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CHAPITRE ni

fiitâéi*atcii*e.

Des anciens aoteurs.

La plupart des auteurs anciens vantés, paraissent avoir eu pius de goût que de génie. Leurs ouvrages sont plus purgés de défauts qu'ornés de beautés fortes , extraordinaires et originales , en quoi ils sont précisément opposés h l'espèce de mérite qui caractérise principalement les grands poètes anglais.

De diverses natures d'écrivains.

Il est des écrivains dont les touches déliées ont besoin , pour émouvoir, d'être en quelque sorte

introduites dan^ le sentiment par une intelligence fine et pénétrante.

Il en est d'autres qui ne prennent pas auprès de certaines gens, parce que le germe des impres-r sions qu'ils veulent produire nest point en eux.

Il est ensuite des touches fortes , prononcées et d'une efficacité générale , destinées aux lieux publics , à la chaire , au théâtre , au barreau ; elles sont faites pour le peuple et la perspective ; elles se saisissent au débit. Ces touches puissantes auprès de tous les hommes, le seront aussi pour l'ordinaire sur tous les siècles. Elles font en poésie les réputations durables et générales ; les premières font les passions particulières, car ce qui convient à tous, plaît rarement aussi vivement h un seul.

De l'art chez diffcrcns peuples.

Il faut peindre la nature au moment où on en est saisi.

Alors un coup de pinceau dit plus que tout autre chose.

L'art pur, l'art dépouillé de cette mousse, de cette vapeur toujours altacliée à la nature qu'on

veut imiter, est comme ces dessins exécule's en serrurerie, froid, sec, chargé de toute la tristesse, de toute l'affectation d'un artifice régulier, grave et calculé.

Mais les émotions surtout, sont ennemies de celte stricte et correcte régularité.

L'Anglais emprunte presque tout de sa tète, et le fond et la forme de ses productions.

On ne peut dire que le Français les puise toujours dans son cœur ; — son guide le plus ordinaire, c'est l'habitude et la convention.

L'Italien est plus servilement imitateur ; la littérature est pour lui une nomenclature de formules ; mais étranger à tout sentiment du bon et du vrai , il dégrade souvent tout ce qu'il imite.

L'Espagnol fut original autrefois.... la tête domine dans ses productions ; mais avec un caractère très distingué de la manière anglaise, avec une imagination impétueuse , impatiente , excessive, passant des chimères de la subtilité, aux chimères de l'exaltation , il s'élance toujours loin de la réalité. Peu philosophe dans le raisonnement, mais naturellement pénétrant et peut-être sage sur le fond des choses ; romanesque par inquiétude et par manie ; exalté avec ardeur, il est attaché à ses préjugés, parce que la nature, souveraine chez lui, met dans ses organes, du sentiment, de la passion, une action continuelle, et

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une tension spasmodique qui interceptent toute liberté dans les routes de l'entendement.

Les peuples de ces climats pourraient devenir philosophes pratiques, par habitude et par caractère.... Mais nos froides théories métaphysiques n'auront jamais de grands succès chez eux. — Spéculer froidement , c'est directement contre leur nature; nous avons un homme chez nous qui semble le type de leur caractère de tête : c'est Montesquieu; or, Montesquieu avait la plus haute imagination, le plus fidèle , le plus riche, le plus profond sentiment des choses qui se soit vu dans notre nation ; mais le dernier pédant de V Encyclopédie était plus métaphysicien que lui. Au reste, ici comme dans les esquisses qui précèdent, je trace le caractère général et je n'ignore pas que chezceshommesélastiquesetbrûlans, lanaturedoit créer, moins rarement peut-être qu'ailleurs, ces êtres extraordinaires, par les faveurs de la constitution et des circonstances, qui portent avec aisance un poids immense de pensées, et semblent réunir tous les talens par une inspiration surnaturelle.

Les anciens seuls ont senti et peint la nature : eux n'étaient ni dans les régions spéculatives et factices de l'homme artificiel, métis, sans origine et sans caractère, ni dans les régions imaginaires de l'homme dépravé, qui fuit sur les aîles de l'enthousiasme, les tristes et dégoûtantes réalités qui

l'environnent; eux vivaient au milieu de la nature, hommes des choses autant que des pensées ; attachés à ce qu'ils possédaient dans toute la vérité de leur âme , ils ne distinguaient point une manière de vivre et une manière de dire : les mêmes affections qui remplissaient leurs momens , nourrissaient leur âme dans le courant de la vie , et formaient les élémens de leurs productions : l'homme et l'écrivain n'étaient pas deux.

Leurs écrits ne sortaient donc pas seulement de leur têle, mais de leur cœur, de leurs sens.... ils étaient un extrait d'eux-mêmes.

Aussi représentent-ils la nature dans toute la vérité, et dans la plénitude de son ensemble.

