SUR L'OFFICE DF LOIPERFUR
Elle n'a pas entendu que les Pays-Bas seraient un asile sacré, du sein duquel les soldats impériaux pourraient impunément porter le fer et le feu chez leurs voisins. Elle n'a pas garanti les Pays-Bas , dans le cas où , contre les lois des nations , l'empereur en ferait la retraite de Français ennemis de leur patrie, et le foyer de leurs complots. L'Angleterre a garanti l'ancienne constitution belgique ; mais la France n'a point cherché à détruire cette constitution. En un mot, c'est contre une invasion injuste que l'Angleterre a garanti les Pays-Bas, et non contre des mesures nécessitées par le droit le plus légitime de la défense naturelle. Ce serait calomnier la générosité de la nation anglaise, que de croire qu'elle pût donner un autre sens à ses traités.
La Pologne, qui vient aussi de voir une révolution dans son sein, qui, comme nous, change le système entier de ses anciennes lois, qui a aussi ses conspirateurs et ses émigrés, agités des mêmes passions, égarés par les mêmes préjugés; la Pologne recevrait-elle avec froideur l'ouverture d'une union plus intime avec la France? N'a-t-elle pas comme nous, pour premier intérêt, celui d'assurer son indépendance, de soustraire sa constitution à toute influence étrangère? Une considération plus particulière encore la rapproche de nous. Le trône, jadis électif, y est devenu héréditaire ; une nouvelle famille doit l'occuper; et, seule, entre les grandes puissances, la France est sans intérêt sur le nom de celte famille; seule , elle peut offrir à la Pologne une amitié désintéressée, indépendante de ce que le soit doit
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prononcer sur ce choix qui, en ce moment, excite ailleurs tant de passions royales.
La Prusse aurait-elle oublié que le traité de 1736 l'a menacée d'une destruction complète, que le génie seul de Frédéric a pu la sauver, et qu'il l'a sauvée par une dernière victoire, qu'un de ces hasards qui trompent si souvent les combinaisons du génie aurait pu lui ravir? Son successeur emploierait-il ses secours, sa neutralité même, pour livrer à la maison d'Autriche toutes les forces de la France?
Les nations plus faibles, forcées de s'unir à des alliés puissants qui les fatiguent par leur ambition , qui les humilient par leur orgueil; ces nations qui n'échappent à la conquête que par la difficulté de s'accorder sur le partage de leurs dépouilles, ne doivent-elles pas regarder les nouveaux principes de la France comme le gage de leur affranchissement et de leur sûreté ?
Si l'empereur, par l'événement quelconque d'une guene, réduisait la France à devenir l'instrument, ou même le témoin paisible de ses projets d'agrandissement, les princes de l'empire pourraient-ils espérer de conserver leur indépendance, et les villes impériales, leur demi-souveraineté? Le roi de Sardaigne ne serait-il pas le vassal de l'empereur? Les Suisses eux-mêmes, enclavés dans ses Etals, verraient bientôt leur liberté disparaître. Je sais qu'une ligue d'intrigants a pu aveugler ces diverses puissances, qu'ils ont soulevé l'orgueil des princes, effrayé les sénats aristocratiques, séduit les peuples