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T. IV. IC

ne dit qu'elle et on la dit dans son ordre; quand on la Yoit mal , on la dit pièce à pièce, et chaque morceau reste mêlé de beaucoup de choses étrangères ; faute d'apercevoir le point de distinction , on n'ose pas tout séparer ; et puis, quand on ne met pas les choses dans leur ordre, on est obligé de les répéter pour qu'elles se rapportent.

Souvent, en généralisant le mot, on agrandit l'image, on rend la pensée pittoresque. Cette manière est très usitée à présent. On restreint moins, on détermine moins, on affiche moins, on attribue moins, on laisse la pensée grande, générale, isolée, et l'intelligence ajoute plus d'accessoires que n'eût pu faire l'expression.

Il est un langage qui franchit les intermédiaires et les fait présumer ; avec quelques grandes idées, il en fait suppléer une multitude qui les lient, et qui résultent de leur combinaison; il abrège le travail de l'intelligence, il flatte le lecteur, en lui

fournissant l'occasion de s'applaudir lui-même ; il favorise la simultanéité des expressions, c'està-dire leur force; il en permet l'analyse, c'est-àdire la distinction ; il dessine le plan, le squelette du sujet, il n'en montre que la charpente, le revêlissement reste à mettre. Ce style-là est long à lire, mais la relation et l'enchaînement des idées principales se saisit mieux. Ainsi il a ses défauts et ses avantages.

Il estun style qui exprime tout, qui n'omet rien, qui n'a point d ellipses de pensées, qui a très peu de mots; ce style produit la distinction et satisfait l'esprit amateur de lumière. Il ne fatigue pas et plaît toujours.

L'extrait élague deux espèces de choses, celles qui sont présumées par ce qu'il dit, et celles qui. vu son but , ne valent pas la peine d'être énoncées.

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XXÎ.

.l'ai Ml IV'llVl (liin tivs beau discours gâté, par une sinij)lp piirase à la suite d'un tableau patbéti(jue, ex})rim<' par ]es sons touchans de l'abandon et de la sensibili.lc ; Toraleur s'avisa déplacer une comparaison qui tourna en ironie toute 1 einolion qu'il avait fait naître , et fit rire de son pédanlisme ceux qui venaient de partager ses impressions. Pourquoi ? C'est que cette similitude , évidemment recherchée , découvrait l'art et la fausseté, et que, là où l'on avait cru reconnaître la nature et des sentimens vrais, on sentit qu'on avait été trompé par l'artiste ; de là les plus fâcheux effets: l'illusion, la crédulité, la confiance s'enfuieul, ci l'intérêt avec elles; irrité d'avoir été entraîne'' par de fausses démonstrations, l'auditeur s'empresse de s'en venger par le mépris ; le dépit et la haine suivent, il devient adversaire. Fâché d'avoir dt'couvert un art puissant dans l'orateur qui Ta trompé, un art supérieur au sien, il s'en console en répandant une critique exagérée et sur la fausseté de ses sentimens, et sur la maladresse (jui la démasque, maladresse, d'autant plus ridicule, qu'ollo est l'eiTet d'une pi(''loution déplacée ;

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et il lui R'ra acheler rinulile avnnlnge (ravoir eu plus d'ail qniina eu lui-mèuic de sagacilé, par le diserëdil total de tout ce qui peut précéder ou suivre.

Les périphrases sout [)ropres à présenter les choses avec le caj'aclère qui convient au hut de l'orateur.

On trouve dans les discours de M. d'Aguesseau peu de métaphores, d'interrogations, d'exclamations bruyantes ; sa marche est unie, paisible, sans bonds et sans inégalités hardies.

Son discours est mêlé de périodes longues et brèves \ mais celles-là sont toujours divisées en membres qui en Tendent la prononciation mélodieuse et l'intelligence assez Ihcile.

Il emploie fréquemment la causerie, accumulant les propositions principales, les incidens, les adjectifs; sa construction n'a que la variété * nécessaire pour prévenir l'ennui ou la lassitude de l'oreille ; il emploie peu les propositions inci-

dentés, el moins encore les subordonnées ; son langage a presque toujours la forme de l'exposition, et l'indicatif présent est le seul temps du verbe, à son usage, employé presque toujours à la troisième personne.

XXIY.

Occupée fortement, exclusivement, d'un objet, l'âme passionnée trouve dans les distractions même des fds pour en réveiller le souvenir :

Si j'éparpille une rose , Dans chaque feuille il est peint.

Les rapports, les analogies les plus subtiles, le lui rappellent sans cesse.

De ces manières d'être physiques qui accompagnent et désignent certaines aifeclions, il en est qui peuvent s'offrir dans le style : ainsi, la langoureuse faiblesse d'un être absorbé par un sentiment ; la vivacité d'un être agité, exalté, etc.

En soQune, lorsque le langage d'action pouria naturellement modifier le langage des sons articulés, il lui prêtera beaucoup de force.

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XXYÎ.

L'agrément, la force, en un mot, refilcacité convenable des descriptions et des narrations, résultent beaucoup du choix des circonstances qu'on exprime.

L'impression produite par peu de mots est plus simultanée, elle est plus vive.

XXYIII.

Le didactique pur a sa place ; mais le plus souvent, pour instruire l'homme, il faut le remuer ; il lui faut, comme à l'cnfanl, du miel au bord de la coupe.

-iS ÉTUDES LITTÉRAIRES.

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