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I)K SAINT KUANT.OIS DE SAI.ES

XXVII. Sa parole, en effet, avait une vigueur et une puissance extraordinaires; c'e'tait un don du ciel mérité par la parfaite pureté et sainteté de son cœur. Aussi le roi très-chrétien ne crut-il personne plus propre que lui pour gagner à la vérité l'esprit et le cœur du roi d'Angleterre, Jacques I". De même, quelques années après, notre prédécesseur Paul V, d'heureuse mémoire, le délégua pour terminer par son arbitrage les différends survenus entre l'archiduc Albert, l'archiduchesse Claire-Eugénie et le clergé de la Franche- Comté.

XXVIII. Bien que durant sa coadjutorerie, son zèle pour les intérêts catholiques ait été très-àrdent, néanmoins il ne put lâcher entièrement la bride à sa charité, qu'à la mort de son père et à celle de l'évêque Granier. Jusque-là l'autorité paternelle le rappelait sans cesse au soin des affaires de famille, et le respect pour l'évêque diocésain lui faisait craindre de paraître empiéter sur ses droits. Désormais il était libre de voler partout où le pousserait sa piété.

XXIX. Une fois en possession de la plénitude de l'autorité d'un évêque, il en remplit aussi les fonctions dans toute leur étendue. Pasteur vigilant, il défendit son troupeau contre les attaques des loups, en le préservant des vices et de l'hérésie ; il rétablit le bon ordre dans le clergé et fit de sa maison épiscopale un modèle de régularité; fidèle aux exemples des saints Pères et des évêques de l'antiquité, il n'était occupé qu'à pratiquer les vertus et à remplir les fonctions de sa charge : tenir des synodes, rétablir la discipline ecclésiastique ou même sanctionner de nouvelles lois, surtout maintenir dans toute sa pureté la religion

BUI,I,E DE LA CANONISATION

nistros, ut cum duos nobiles viros Gexenses ad Ecclesiae gremium evocasset, ilii rabie ac furore acti, venenum ei propinaverint, quod tamen irritum fuit, implorata per votum Dei-Parae ope.

XXXI. Et tantum abfuit, ut propterea ab incœpto desisteret, ut constantius desudaverit, in concionibus habendis, quarum vi, Divione, Gracianopoli, Parisiis et alibi, plures insignes viros fidei catholicce restituil, ac praecipue Claudium Buccardum, Lausannag publicum theologice professorem-, Franciscum ducem Diguerianum, Delpliinatus pro-regem, Barberium et Jacobum Philippum, célèbres calvinianae sectœ pseudoministros.

XXXII. In his autem concionibus, ut constaret a se non nisi animarum salutem quceri, pecuniam, quas esset vel loco alimenti, vel excellentiœ testimonio, recusavit omnem, nullo principum ofïerentium habito respectu ; et tam generose, ut ducissae de Longavilla, peram aureis plenam impertienti, palam cum respueret, dixerit, gratis dandum quod gratis accipitur, nec ullam expetendam pro fidei prœconio mercedem, praeter praetiosam illam, quani cultoribus vineas promisit Dominus.

XXXIII. Notum est enim cum magni eleemosynarii munere, apud Christianam Sabaudiasducissam fangeretur, nihil, prœter hujus nominis dignitatem, voluisse ; et non solum quidquid honorariae mercedis solitum erat dari modestissime récusasse, verum etiam pretiosissimum adamentem, valoris quingentorum nummorum, ab eadem Christina ducissa dona acceptum, pauperibus destinasse his verbis usus : Hoc pauperibus nostris Annecientibus bonum erit.

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catholique, soit en formant les fidèles à la vertu, soit en réfutant les erreurs des sectaires, soit en ramenant au bercail les malheureux égarés.

XXX. Les ministres calvinistes, déjà furieux contre lui, en vinrent, lors de la conversion de deux gentilshommes du pays de Gex, à de tels transports de rage, qu'ils le tirent empoisonner; mais François se recommanda par un vœu à la sainte Vierge et fut miraculeusement sauvé.

