CHAPITRE YIII
Des «cieitces^ dans leisr i*a|}port avec la Httérature.
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Des élémens des sciences.
La connaissance des systèmes et des élémens des sciences apprend à classer, à ordonner naturellement toutes les idées relatives qui , par la suite , viennent sans ordre s'offrir à nous ; elle nous est d'une grande utilité dans la culture des lettres.
Des études prises ça et là donnent une connaissance morcelée, sans liaisons et sans fond, la pire de toutes , telle celle qui se puise dans les dictionnaires.
L'étude des élémens donne des principes , une intelligence , une facilité d'ordonner ce qu'on acquiert ensuite.
ÉTUDES LITTÉRAIRES. -idS
Les souî'ces donnent la vraie science, l'intelligence, la possession, l'originaliîé.
Se passer des connaissances des autres, c'est une noble et belle illusion, mais c'en est une.
Liaison des sciences entre elles.
Les sciences s'enseignent mutuellement. Les divisions sont dans les systèmes de signes. Celui qui considère les systèmes d êtres , aperçoit comment ils se lient, se touchent, s'influencent, se ressemblent et coexistent; il voit que sans la connaissance générale il n'y a point de connaissance particulière complète.
La variété des études délasse l'organe pensant, l'assouplit, l'exerce, agrandit ses facultés.
La science est immense ; l'analyse, les généralités , la connaissance intègre de chaque partie emploient du travail et du temps ; ainsi les études semblent s'exclure, mais dans chacune, dans toute science et tout art , votre marche sera d'autant plus rapide et plus sûre, que vous serez plus versé dans la science générale.
Les méthodes ont leurs analogies ; les \érités ont également leurs analogies et leurs rapports.
Ce que les hommes ont appris du système des êtres, ils lexpiiment par les systèmes des signes. Quelle utilité, pour l'appropriation de leurs découvertes, qu'une intelligence facile et sûre de ces systèmes !
S'arrêter aux signes, sans pénétrer aux types : se méprendre sur les types des signes \ confondre les trois systèmes à' êtres, aidées, désignes: grandes carrières de sottises !
Si les connaissances se coml)attent, si les méprises, les confusions, arrivent par la multiplicité, cesî pour ne pas pénétrer des systèmes de signes aux systèmes d'idées, et de ceux-ci aux systèmes d'êtres.
Les distinctions, les ressemblances, les rapports, Tordre, tout s'aperçoit par la considération du système des types; l'observation, le sentiment, la réflexion sur des données solides, le rappellent h chaque instant.
Sans cela, tout est confié à la mémoire ; celui qui ne connaît que des systèmes de signes qu'il n'entend pas ne sait rien d'utile, et oubliera bientôt.
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Des recherches scientiflques.
Telle recherche scientifique, dont le succès pourrait être infructueux, serait presque toujours, par l'exercice des facultés et les instructions recueillies en route, très utile au philosophe sage et au littérateur.
Des principes relativement aax s ciences.
Il faut des principes.
Sous quelque forme qu'il se présente , le principe, en fait de science, est toujours une idée générale, ou de doctrine, ou de précepte.
Je sais que l'usage mal contenu des principes mène à plusieurs abus : au système, à la divagation, faute d'apphcation saine et desavoir juger les cas particuliers; mais ils lient et simplifient les actions, secourent la mémoire, éclairent Tintelli-,
2flG ÉTUDES LITTÉRAIRES.
gciice et rendent plus rapide et plus sur l'usage de l'une et de l'autre.
Les principes seuls , par des résultats simples , mettent à notre usage les fruits de la science et de l'expérience.
Pdais il est plusieurs genres de principes dont lulilité et l'application sont très différentes ; car l'esprit, suivant ses points de vue et ses projets, classifie diversement ses iugemens comme ses simples idées.
Principe spirituel , — principe matériel ; — le premier est pour l'intelligence, le second pour la mémoire ; — Le premier interprète , le second n'est qu une formule qui rappelle.
Le deuxième tient à la co-existence des choses, le premier à leur génération.
Le premier égare le spéculateur qui , oubliant que la nature est complexe , cherche à ne voir, dans ses combinaisons , que le simple qui l'occupe.
Les principes abstraits et généraux serviront de peu à T homme pratique , s'il ne possède les principes composés et particuliers qui sont l'expression de l'influence combinée des premiers.
Or, les principes abstraits et généraux porteront de la clarté dans la conception de ceux-ci , mais l'expérience de la vie est le grand moyen de s'en instruire.
Il est peu de principes, surtout en préceptes, aussi utiles que ces grandes raisons dominantes, qui, sur-le-champ, déterminent par prépondérance ce qu'il faut penser ou croire , et sont, pour celles qui les contrediraient , comme des fins de non recevoir insurmontables dont l'admission rend inutile toute discussion ultérieure.
Quand le penseur actif et solitaire, après avoir atteint , par sa propre force , des lueurs qu'il adopte avec méfiance et qu'il aperçoit imparfaitement, rencontre un livre, résultat des découvertes du temps ou du génie de la science, il s'illumine; — les principes qui lui sont oiferls fructifient merveiileusement dans sa tête; — il les conçoit, les sent, les réforme, les supplémente, et se les approprie. — S'il eût lu avant de voir et de penser, jamais la même persuasion, jamais la même intimité n'auraient illuminé la science.