J'ai dit que les choses qui entraient en nous par les portes du sentiment et de l'imagination, se fixaient dans le souvenir.

Il est certain aussi qu'elles se conçoivent avec plus d'aisance , avec plus de délices et moins de labeur; qu'elles réveillent l'attention et la corroborent , et donnent tant de vie à l'entendement qu'il s'en étonne et vous remercie avec une délicieuse satisfaction.

Il n'appartient qu'au sage de penser ; mais tout être sensible et voyant, peut peindre.

La théorie d'un homme de génie , je la dévore ; mais à l'esprit ordinaire, je ne demande que des faits, et les descriptions les plus naïves.

§ IV

Des gens de lettres.

Le sort des gens de lettres , parmi nous , peut se partager en trois âges : pendant le premier, l'imperfection de la littérature ne lui permettant d'offrir ni des plaisirs vifs, ni une utilité réelle, elle dût être faiblement estimée; eût-elle d'ail- ^ leurs possédé ces avantages au plus haut point. L'ignorance , les systèmes et le caractère des Français de ce temps ne les leur eût laissé ni priser ni même apercevoir. Il n'est donc point étonnant que le mépris où vivaient alors ces talens et ceux qui les possédaient , ne fut que très rarement interrompu par l'arrivée dun homme de génie, à qui le hasard donnait un homme puissant , capable de le distinguer et de devenir son Mécènes par goût ou par vanité.

Lorsque les progrès de la littérature , ceux de l'instruction , parmi la nol)lesse surtout, l'exemple de François I^', engagèrent la nation à accorder quelque encens à l'esprit el aux belles connaissances, le sort de ceux qui les cultivaient devint un peu plus agréable. Pendant ce second

âge, que je fais durer jusqu'au règne de Louis XIV, les gens de lettres obtinrent des pensions : on parut les rechercher. On les protégea, pour avoir l'air d'apprécier l'esprit et d'en avoir soi-même ; mais jaloux à l'excès de la considération et du respect, trouvant plus noble de protéger les beaux esprits, que glorieux de se mettre à côté d'eux, les grands dont ils ne savaient point encore enchaîner les égards, les traitaient avec une bonté hautaine , plus faite pour flatter la vanité d'un homme du peuple , que la fierté d'un être pénétré de sa dignité.

Enfin les lettres acquirent encore plus d'influence ; les gens de lettres devinrent plus précieux parce qu'on aperçut en eux les dispensateurs du plaisir et de la gloire. Plus habiles, ils surent mettre à profit ces moyens de captiver les égards ; l'habitude de vivre dans le monde leur avait donné ses goûts ; la vanité leur fit un besoin de la considération ; instruits par l'expérience, de l'empire qu'ils pouvaient exercer sur les opinions , ils en profitèrent pour ennoblir leur état ; ils étaient devenus plus puissans et plus politiques : ils devaient être mieux traités.

L'exemple du prince favorisa leurs ^nles. Louis XIV, sentant que l'âme des honunes de génie, avides de gloire et de considération, ne pouvait être mue fortement que par ces ressorts, les

leur prodiguait avec noblesse, en même temps que sa prodigalité accordait à quelques-uns d'eux, cette aisance si nécessaire pour se soustraire au mépris de la multitude : les grands alors ne craignaient plus de se rabaisser en traitant d'égaux des gens honorés de la familiarité du prince; et l'adulation et la vanité saisirent ce moyen de lui plaire et de s'assimiler à sa grandeur en l'imitant.

Des hommes de qualité trouvèrent bientôt la gloire qui résultait de l'esprit et de la littérature assez brillante pour vouloir la partager; cette association avec les titres, l'ennoblit encore dans l'opinion commune , et ceux qui avaient le plus résisté à la pente générale des mœurs , s'accoutumèrent enfin à réunir, sur le même objet, leur admiration , leur estime et leur respect ; on cessa de s'avilir en procurant aux hommes les plaisiis les plus précieux à une société policée.

Avides de la conversation charmante, du commerce doux et voluptueux des beaux esprits ; avides de la gloire qu'ils dispensaient par leurs éloges, les grands firent tout pour obtenir ces faveurs, et elles ne furent accordées , par les plus célèbres, qu'au traitement de l'égalité, et à des égardsdélicats ; caràmesurequ'ilsseibrmaientaux passions des gens du monde, les hommes de lettres devenaient plus scrupuleux pour ces choses.

