SCENE II
FILADELFE Seul.
HA ie sçay bien, Restitue, sans que plus tu me le donnes à entendre par te cacher ainsi de moy, que ie te fays tort, portant amitié à autre qu'à toy : mais quoy? qui est celuy qui ne connoit les forces d'amour? Qui ne connoit qu'il est aueugle, ieune et volage, sans loy et sans raison? C'est par luy que ie n'ay non plus de repos que si i'auois le vif argent soubs les pieds. Et pour ceste cause,
le n'ay fait que tracasser par toute la ville pour voir si ie trouuerois Claude seruiteur de ma cruelle maistresse. à fin qu'il me dize des nouuelles d'elle. Je suis contraint de pratiquer ce vallet, pour estre une bonne ayde et seur moyen à mes amoureuses entreprises, lesquelles ie ne puis plus différer, à cause que mon père sera icy de bref: et, luy uenu, toute commodité et tout moyen me sera retranché. Mais ce qui me fait encor plus haster, c'est que i'ay un Corriual, lequel il me faut deuancer, si ie puis, à ce qu'il n'aye, premier que moy, la iouissance de ma chère Fleurdelys. Mais voiez venir à la bonne heure celuy que ie cherche.