MAXIME, CAMILLE, ABONDE
MAXIME
SI ie trouve qu'il soit vray, asseurez vous que i'en feray tel exemple que vous vous pourrez apperceuoir que cela me poise et que ie ne repute moins l'iniure auoir esté faitte à moy qu'à vous.
CAMILLE
Si VOUS trouuez qu'il ne soit pas ainsi, appeliez moy partout le plus meschant, le plus malin et enuieux homme qui soit au monde.
ABONDE
S'il n'estoit ainsi, croyez moy d'vn cas, ie connoy ce ieune homme de sorte qu'il ne le sçauroit imaginer, tant s'en fault qu'il le dist. Laquelle chose ie délibère qu'elle ne restera pas impunie et ne la lairray pas passer ainsi légèrement.
MAXIME
Attendez, Abonde,ne veuillez courir si furieusement : il nous en faut mieux informer.
— ccxm —
CAMILLE
D'où s'en peut on mieux informer que de moy, qui auec mes propres oreilles ay ouy, et veu de mes propres yeux, qu'en ceste maison vostre Ginthien a et femmes et enfans ?
MAXIME
le m'en veux acerténer vn peu mieux.
CAMILLE
Entron dedans, menez moy au paragon ; si vous trouuez que i'aye dit la moindre parole outre la vérité, ie consens et donne congé qu'on m'arrache la langue, les yeux et l'ame.
MAXIME
Allons.
Allons.
ABONDE
MAXIME
Allons y tous : nous le sçaurons tout à fait. Mais non, demeurez. Laissez m'y aller seul : qu'on ne face aucun bruit ny la chose phis publique qu'elle est, ne pourchassons nous mesmes nostre ignominie.
ABONDE
Allez doncques le premier et nous appeliez quand vous voudrez.
le le fera y ainsi : attendez moy.