Ce progrès des mœurs s'est étendu de plus en plus; la philosophie et les sciences ont partagé les avantages prodigués aux lettres; les unes et les autres exigeant un degré plus saillant pour élever un homme au-dessus de la foule innombrable de ceux qui les cultivent, lui ont aussi concilié la gloire et la considération la plus brillante; car, par une marche rapide de changement dans les opinions , dans les idées et les passions , l'encens et les autres avantages du mérite personnel, acquièrent chaque jour un éclat nouveau. A mesure que par l'égalité que la pente de notre gouvernement restitue peu à peu entre les hommes, le rang absorbe moins d'hommages. Il semble que l'or et les qualités naturelles se disputent ses dépouilles , et établissent entre les hommes les degrés d'influence qu'autrefois il fixait presque seul. La littérature jouit peut-être aujourd'hui d'un sort un peu inférieur à celui des sciences naturelles ; c'est que notre siècle, par un effet nécessaire de sa constitution , traite celles-ci avec plus d'estime; c'est que la nouveauté relève leur prix; c'est que le partage du siècle qui les crée, est aussi de les concevoir, d'en sentir le prix et de les estimer le plus; c'est qu'il n'est point pour elles, comme pour les productions littéraires dans les ouvrages des morts , des objets de comparaison qui les eifacenl.

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Le grand monde est pour les beaux esprits une pépinière d'arislarques , doués , pour l'ordinaire , du goûl le plus fin, d'un sentiment exquis sur notre langue ; ceux qui le composent , aperçoivent des imperfections légères avec une sagacité désespérante. Il est presque impossible de réussir dans certitins genres, sans un grand usage du monde ; on discerne le style d'un écrivain, homme du monde, de celui qui, solitaire ou rélégué dans une autre classe, ne participe point aux bienséances, à l'élégance, aux grâces de la diction épurée qu'on emploie dans la bonne compagnie. Celle-ci, choquée des plus faibles maladresses, d'autant plus qu'elle y est moins habituée, les apprécie souvent trop; mais sa sévérité désespère, parce que c'est surtout son approbation qu'on recherche. Le style n'est pas la seule chose sur laquelle elle soit pourvue d'autant de rigidité que de finesse ; tout ce qui est soumis au jugement de la délicatesse, destiné h la flatter, trouve les mêmes difficultés auprès d'elle, et cet écueil terrasse tous ceux qui, sans être doués des mêmes dispositions que ce juge, osent lui consacrer leurs travaux.

A mesure que la pénétration sévère des juges les rend plus redoutables , la difficulté de la matière augmente. L'amas des modèles rend les plagiats presque inévitables. Le raffinement des

îOO ÉTUDES LITTÉRAIRES.

mœurs rend plus pénible chaque jour la tâche de celui qui prétend les peindre.

Chacun s'instruit, meuble sa mémoire, exerce son imagination , perfectionne son esprit , et connue lesliine que nous accordons aux livres est en grande pariie le produit de la comparaison de lespiit de 1 auieur au nôtre, celui-là a besoin de faire de grands progrès pour conserver avec calme un rapport qui l'honore. On prise moins un homme qu'on égale, que celui dont on aperçoit la hauteui" sans pouvoir y atteindre. Pour produire une admiration réelle, il faut sans doute de l'intelligence et des connaissances ; mais peut-être les faut-il bornées?

Ce n'esl-là qu'un petit nombre des innombrables causes qui font que peu de littérateurs captivent au jourdhui l'encens du public, et que la foule d'entre eux croupit dans le mépris, ou languit dans un oubli total.

Peut-ùlie serait-ce en cherchant à faire éclore de nouveaux genres, à frapper les sens d'une manière cncoie inconnue, qu'on parviendrait h les réveiller et que la reconnaissance qui feraient naître quelques impressions vives et voluptueuses, accorderait en retour une réputation brillante; il serait possible que ces essais présentassent des imperfeclions saillantes dont le goût serait choqué ! Mais répoiidrai-je , c'est qu'on ne fait point d'iin-

pressions fortes , si l'homme de sang- froid conserve un goût sévère; rhoinme admire, rend grâces et ne fronde pas. lorscpie sa sensibilité est vivement alleclée.

Toujours demeure-t-il incontestable, que le système actuel ne peut accorder qu a beaucoup d'efforts, ou à des circonstances heureuses, une place élevée sur cet horizon, où parviennent les rayons de rillustralion.

Influence de la secte philosopbiqae sur la littératare en général.

La secte philosophique de nos jours a eu la pédanterie, l'orgueil contempteur, l'insensibilité de cœur, les abus de théorie, l'esprit réformateur et innovateur sans examen, sans notions suffisantes.

Voyant les préjugés des hommes, voyant l'obscurité des sources de leurs connaissances, les philosophes ont tout traité de préjugé, ils ont renversé toute l'autorité de l'opinion.

Ils recommandaient sans cesse l'observation de la nature, et sans cesse ils s'égaraient dans les écarts où conduit l'insuffisance des observations . — Abus presque nécessiûre des études spéculati-

ves, ils raisonnent beaucoup leurs notions ; mais ce qu'ils savaient fournissait trop peu de nourriture à l'activité de lintelligence.

