‹ Œuvres. PubliéesChapitre 42 sur 88 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Influences de ratmosphèrei De l'influence de l'atmosphère sur le corps humain.

Le vent du midi est chaud, il développe , échauffe, excite facilement la transpiration, creuse l'estomac, presse la digestion.

Dans le commencement, il donnera plus de force et surtout plus d'activité à toutes les facultés, mais à la longue, par une déperdition et une transpiration trop fortes, il appauvrit, échauffe et épuise.

Le vent du nord est sans humidité; il est doux, régulier, maintient la force, l'assiette, l'équilibre, les solides fermes, les fluides calmes, la circula^ tion et la transpiration régulières et tempérées ; c'est le temps de la santé.

Il est favorable à un travail régulier et tranquille, mais il ne procure pas ces élans et cette exaltation que donnent une forte chaleur et des vents pénétrans.

556 ÉTUDES SUR l'homme.

Le temps serein avec brouillard humide, est très relâchant.

De riufluence de l'atmosphère, à raison des différences de lieux.

Un air sec et vif, tel qu'on le respire principalement dans les lieux élevés, produit le nerf et toutes les qualités qui en sont le résultat, c'est-àdire force nerveuse, liberté dhaleine, netteté d'idées, sagacité. Il produit aussi la maigreur ou plutôt la composition sèche, dense et sul^stantielle.

Un air gras, mêlé de brouillards, tel qu'on le respire sur les bords des grandes rivières , produit une substance graisseuse et humide dans la composition, il nourrit par lui-même et cependant invite à manger.

Un air très variable dans sa température, sa direction, sa composition, tel qu'on le respire dans des lieux où se réunissent plusieurs vallées diversement dirigées , au pied des montagnes couvertes de neige, situation si ordinaire au voisinage des Alpes, produit les variations fréquentes dans la situation des organes, l'irrégularité de la

ÉTUDES SUR l'homme. 337

transpiration et tous les maux qui en résultent, tels que maux de gorge, de dents, maladies de la peau. Il produit des races d'hommes avec un nerf médiocre, sans embonpoint et sans fraîcheur.

L'air chargé d'humidité, tel qu'on le respire dans le voisinage des eaux stagnantes, rizières , étangs, marais, produit faiblesse de fibre, composition humide, sans embonpoint et surtout sans fraîcheur; formes assez souvent alongées, démarche molle, parler lent ; ni courage, ni générosité, ni franchise ; esprit ordinairement sans chaleur et sans force, mais non dépourvu d'une certaine sagacité et surtout de finesse et de ruse ;

disposition fiévreuse, brièveté de la vie Ceux

qui nés dans une autre atmosphère viendront habiter celle-ci, éprouveront une partie de ses effets.

Dans celte atmosphère, les animaux sont comme les hommes, et l'espèce y est dégradée , tel est le cheval.

Effets de la chaleur sur le corps humaia.

Le premier effet de la chaleur est de dilater le T, m. 22

33$ ÉTUDES SUR l'homme.

sang sans relâcher les solides, c'est l'effet du printemps.

Le deuxième est de développer les organes ou de les affaisser suivant la conformation , c'est l'été plein.

Le troisième est l'appauvrissement et le dessèchement du sang, c'est la fin de l'été.

La grande chaleur influe sur les solides en les relâchant, et sur les fluides en les dilatant, les desséchant , les appauvrissant ; c'est la réunion de ces deux causes qui opère en général les maladies qui régnent à la fin de l'été.

Pour parer au rel-àchement et même quelquefois à la transpiration, on prend souvent des alimens acres, toniques, échauffans, qui peuvent produire pour le moment l'effet désiré, mais qui cependant augmentent l'effet de la chaleur et de la transpiration sur les humeurs. La fatigue ajoute aussi puissamment aux effets des mêmes causes.

Le régime qui combat l'effet de la chaleur est celui qui agite peu le sang, qui le condense, le lie, le congèle, qui répare la partie humide, et cependant, loin de relâcher les solides, entretient le ton de la fibre.

