‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 106 sur 183 · COMMANDANTS DES PLACES · texte numérisé non relu

COMMANDANTS DES PLACES

Sur l'usage de les punir, lorsqu'ils se rendent avant d'avoir soutenu

trois assauts (i).

Cet usage, qui n'a point été réformé, est ancien , et n'a pu avoir pour origine qu'un enthousiasme exagéré de valeur, et une grande indifférence pour le sort des malheureux bourgeois qu'il dévouait à toutes les horreurs du pillage. Mais depuis que l'art des sièges s'est perfectionné, et qu'on a la précaution de détruire toutes les défenses d'une place avant d'y donner l'assaut, cette condition imposée aux gouverneurs n'est plus regardée que comme une chose de forme : et de nos jours, un officier qui, prenant une ville d'assaut, la livrerait au pillage, serait aussi déshonoré qu'il l'aurait été dans le siècle dernier, pour avoir refusé de servir de second dans un duel.

CONDÉ (le prince de).

Sur l'arrestation de ce prince , ordonnée par Mazarin, pendant la

guerre de la Fronde (2).

Le prince de Condé fut d'abord conduit à Vincennes, avec une escorte commandée par le comte de Miossens. L'abbé de Choisy rapporte dans ses Mémoires que la voiture du prince ayant cassé,

(1) Voltaire, tome XX, p. 371.

(2) Voltaire, tome XX , p. 266.

Coudé dit à Miosseiis : Foilà une belle occasion pour un cadet de Gascogne , mais que Miossens fut fidèle à la reine. Cette anecdote ne peut étie vraie; Miossens était d'Albret, du même nom que la mèie de Henri IV, et ce n'était pas du prince de Condé qu'il pouvait attendre sa fortune. C'est le même que le maréchal d'Albret, qui fut depuis un des premiers protecteurs de madame de Maintenon.

Le comte d'Harcouit, de la maison de Loriaine, conduisit ensuite Condé au Havre ; le prince étant avec lui dans la même voiture, lui fit cette chanson ;

Cet homme gros et court,

Si fameux dans l'histoire,

Ce grand comte d'Harcourt

Tout rayonnant de gloire, Qui secourut Casai, et qui reprit Turin , Est devenu recors de Jules Mazarin.

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