DU PACTE DE FAMILLE
puissance à qui ils seront envoyés ; et la puissance qui les aura fournis tiendra prêts d'autres vaisseaux , pour remplacer ceux que la guerre aurait fait perdre, ainsi que les recrues et réparations nécessaires poulies troupes de terre.
L'article XVI porte que les secours ci-dessus stipulés seront regardés comme ce que l'un des deux monarques pourra faire de moins pour l'autre; mais comme leur intention est que la guerre se déclarant pour ou contre l'un des deux , doit devenir personnelle à l'autre , ils sont convenus que dès qu'ils se trouveront tous deux en guerre contre le même ou les mêmes ennemis, Leurs Majestés la feraient conjointement, en y employant toutes leurs forces; et qu'alors elles feront entre elles des conventions particulières relatives aux circonstances, et détermineront leurs efforts respectifs et réciproques, ainsi que leurs plans et opérations politiques et militaires ? lesquels seront exécutés d'un commun et parfait accord.
Les articles XVII et X VIII contiennent l'engagement formel et réciproque de n'écouter, ni de faire aucune proposition de paix avec les ennemis communs, que d'un consentement mutuel, et de regarder, soit en guerre, soit en paix, comme ses intérêts propres, ceux de la couronne alliée; de compenser les pertes et les avantages respectifs, et d'agir comme si les deux monarchies ne formaient qu'une seule et même puissance.
Par les articles XIX et XX, le roi d'Espagne stipule, pour le roi des Deux-Siciles, les engagements du
traité, et promet de les faire ratifier pat ce prince; bien entendu que la proportion des secours à fournir par Sa Majesté Sicilienne sera déterminée suivant l'étendue de sa puissance. Les trois monarques s'engagent à soutenir en tout, et toujours , la dignité et les droits de leur maison , et de tous les princes issus du même sang.
Les articles XIX et XX ne peuvent subsister; la France ne peut s'engager à faire la guerre pour la défense de tous les droits présents et futurs de tous les descendants mâles de saint Louis. Une nation ne peut s'engager à faire la guerre pour soutenir la dignité d'un particulier. Observons que, suivant cet article du traité, la nation française serait obligée de se faire la guerre à elle-même , pour avoir supprimé le monseigneur des princes.
11 a été convenu, par les articles XXI et XXII , qu'aucune autre puissance que celles qui sont de l'auguste maison de Bourbon , ne pourra être invitée ni admise à accéder au présent traité. Leurs États et sujets respectifs participeront à la liaison et aux avantages établis entre les souverains, et ne pourront rien faire ou entreprendre de contraire à leur parfaite correspondance.
Ces articles, annulés par le traité de Paris, sont les seuls où les peuples eussent été appelés à profiter des avantages d'une fédération, les seuls qui eussent pu justifier le pacte de famille.
Par l'article XXIII, le droit d'aubaine est aboli en faveur des sujets de Leurs Majestés Catholique et Sicilienne, qui jouiront en France des mêmes préro-