‹ Œuvres. Publiées (volume 2)Chapitre 10 sur 40 · E L ESPRIT HUMAIN. — IV" ÉPOQUE · texte numérisé non relu

E L ESPRIT HUMAIN. — IV" ÉPOQUE

(Tièce, l'homme avait du moins le sentiment de ses droits, s'il ne les connaissait pas encore, s'il ne savait pas en approfondir la nature, en endjrasser et en circonscrire l'étendue.

A celte époque des premières lueurs de la philosophie chez les Grecs , et de leurs premiers pas dans les sciences, les beaux-arts s'y élevèrent à un degré de perfection qu'aucun peuple n'avait encore connu, qu'à peine quelques-uns ont pu atteindre depuis. Homère vécut pendant le temps de ces dissensions qui accompagnèrent la chute des tyrans et la formation des républiques. Sophocle, Euripide, Pindare, Thucydide, Démosthène, Phidias, Apelles, furent contemporains de Sociate ou de Platon.

Nous tracerons le tableau du progrès de ces arts ; nous en discuterons les causes; nous distinguerons ce qu'on peut regarder comme une perfection de l'art, et ce qui n'est dû qu'à l'heureux génie de l'artiste; distinction qui suffît pour faire disparaître ces bornes étroites, dans lesquelles on a renfeimé le perfectionnement des beaux-arts, Nous montrerons l'influence qu'exercèrent sur leurs progrès la forme des gouvernements, le système de la législation, l'esprit du culte religieux; nous rechercherons ce qu'ils durent à ceux de la philosophie, et ce qu'ellemême a pu leur devoir.

Nous montrerons comment la liberté, les arts, les lumièîes, ont contribué à l'adoucissenient, à l'amélioration des mœuis; nous ferons voir que ces vices des Grecs, si souvent attribués aux progrès mêmes de lein- civilisation , étaient ceux des siècles

plus grossiers ; et que les lumières, la culture des arts, les ont tempérés, quand elles n'ont pu les détruire; nous prouverons que ces éloquentes déclamations contre les sciences et les arts, sont fondées sur une fausse application de l'hisloire; et qu'au contraire les progrès de la vertu ont toujours accompagné ceux des lumières, comme ceux de la corruption en ont toujours suivi ou annoncé la décadence.

DE L FSPRIT FIUMAIN. \' ÉPOQUE. 79

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