Penser, au lieu d'apprendre; ne croire h rien, juger d'après soi, raisonner tout, telle a été noire marche; et puis, l'enthousiasme, les écarts, les vices, tous les excès d'un tel esprit se sont répandus dans le monde; les jeunes gens surtout l'ont accueilli, l'ont exagéré; les influences bonnes et mauvaises se sont montrées sous une multiplicité, sous une variété de formes qui voudraient un grand livre pour être décrites.

Ces mêmes hommes ont eu la dialectique, Tordre, la précision , l'étendue , la vérité des abstractions et tous les autres avantages d'une saine métaphysique.

Le monde a reçu d'eux un nouveau langage comme un nouveau caractère ; les expressions sont devenues précises, froides, libres, selon les circonstances ; il en est résulté une pédanterie particulière , des innovations de langage, des formes métaphysiques.

On a réformé beaucoup d'erreurs, on est devenu moins crédule , on a eu beaucoup moins de choses et on les a beaucoup plus raisonnées.

Mêlées à cette ignorance, à celte liberté d opinion, à cette tournure spéculative, la faiblesse des cœurs et des têtes a entraîné l'homme dans des

écarts multipliés et bizarres; ainsi, V les systèmes se sont multipliés sans bornes en tout genre; 2° on a vu naître toutes ces folies métaphysiques du magnétisme, du martinisme, des enthousiasmes religieux.

Les temps d'ignorance créent les préjugés palpables , les temps des sophistes créent les écarts métaphysiques.

L'esprit didactique , analytique, s'est placé luimême oij il devrait se trouver le moins ; les héros tragiques sont devenus philosophes , les passions se sont exprimées par maximes ; la poésie, nourrie de métaphysique, s'est desséchée ; le langage de la tête mis à la pface de celui des sentimens et des sensations, n'a tout au plus substitué à leur onction, à leur chaleur, que le brillant de l'enthousiasme.

Influence de l'esprit philosophique sur la poésie.

Aux conquêtes de l'esprit philosophique, l'esprit poétique a beaucoup perdu. Quelques vérités poétiques se sont découvertes; mais les champs de l'imagination . les arsenaux inépuisables de

IC/i ÉTODES LITTÉRAIRES.

cliiinères, de songes sans nombre et sans bornes ou leurs figures fanlastiques, où le poète choisissait à son gré des armes toujours nouvelles et toujours siireS; se dépeuplent, et leur souvenir même va disparaître de la mémoire des générations.

La manie du vrai étouffe, un moment du moins, l'empire des erreurs agréables.

Non seulement l'esprit se prête à regret aux illusions , mais perdues pour l'opinion , leur crédit, privé de son principal appui , tombe de toutes les manières ; l'art dédaigne de les employer, la mémoire de les conserver...

Les fées, les esprits, les revenans, les ombres, ne jouent plus de rôles.

Les religions s'évanouissent avec toutes leurs richesses.

Erreurs brillantes , erreurs sentimentales, erreurs de l'imagination et du cœur ! l'homme s'enorgueillit vainement d'avoir secoué vos chaînes, soulevé vos voiles Votre esclavage est à regretter.

Telle qu'une maîtresse tyrannique! sous ses lois, l'homme était esclave , aveugle ; mais il était sentant et occupé... Sa vie ne s'écoulait pas alors dans une course forcée ; après l'intérêt qui le fuit , les émotions venaient le chercher et valaient encore mieux que notre laborieux néant.

On a dédaigné les religions ; il a fallu pour la

poésie , il a fallu pour tromper le cœur, personnilier les êtres abstraits, créer des dogmes nouveaux , tellement que le cœur et la tête recommencent déjà à s'y tromper, et que de nouvelles religions sont à leurs berceaux.

Privés de leurs alimens, les esprits enthousiastes n'ont pas long-temps enduré la faim; saint Martin et Mesmer la satisfont , en leur fournissant à profusion de nouvelles et insipides erreurs. La Grèce leur offrit mieux; mais le grand appétit fait tout passer.

Les illusions, comme tout le reste, tiennent de l'esprit du temps. Celles d'aujourd'hui sont métaphysiques, didactiques.

Il est une période de mœurs et de connaissances qui conduit l'homme à la métaphysique ; règne-t-elle? toutes les extravagances prennent cours.

De Tatilité de connaître les causes des grands effets oratoires.

De grands effets doivent avoir été enfantés par des causes puissantes ; l'état des circonstances avec lesquelles ces causes ont été combinées peut avoir,

OU plutôt a nécessairement coopéré à la grandeur (le ces effets ; mais il nen est pas moins possible et vraisemblable que les mêmes causes, dans d'autres cas, en ramèneront encore de considérables, et que ces cas se rapprochant de ceux sur lesquels elles ont opéré déjà , les résultats se ressembleraient aussi.

