la mesure du degré de leur fausseté.

§ XI

De la jeune ûUe.

Les premiers regards d'une jeune vierge ne s'adressent pas au plus aimable des hommes qui lui sont connus, mais au plus aimable de ceux qui l'encensent.

Les premières palpitations de l'orgueil sont un doux bienfait dont son cœur vous garde la récompense.

Elle est timide, et c'est l'impression qu'elle a faite sur vous qui la rassure et l'amène; elle est encore craintive, elle est méfiante de ses charmes, méfiante de sa maladresse ; sa coquetterie accepte les prises que lui envoie le hasard, elle brûle de lès retenir ; son cœur ingénu bat de plaisir et de bienveillance , mais elle n'a encore ni la hardiesse qui attaque, ni le caprice qui se passionne pour ce qui lui est refusé, ni Fcgoïsme de l'amour-propre abusant de son pouvoir, ni l'énergie qui juge et choisit par elle-même.

Elle marche sur les pas de la nature, de la bonté, de la crédulité, de la timidité.

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§XH.

Du commerce des femmes.

Vivre avec les femmes, c'est mêler à toutes les actions le but de leur plaire, et les moyens qui l'effectuent. Nous tachons pour cela d'obtenir les qualités qui les séduisent, nous désirons le renom de ces qualités, et la célébrité qui les amorce.

Pour plaire aux femmes, il faut les écouter, s'intéresser à leurs intérêts, se plaire où elles se plaisent, en un mot leur ressembler; de cette manière on apprend à voir comme elles les objets qui fixent leurs yeux , et c'est ainsi que les hommes deviennent femmes.

Les passions morales perdent à mesure que s'étendent les passions féminines. — Le repos, le raffinement, les commodités énervent.

Pour ne blesser jamais, pour chatouiller toujours et flatter à toutes les nuances ces êtres également délicats sur le plaisir et sur la douleur, il faut que la sensibilité devienne exquise, que les facultés s'assouplissent, et que toutes les forces s'évaporent.

§ XIII. Suite.

Le Français est celui qui vit le plus avec les femmes ; de là, il contracte la forme propre à leur plaire ; il se mêle h leurs intérêts et s'impreigne de leurs passions; il se polit au gré de leur délicatesse et de leur vanité.

Le goût des femmes, et celui des hommes modelé sur le leur, peut influer sur le caractère faible, fin, timide des productions littéraires.

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