XXXI. Bien loin de se laisser intimider par cet attentat, il ne mit que plus d'ardeur et de persévérance à prêcher la foi. A Dijon, à Grenoble, à Paris et ailleurs, il remporta d'insignes victoires. Entre autres hérétiques, il convertit Claude Boucart, professeur de théologie à Lausanne ; François, duc de Lesdiguières, vice-roi du Dauphiné; Barbery et Jacques Philippe, célèbres ministres de la secte de Calvin.

XXXII. Afin qu'on ne pût l'accuser de chercher dans sa prédication autre chose que le salut des âmes, il refusa toujours les sommes qu^on lui offrait à titre d'honoraires ou comme témoignage d'estime, même de la part des princes. La duchesse de Longueville lui ayant présenté une bourse pleine d'or, il refusa noblement de l'accepter, en disant qu'il voulait donner gratuitement ce qu'il avait reçu gratuitement, et ne prétendre à d'autre récompense qu'au riche salaire promis aux ouvriers de la vigne du Seigneur.

XXXIII. On sait également qu'étant grand aumônier de Christine, duchesse de Savoie, il se contenta de l'honneur attaché à ce titre et refusa, par une e.xtrême délicatesse, les revenus afférents, et, comme la duchesse lui faisait cadeau d'un magnifique diamant.

BULr.E DE LA CANONISATION

XXXIV. Sed ejus constantia debuit gravioribus experimentis muniri, ut fides probaretur ; duo enim sunt quae maxime fidem concutiunt damnum et lucrum ; utrumque, illi propositum, roboravit fidem, non inf régi t.

XXXV. Jussus a Gallorum rege Gexium ire, et cum barone Luxensi regio, in ducatu Burgundiae, locum tenente, de reiigionis catholicœ usu exercitioque in eam regionem inducendo, agere ; cum Rhodanus, qui trajiciendus erat ut Gexium peteret, imbribus exundans certum afferret vitœ discrimen ; Genevam intrépide pertransiit, nec iiabitu episcopi deposito, nec episcopi diœcesis nomine dissimulât©, unica tantum orationis armatura munitus.

XXXVI. Atque inde post iioram discedens, Gexium appulit. Impii homines, ut hoc reiigionis negotium turbarent, statim apud ducem Sabaudiae accusant episcopum, quod de transferendis in regem Gallorum civitatis Genevensis juribus pertractaret ; qu£e calumnia primo locum non habuit, postea admissa senatui suasit, ut, vel ad pœnam, vel ad terrorem decreto edito, bona episcopi publicata in œrarium principis referret.

XXXVII. Nihil tamen edicto commotus ipse, hoc unum respondit : Non eam sibi, ut credebatur^ injuriam irrogari ; sed ita a Deo admoneri, quod vellet undique spiritualem, quem temporalibus destitui permitteret. Quibus verbis senatus concessus veniam petiit, eique omnia restituit. Hœc enim Dei lex est, ut fides, dum damna patitur, per damna nobilitetur.

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de la valeur de cinq cents écus, il le destina aux pauvres en disant : « Voilà qui sera bon pour nos pauvres d'Annecy. »

XXXIV. Mais sa constance dut passer par de plus rudes épreuves, où sa fidélité se montra tout entière. La perte et le gain, voilà ce qui ébranle davantage la fidélité; tour à tour, ils vinrent tenter François, mais sans succès ; il n'en lut que plus fort.'

XXXV. Le roi de France l'avait mandé au pays de Gcx pour y conférer avec le baron de Luz, son lieutenant pour le duché de Bourgogne, sur les moyens de rétablir en ce pays le culte catholique. Pour aller à Gex, il fallait traverser le Rhône; mais les pluies l'avaient rendu infranchissable. François eut l'intrépidité de passer par Genève, sans se déguiser, ni même dissimuler qu'il était l'évéque du diocèse, n'ayant d'autres armes que la prière. Il resta une heure à Genève et de là se rendit à Gex.