Doù je conclus que la connaissance de ces causes et la puissance de les reproduire, peuvent être utiles.

C'est pour cela qu'apercevant les effets désirables qu'ont produit les livres, les méthodes, les harangues de quelques auteurs, il est à propos de les examiner et d'y découvrir les modifications auxquelles ces effets ont été dûs, pour les imiter à volonté.

Rechercher ces modifications, les dépouiller, les éclaircir, les apercevoir avec netteté, les retenir, est un des travaux auxquels celui qui veut s'armer de tous les moyens pour léloquence, doit s'assujétir.

Après avoir cherché et découvert les modifications qui rendent les ouvrages si touchans et quelquefois si persuasifs, il faut s'exercer ensuite à les mettre en pratique.

On parvient par plusieurs moyens à la connaissance des causes que produisent les effets désirés.

Un de ces moyens est de les étudier, lorsque l'observation, par l'aperçu des effets, nous indique leur existence.

C'est pour cela que dans un orateur qui persuade, dans un prédicateur qui touche, dans un comédien qui imite ce qui plaît , dans ce qui égaie, ce qui attendrit, etc., etc., il faut étudier les modifications auxquelles ces impressions produites ont dû le jour.

§ vni.

De l'espril et ilu génie en littérature.

Le siècle de lesprit succède presque toujours au siècle du génie.

Le génie s'attache au bel ensemble des productions; l'esprit saltache aux détails. Mais le génie, servi par le sentiment, recueille, pour le plan général, une invention plus féconde et plus heureuse, même dans les détails.

L invention distingue le génie de l'esprit. Le génie imite la nature; lesprit imite les productions (les honnnos.

Le génie senl ; l'esprit raisonne.

§ IX

De la manière de juger en littérature.

Le sentiment a besoin d'être guidé. Quelque délicatesse de tact qu'on possède, il faut savoir l'appliquer aux objets. On ne les juge qu'en les considérant, et, pour les soumettre à l'examen, il faut savoir où les prendre. Le littérateur, comme le peintre, a besoin d'apprendre à voir ; il n'apercevrait point, sans cet art, la moitié des nuances qu'il doit définir. Il faut connaître les parties importantes d'un ouvrage, les qualités précieuses dont il est susceptible, les effets divers qu'il doit produire, pour savoir le décomposer, l'analyser comme il doit l'être, et considérer à part chacune de ses parties intégrantes.

Le sentiment juge l'effet total de l'ouvrage, mais il est exposé à faillir ; aussi la différence des circonstances et des dispositions en apporte-t-elle dans les sensations, et n'est-elle comptée pour rien dans lesjugemens.

Voici quelques observations sur les parties qui sont à considérer dans les divers genres d'écrits.

sur les divers mérites dont ils sont susceptibles, et qui doivent, par leur importance, enchaîner l'attention.

Tout ouvrage a un but plus ou moins compliqué; la bonté de ce but tient h son utilité. La bonté du genre de l'ouvrage lient donc à la bonté du but, comme la bonne exécution de l'ouvrage tient à ce que le but soit atteint : ces principes sont communs à tous les genres.

Il n'est point d'ouvrage où le plan général, l'enchaînement des parties, leur harmonie, leur accord, et la liaison des grandes divisions, comme des propositions, des évènemens, ne soient au rang des modifications remarquables.

Tout ouvrage a un but simple ou compliqué, qui doit être considéré; et l'union des parties doit être telle qu'elle tende, le plus eftîcacement qu'il est possible, à la production de ce but.

Une utilité de l'arrangement des parties est de présenter leur assemblage sous une forme qui permette de l'envisager simultanément, sans travail, sans obscurité, et qui en facilite la conservation à la mémoire.

On considère, dans le drame, V le style; 2* les caractères, l'intrigue et les évènemens.

En rapportant toujours au but qu'on se propose, la forme que doivent avoir les productions, on trouvera, que 1" illusion exige que le style soit

proportionné aux personnages, et que l'effet soit propre aux passions qu'on veut exciter.

L'illusion exige encore que les caractères soient dans la nature. L'effet veut qu'ils soient pittoresques, ou, du moins, intéressans et expressifs. L'effet tient aussi à leur combinaison relative.

L'intrigue, la conduite, est composée suivant la division commune de l'exposition, du nœud et du dénouement. Ces trois choses doivent être appréciées.

Dans le poëme, on considère le plan général, la division des chants, les images, leur variété, leurs grâces, leur expression, la facture des vers, la construction de la phrase, 1 harmonie, la précision.

Le genre léger reçoit son mérite et son prix du naturel, de la facilité, de la grâce, de la chaleur, de la volupté, de la finesse, de l'esprit.

