‹ Œuvres. Publièes d'après des documents inéditsChapitre 7 sur 56 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

CLAVDE ET FILADELFE.

E voicy à la fin, Dieu mercy.

FILADELFE.

Et bien, Claude, qu'elles nouuelles ?

CLAVDE.

Fort bonnes. Voicy le iour que vous auez le lus désiré.

FILADELFB.

Comment?

GLAVDE.

J'ay tant fait que mon maistre s'en ira auiourd'huy dehors, et deuant qu'il soit unE heure, ie vous feray entrer où sera vostre bienaymec Fleurdelys.

FILADELFE.

O que ie suis ayse !

CLAVDE.

Maifltéflaftf attisez à vostre faict.

FILADELFE.

J'y ay pourueu : car i'ay apostez deux miens compagnons qui me doiuent ayder en cecy : et de ce pas ie m'en vais me tenir prest à la rue pour entrer aussi tost que vous aurez ouuert la porte. Mais comment me pourras tu aduertir quand ton maistre sera parti ?

CLAVDE.

Je vous feray signe par la porte de derrière, que ie lairray tout exprès deuérouillee.

FILADELFE.

Quel signé me feras tu ?

CLAVDE.

J'auray vne torche en main, et en feray trois tours : cela vous signifiera le tems qu'il faudra entrer.

FILADELFB.

Mais n'y at-il personne en vostre maison qui me puisse destourber?

CLAVDE.

Ne vous souciez point de cela, il n'y a seulement qu'Alizon ceste vieille chambrière, dont ie trouueray bien moyen de m'en deffaire.

FILADELFB.

C'est assez. Je m'en îray, ce pendant, d'icy à la rue, ou mes compaignons me viendront trouuer^ Au reste, Claude, tu sçais bien les dons et presens que ie t'ay promis, encor qu'il me soit impossible de te recompenser du moindre plaisir que tu me fais.

Je vous prie, ne me parlez plus de cela. Le seul don, que ie vous demande en ceste affaire icy, c'est que vous la teniez secrette et que vous faciez de sorte qu'on ne se doute en rien de moy, qu'il semble qu'en ce cas ie ne sois n

consentant, ny prestant ayde : mesmement quand vous entrerez dans la salle où la fille sera, Dieu sçait comme ie feray de l'esbahy, de l'estonné, et de l'ignorant 1

FILADELFE.

Je t'ay desia dit que ie tiendray tout secret.

CLAVDE.

Si vous faisiez autrement, ie parirois ma perte, et serois ruiné : d'autant que mon maistre ne va coup à la ville qu'il ne nous recommande la fille mille fois.

FILADELFE.

N'as tu rien fait entendre à Fleurdelis de ma part ?

CLAVDE,

Nenny certes, Filadelfe : car ie sçay bien que, si ie luy voulois parler de vostre amitié, ce seroit abus, elle ne s'y arresteroit iamais.

FILADELFE.

C'est vn merueilleux cas. Suis-ie si contrefait, et de si mauuaise grâce, qu'elle ne me puisse ay mer? Suis-ie si contraire, et dissemblable à elle, et à ses complexions, que nous ne puissions cy après viure ensemble en amitié ?

CLAVDE.

Je ne sçay quel dissemblable : si ce n'estoit que ie vous ay ouy dire que vous n'auiez point de seur, ie croyrois qu'elle vous fust de quelque chose, tant elle vous ressemble.

Mais ne me voulez vous autre chose ?

FILADELFE.

Non : mais as tu point veu mon vallet que i'auois enuoyé, il y a trois heures, pour te chercher ?

CLAVDE.

Je ne l'ay point veu.

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