XXXVI. Pour l'empêcher de réussir dans son religieux dessein, des méchants l'accusèrent auprès du duc de Savoie d'avoir été négocier avec le roi de France la cession de la ville de Genève. Cette calomnie, d'abord rejetée, finit par impressionner le sénat qui, soit pour punir, soit pour intimider l'évéque, décréta la saisie de ses biens au profit du prince.

XXXVII. Sans se troubler d'un pareil édit, François répondit qu'il y voyait, non pas une injustice, mais un avertissement que Dieu lui donnait d'être désormais tout spirituel, puisqu'il serait dépouillé du temporel. Le sénat, ému de cette réponse, lui demanda pardon et lui restitua tous ses biens. Telle est la loi de Dieu que la fidélité se trouve toujours

BULLE DE LA CANONISATION

XXXVIII. Neque minus lucri fuigorem, quamvis specie boni splendidum contempsit ; dum coadjutoris Parisiensis munus, ea de causa illi oblatum, quod pinguiori reditu abundaret, ad paupertateni sustentandam, respuit, illud oraculum opponens : Dominas régit me, et nihil mihi décrit; in loco pascuœ ibi me coUocavit(i].

XXXIX. Cum taie ac tantum fidei fundamentum jecisset, mirum non fuit si perfectissimam et omnibus virtutibus absolutam sanctitatis molem ad supremum usque apicem extulit, et si Ecclesia, communi consensu sanctorum insignia et prserogativas tanto vire attribuere non dubitet.

XL. Pauperum erat eximius amator, eorumque indicem secum deferebat semper, ad eos prœsertim sublevandos maxime intentus, quos pudor ac rubor deterrebant. Abstinentiam vero ac frugalitatem, tam in victu quam in vestitu, severe retinuit; ut et sibi modum statueret ac largius aliorum inopice subveniret.

XLI. Namquehoc verce charitatis ingenium est, sibi detraiiere, aliis addere. Sic mensce imposita fercula ad pauperes ablegabat ; subligacula, interulas, similesque pannos sibi demptos ad aliorum operimentum traducedat : imo supellectilem argenteam, candelabra, urceolos, annulum ipsum pastoralem oppignoravit, ne pauperes dolerent.

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DE SAINT FRANÇOIS DR SALKS

rehaussée par les épreuves qui devraient l'accabler.

XXXVIII. 11 ne fut pas moins insensible à de brillantes et avantageuses propositions qui semblaient avoir les meilleurs et les plus beaux motifs. On lui offrit la dignité de coadjuteur de Paris qui lui aurait procuré d'amples revenus et des ressources pour son pauvre diocèse. Il la refusa, en se servant de la parole du prophète : « Le Seigneur a soin de moi; il ne me laissera manquer de rien, dans le pâturage où il m'a placé. »

XXXIX. On ne s'étonne pas qu'avec une foi si solide et si profonde, François ait pu sur ce fondement élever jusqu'au sommet delà perfection l'édifice de sa sainteté composé de tout l'ensemble des vertus. Aussi l'Eglise est-elle unanime à décerner à ce grand homme les honneurs et les prérogatives des Saints.

XL. Admirable dans son amour pour les pauvres, il portait toujours sur lui la liste de leurs noms, et c'étaient les pauvres honteux qu'il s'appliquait davantage à soulager. Vivant de peu, il économisait sur sa nourriture et ses vêtements, par esprit de pauvreté et dans l'intention de subvenir plus largement à l'indigence d'autrui.

XLI. Car la véritable charité aime à se priver pour donner davantage. De sa table, il envoyait aux pauvres ce qui lui était servi; il se dépouillait de ses vêtements de dessous, de ses chemises même, pour en vêtir ceux qui étaient nus ; il alla même jusqu'à mettre en gage son argenterie, ses chandeliers, ses burettes, même son anneau pastoral, pour ne pas laisser souffrir les pauvres.

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