Dans le pastoral, on recherche la grâce, la simplicité, la naïveté et l'expression;

Dans le didactique, le plan, l'ordre, la justesse des opinions, la clarté de l'exposition, la précision et la lucidité du style.

Dans le genre lyrique, l'enthousiasme, l'harmonie, la rapidité, le pittoresque;

Dans le genre épique, la vraisemblance, l'imagination, l'originalité, l'intérêt, la vérité, la fiction.

ÉTUDES LITTÉRAIRES. til

Enfin, dans les ouvrages de science, l'altenlion doit se porter :

Sur le plan;

Sur l'étendue des vues et leur profondeur; Sur la vérité et l'exactitude des opinions; Sur la clarté de l'expression et sa précision; Sur la partie dogmatique et systématique; Enfin sur l'analogie avec d'autres systèmes.

Sx.

Du goût.

Le goût est la faculté de sentir et de connaître tout ce qui tient à la belle nature.

Le climat, les mœurs, le gouvernement, telles autres causes, ont refusé aux peuples modernes le goût par où les anciens excellaient ; ce n'est qu'en étudiant, en approfondissant, en imitant les anciens, que les nations actuelles peuvent se rapprocher de ce goût exquis, et de tout temps, leurs succès en ce genre ont dépendu du plus ou moins (ju'ils s'étaient livrés à cette école : c'est le contraire lorsqu'ils se sont laissés entraîner par l'influence de leur siècle et de leur patrie. Le génie peut être indigène chez eux, mais le goût a besoin d'être emprunté.

§xi.

Suite.

Ce que nous appelons goût, est ennemi d'une abondance superflue ; c'est le sentiment des hommes sages, calmes, sentant, instruits, ennemis de l'inutile, de l'affecté, du puéril ; c'est l'esprit des gens du monde, et celui qu'on puise en tout genre dans une situation active, pratique et intéressée. . . . C'est le goût pur et châtié.

Mais la vanité, l'imagination, le simple divertissement, ont un autre goût, admettent une autre poétique, l'abondance, l'excursion.

Cette exubérance est-elle plus imaginée que sentie, inutile, surtout affectée? On l'appelle déclamation.

En opposant ainsi par masse ces deux genres, l'un appartient au sentiment, l'autre à l'imagination. Mais l'un et l'autre admet dans son sein des multitudes de subdivisions intéressantes.

Tite-Live a le sentiment souple et moulé sur les situations et les intérêts où il se transporte. Tacite a le caractère uniforme et rigide.

Butïon est poète , Reynal déclamateur , Sterne

est un insouciant libertin, qui voyage pour jouir, sans but et sans désir d'arriver. Rousseau , dans son abondance, est du premier genre dans ses ouvrages didactiques; mais sans doute qu'il y a bien de la déclamation dans Julie: — peignons-le mieux, il y a beaucoup de choses dans Rousseau que l'exaltation de la tête a produite ; mais cette exaltation est toute sincère, toute naturelle, et celle des déclama teurs est artificielle et affectée.

Montesquieu, homme d imagination , par son génie, mais homme des faiîspar sa science, agrandit et pare ceux-ci par celle-là , dirige celle-là par ceux-ci ; recueille de leur mixtion une philosophie grande et réelle , l'embellit des charmes d'une imagination que la pralicfue des faits a rendue toute poétique, plaît aux sectateurs des deux genres, dont il garde, des uns le fond , des autres la forme la plus exquise, et ne satisfait peut-être aucun d'eux, chacun lui reprochant toujours ce qu'il donne à l'autre.

§ xn.

Du goût et de l'esprit français.

Du mélange chez les Français , de la fran-

chise (lu nord et de la chaleur du midi , est résulté un esprit de loyauté poussé jusqu'à l'enthousiasme.

Il paraît que les progrès des lumières ont contrarié en France les causes de corruption, et tendent au bien moral comme aux avantages d'art qui peuvent en résulter.

Sous Louis XIV, l'amour du beau dominait; mais le goût comme le caractère étaient gâtés, par diverses causes , par la pédanterie et surtout par le défaut absolu de philosophie.

Sous Louis XV ont dominé le goût du plaisir et une frivolité étudiée.

Le grand et le beau ont été oubliés, et, peutêtre, faute d'alimens à l'émulation du génie, il s'est jeté dans la métaphysique spéculative, à laquelle la gradation des choses le faisait pencher; et la philosophie a pris naissance.

Alors a commencé le penchant au système, à l'esprit libre et novateur, au mépris des traditions.

Cependant l'époque philosophique a donné un ferment aux esprits; la jeunesse s'est formée dans son sein. On a acquis des vices par la polissure ; maison en a aussi beaucoup perdu parla polissure et les lumières.

Le mauvais est principalement résulté de l'influence du despotisme et de ses suppôts; et si

leur crédit diminuait, ce serait un grand pas vers la moralité.