Le lait, les végétaux, sont la principale nourriture des pays chauds.

Les fruits bien mûrs.

ÉTUDES SUR l'homme. 339

Les farineux ; — le pain ; — le chocolat ; — les boissons acidulées.

L'eau pure est en général nuisible, l'eau chaude encore plus. Un régime trop aqueux est relâchant et dissolvant, il l'est beaucoup plus lorsque l'eau s'y trouve pure.

Il faut une quantité modérée de toniques.

Ce régime peut se diviser en deux espèces , l'humide et le sec. Le premier , composé de fruits frais, de riz, d'orge, etc. Il ne convient qu'au repos ou à un exercice doux. Quoique aromatisé, il ôte les forces et entretient un fond aqueux qui se fond à un exercice violent. L'autre se compose de chocolat, de fruits secs ou confits, de froment, d'une petite quantité de viande faite, régime avec lequel on soutient les travaux les plus pénibles et qu'il faut seulement garantir de l'inflammation en employant à propos ces acides rafraîchissans que la nature a presque partout rapprochés de l'extrême chaleur ; mais ce régime demande de la sobriété, la trop grande quantité engendrerait infailliblement la pléthore et l'inflammation.

Une chaleur forte et surtout avec un air étouffé et sans ressort, dilate prodigieusement les humeurs et les fait fermenter, en même temps qu'elle diminue l'action des solides sur elles. Travaillant sur un fond riche, elle développe une grande force

340 ÉTUDES SUR LHOaiMÈ.

sanguine; elle produit la chaleur erotique, la chaleur de tête, mais sans netteté, et avec insomnie. . .

Cet état use la machine de plusieurs manières : il occasionne une forte dilatation dans la peau, dans les mcmhranes, en un mot, dans toutes les enveloppes. Il les relâche, les amollit et les ride lorsque son effet est passé.

Le remède ou le préservatif de cet état est dans la sobriété, les caïmans, les acides.

De la transpiration.

L'inhabitude de la transpiration , produite par une athmosphère habituellement froide , prévient les maux qui résultent de son interruption. C'est par une scholie du même principe que l'exposition habituelle au grand air, garantit des maux que son action produit quelquefois. Il en est de même de Thumidité, soit que les organes se blasent à ses impressions, soit que par l'exercice ils acquièrent la force de les repousser, soit que le resserrement de la fd^re opère seule tous ces effets.

ÉTUDES SUR l'homme. 341

Suite.

La transpiration insensible est une excrétion naturelle et nécessaire ; il est bon que les facultés se rendent capables de l'entretenir avec le plus parfait équilibre.

Mais la forte transpiration et la sueur sont nuisibles , soit comme signes et causes de faiblesse, soit à cause des maux qui accompagnent leurs variations. Il est bon d'accoutumer les facultés à s'en passer et même à y résister autant qu'il est possible.

S'il y a suffisamment de ton , la nature chassera par d'autres voies les humeurs qui s'y destinent.

Non seulement la suppression des sueurs n'est pas contraire à la transpiration insensible , mais la même force qui supprime les premières, contribue à entretenir l'uniformité de celle-ci.

C'est par la vigueur jointe à une souplesse et à une humidité suffisantes , qu'il faut travailler à entretenir la transpiration.

5&2 ÉTUDES SUR l'homme.

§ VI

De rbamidité.

L'humidité froide el surtout aux pieds, œntrarie éminemment les fonctions vitales et contribue à tous les dérangemens qui proviennent de leur interruption, de leur imperfection.

Il sera avantageux de s'y aguerrir dans les situations où la constitution vigoureuse n'ayant rien h en redouter, ne recevra de son a liaque que l'habitude d'y résister ; mais il sera très convenable de l'en garantir dans les momens de faiblesse ou de dispositions maladives, où loin de la fortifier, cet ennemi extérieur ne ferait qu'y introduire un désordre, propre à augmenter sa faiblesse, pour le présent et pour lavenir.

ÉTUDES SUR L nrOîWME. 343

Page 1