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CHAPITRE m

Activité et repod

De l'exaltation.

J appelle exaltation cet état d'activité extrême où notre organisation sensible, vivement agitée, échauffe nos fluides, remue nos humeurs, excite la transpiration, presse la circulation. Cet état, lorsqu'il est de peu de durée, dégourdit nos organes et tient lieu d'exercice ; mais prolongé ou trop fréquent, il épuise, il appauvrit, il dessèche.

On le fait cesser en prenant des lotions froides, en chargeant son estomac d'alimens, en avalant de leau très fraîche. Cette dernière méthode est celle qui, pour l'ordinaire, offre le moins d'inconvéniens.

Les jeunes gens sont très sujets à l'exaltation. Elle est l'effet des passions, de caïmans irritans, des veillées, de tout ce qui exalte le genre nerveux ; elle affaiblit la constitution et ôte le som-

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meil. Mais elle peut être utile de temps à autre pour entretenir le ressort et la souplesse des faculle's.

De la Yi?acité.

L'ardeur et la vivacité naturelle abrègent peutêtre la vie de l'homme, mais pour l'ordinaire elles se conservent jusqu'au tombeau.

Si elles sont factices, elles l'éteignent et l'énervent avant la vieillesse.

Rien ne détruit les facultés actives et sensibles comme une existence oisive et spéculative, où l'homme qui n'est point ému, point poussé, point occupé par les circonstances, cherche dans les esprits et les aromates des émotions, des occupations, une activité spontanée.

Tel est l'homme dont l'esprit et la situation ne s'ont pas d'accord. Il tombe ou dans l'excès de ces choses, ou dans l'apathie ; le plus souvent il partage ses raomeiis entre l'un et l'autre.

De l'eiercice.

L'exercice raffermit les nerfs, il fortifie les muscles, convertit les graisses en chairs denses, et chasse la sérosité; il facilite et augmente la circulation, prévient et guérit les obstructions.

Lorsqu'il est trop violent pour l'individu et la situation, il dérange les organes et les opérations.

Lorsqu'il est trop considérable par rapport à l'individu, il l'épuisé, l'affaiblit et abrège la vie.

S'il est habitude constante, il devient à la longue un besoin; sa privation produit l'inquiétude; il est agent de circulation, de transpiration; ces choses cessent par son absence. Il hâte peut-être la vie et rapproche la vieillesse en raison de sa quantité, en môme temps que par d'autres raisons il fait durer celle-là et rend celle-ci vigoureuse.

L'exercice particulier d'un membre y appelle la nourriture et le grossit; il est un point où il commence à l'épuiser ; il hâte la vie de ce membre, mais le conserve aussi par d'autres raisons. L'effet dominant dépend des circonstances; il fortifie ou épuise les autres parties du corps, selon le membre exercé et le degré d'exercice.

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De réchauffement.

L'échauf renient qui est un état d'irrilalion de certaines parties, se guérit ordinairement par l'eau fraîche, sans qu'il en résulte aucun inconvénient.

De rinquiélude.

L'inquiétude et la faiblesse du caractère tiennent beaucoup au physique; mais comme si l'homme devait arriver par toutes les routes à ce défaut, en effet, si commun , on en rencontre la source dans des constitutions très différentes.

La mobilité du genre nerveux en est la cause la plus ordinaire, elb embarrasse l'esprit et le caractère d'une broussaille de petites idées et de petits intérêts, qui évitent les grands traits et empêchent de s'y attacher. Elle crée une sensibilité impatiente et spontiinée, toujours prêle à s'alta-

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cher à tout, à créer de l'importance à ce qui n'en a pas, à grossir comme au microscope le germe de toutes les petites passions qui s'attachent aux petites choses. Libre, énergique, puissante, l'inquiétude prend un autre caractère, se fortifie, s'élève et se livre du moins à de plus grandes folies. Voluptueuse, elle est pleine de sécurité; présomptueuse, bonne. C'est surtout la gêne, la faiblesse, la souffrance, qui lui donnent ce caractère de dépit, de jalousie, d'humeur.

Ce sont, au reste, ici, les principales dispositions physiques que les causes morales peuvent beaucoup modifier.

Mais une faiblesse et une finesse qui se lient à des constitutions très molles donnent des dispositions assez semblables , telles que la taquinerie , l'humeur, des mouvemens d'impatience, d'aigreur, de méchanceté.

Au reste, ces passions sont plus passives dans ces constitutions-ci, plus actives dans celles-là.

§ VI

Délassement des travaux moraux.

Le délassement des travaux moraux s'opère par une distraction peu pénible, telle que celle qui

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résulte de la conversation , et d'un exercice modéré des organes les plus éloignés de la tète, tel que la promenade ; un air frais, électrique, c'est-à-dire resserrant et un peu tonique est aussi très propre à cet effet; il rétablit le jeu de l'organisation, assied le système nerveux, et répare d'ailleurs les mauvais effets de l'air nuisi})le qui règne presque toujours dans les lieux d'étude.

Du repos.

On a beaucoup considéré les avantages de l'exercice, mais pas assez peut-être ceux du repos.

Il en faut à tous les organes en particulier.

Surtout, il ne faut à la machine qu'une certaine masse d'activité générale , et ne pas penser qu'en se subdivisant entre plusieurs organes, elle se modère.

Les tempéramens qui ne s'irritent pas, sont moins sujets aux excès, parce que la nature s'arrête ; mais si c'est faute de moyens, comme de nerf, ou de principe chaud, les excès que les tempéramens commettent^ les épuisent davantage.

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