Sous Louis XVI, l'esprit philosophique a continué : changeant d'objet, il s'est modifié dans sa marche par sa légèreté naturelle.

Il était ferveur et mode au commencement du règne précédent. Il s'est enraciné et est devenu fond ; de manière qu'on a moins parlé de philosophie, mais elle s'est étendue et nourrie.

Sous ce règne, l'administration et les chefs de la cour se sont ressentis de la jeunesse. La sottise, l'inconsislance même dans le mal, et une contrariété de marche , produite par l'ascendant alternatif des volontés affectives du roi et de l'influence du parti de la reine, ont beaucoup fait.

La jeunesse des premiers de l'état a aussi beaucoup influé sur les mœurs, qui ont été plus superficielles et plus légères dans leurs frivolités, plus excessives, abandonnées et irréfléchies dans le luxe et les fantaisies. En même temps que le goût des choses extérieures a acquis plus de vivacité, il a pris un caractère plus changeant, plus indépendant, plus original ; ce qui a tenu, je pense, autant à la tournure libre et philosophique des idées qu'à la jemiesse des modèles.

On était, sous Louis XV, roué, libertin et frivole avec étude ; on est devenu, sous Louis XVI,

frivole, indépendant, sans principes, et plutôt ignorant que superficiel .

Les arls et les sciences, sous ces deux règnes, se sont soutenus et animés par le goût national , sans aucun encouragement de la cour.

Sous Louis XV, la (leur de la frivolité et vers la fin de son règne, l'enthousiasme philosophique, ont dominé dans les écrits. — Point de grand génie, mais de la culture et du succès.

Sous Louis XVÏ, la littérature s'est délayée pour ainsi dire dans des œuvres innombrables et faibles; la pauvreté de l'esprit national s'est dénoté dans les écrits. Aucune réputation ne marque. — Le sol s'est noyé dans la philosophie ; — les sciences expérimentales ont accaparé les bons esprits; — la littérature ne s'est enrichie que de traductions.

La philosophie a eu des sectes et s'est égarée. Beaucoup de genres nouveaux ont vu le jour; mais il n'y a eu que des œuvres faibles et pauvres.

L'instruction, peut-être encore plus superficielle, est devenue plus générale, et c'est l'origine de la foule des mauvais ouvrages; tout le monde a étudié le courant.

La philosophie et l'indépendance ont fourni quelques essorts ; mais la nourriture et l'instruction manquent à peu près partout.

Le bon et le mauvais de la philosophie se sont bien monln'S dans ces temps.

.§ xui.

Sur le genre d'espril de quehiues natious.

Le génie français manque surtout de patience. Il spécule, il devine, il imagine, il n'observe et ne réfléchit point.

Nos romans ne sont que des fictions. Crébillon seul a présenté quelques peintures de mœurs, quelques études du cœur humain ; mais dans un cercle extrêmement rétréci.

Nous n'avons pas eu un seul historien.

Parmi une foule de théoriciens, nous ne pouvons pas compter plus de trois ou quatre philosophes observateurs.

Parmi nos poètes, Molière , presque seul , a eu le génie de l'observation et la connaissance de la nature.

Nous excellons dans tous les arts qui dépendent de la théorie, du tact , du goût et de l'invention ; mais nous sommes surpassés dans le genre de perfection qui tient à la patience et à une observation exacte et suivie.

Le génie espagnol est l'exaltation. Il est remar-

118 ÉTUDES LITTfiRAlRES.

quable que ces fictions exaltées qui ont rempli notre littérature pendant la première moitié du xvii' siècle , n'étaient que l'imitation du génie espagnol, où Corneille lui-même avait puisé, et que parmi les Rom.ains, Sénèque et Lucain, qui sont les modèles du genre déclamateur dans la littérature laline, étaient nés l'un et l'autre en Espagne.

§ XIV

Du beau.

Lecteurs curieux de bavardages, lisez tous les traités sur le beau, composés depuis que les hommes écrivent! Lisez Platon, saint Augustin, le Père André, Diderot , ce bavard enthousiaste , à qui une imagination vaste et un coup d'œil rapide on fait accorder le nom de philosophe , et que" le dégoût ou l'impossibilité d'approfondir, et l'habitude de se passer des choses que lui-même n'entend point , chassent pour toujours du séjour de la vérité !

Le beau est l'unité , dit saint Augustin ; le beau, s'écrie un autre , est l'uniformité combinée avec la variété. Le beau, rabâche le philosophe, est la vertu d'offrir des rapports à rentenderacnt.

Volf a mieux vu ; il a dit que le beau était ce qui était constitué de manière à plaire. Sans doute il a trop généralisé le sens de ce mot ; mais enfin , il n'est pas absurde, il a pris le genre pour l'espèce , voià tout.

Qu'est-ce enfin que le beau , c'est-à-dire cette modification des êtres à qui nous donnons ce nom? ces manières d'être analogues dont la collection se nomme le beau?

Le mot beau fut, je crois, adapté dans le principe à ce qui transmettait à Tàme une sensation agréable par le calme de la vue ; et l'analogie qui a créé les expressions figurées , donna aussi au mot beau un sens figuré, ei l'appliqua aux clioses qui ne se perçoivent point par les yeux , mais qui, dans l'impression qu'elles lont sur nous , conservent quelque ressemblance avec ce que désigne le mot beau pris en propre. Ce sens figuré s'est étendu , l'expression s'est transmise toujours par le moyen des analogies, et celles des dernières modifications qui l'ont reçue n'en présentent que très peu avec celles à qui elle fut premièrement attachée.

Voilà le sens du mot beau dans sa signification la plus étendue , au propre et au figuré ; voilà le genre, la collection totale des modifications qui portent le titre de belles. Je conviens qu'elles ne sont pas très caractérisées, mais peut-être, sans

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s'éloigner de la géiiéialilé, ne saurait-on le faire davanlagc.

Le mot beau a aussi des significations moins étendues. Telle que celle où il est pris lorsqu'on le distingue du joli ; en un mot , celle que j'ai donnée n'exprime que le rapport général commun h tous les êtres qui portent ce titre.

Il est, disent quelques philosophes, un beau primitif, essentiel , invariable, divin. Il en est un autre de caprice, de convention , sujet h changer. Oui , il est des modifications qui affectent des organes semblables chez tous les homrdcs, qui produisent dans tous les lieux , dans tous les temps , chez tous les peuples, les mêmes impressions. Il en est au contraire qui, ne frappant que sur des facultés susceptibles de variété, n'excitent pas toujours les mêmes sensations et les mêmes senîimens. Le beau essentiel ou plutôt nécessaire, est compris dans la première classe , le beau accidentel dans la seconde.

Diderot dit qu'en anglais, le mot qui représente notre beau , comprend des modifications propres à nous affecter par lodorat, et il en conclut que dans ridée du beau sont comprises ces modifications. Oui, chaque peuple est maître de comprendre dans les expressions, des classes d'êtres plus ou moins étendues. Celle du terme anglais est plus vaste que celle du nôtre ; celle d'un Grec

pourrait l'être encore davantage. Qu'importe? il est certain qu'il existe des analogies entre les impressions de l'odorat et celles de l'œil , lorsque les unes et les autres sont voluptueuses. Mais cela n'oblige point à comprendre dans le même signe toutes les qualités propres h les produire. Chaque peuple se crée des mots , ces mots représentent des idées, ces idées des êtres.

§xy.

Des systèmes.

On appelle système une disposition de dogmes, distribués dans un ordre propre à faire apercecevoir d'un coup-d'œil tout l'édifice , à le faire parcourir avec facilité, retenir avec solidité, apercevoir avec netteté. Les parties en sont liées, agencées les unes avec les autres ; elles ont , comme le cercle , un centre et une circonférence, ou, comme la pyramide, un sommet, une base et une dégradation. Toutes se tiennent et s'enchaînent ; étant uniformes et naturelles, on passe aisément de l'une à l'autre.

Le système s'établit par classes, suivant l'ana-

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logie de la nature, et il se distribue alors par divisions.

La manie de réduire ainsi la science en système a des inconvëniens, elle force les conjectures, elle courbe les phénomènes, elle lutte contre le doute.

Le système d'interprétation est celui de l'organisation, de l'ensemble du mécanisme ; on est induit à juger des choses d'après les phénomènes qui en résultent et qui servent ensuite à faire présumer d'autres phénomènes. La science est prodigieusement avancée quand elle en est là ; mais combien ne reçoit-elle pas d'échecs de la part de ceux qui veulent trop tôt l'y conduire!

Le sens commun du mot système présente un assemblage harmonique de parties qui se correspondent, qui coagissent, en un mot, un assemblage d'êtres, considérés comme liés ensemble et isolés du reste.

Cette signification générale liée avec divers accessoires, a produit les diverses significations du mot système; il en est d'autres que je ne crois pas autorisables, et qui se sont établies sur une analogie entre quelques-uns des êtres à qui ce nom avait été premièrement donné, mais qui ne consistait pas dans leur qualité commune. Ces significations qui sortent du génie des langues, ne me semblent pas dignes qu'on les adopte; elles

ne tendent qu'à confondre les idées et à obscurcir le sens des mots.

Mais dans le sens général du mot système , on peut marquer plusieurs divisions , ce sont les espèces résultant du mélange d'une idée commune à un accessoire différent.

Ainsi , il existe des systèmes mécaniques , des systèmes distributifs , des systèmes positifs, des systèmes interprétatifs ou destinés à l'interprétation, etc.j etc.

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