‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 119 sur 183 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

Sur les phénomènes produits par le feu ( i ).

Ces phénomènes paraissent indiquer un nouveau principe qu'on ne soupçonnait pas, lorsque M. de Voltaire écrivit cet Essai. Les corps, en passant de l'état de solide à l'état de liquide, de celui de liquide à l'état de vapeurs, en se combinant, en se dissolvant dans les menstrues, paraissent acquérir la propriété de s'unir à une quantité de feu plus ou moins grande que dans leur état antérieur; en sorte qu'ils peuvent lefroidir ou échauffer les cor[xs avec lesquels ils communiquent , tandis (pie s'ils

(i) Vollaiip, tome XXXI, |). -277.

étaient restés dans leur premier état, ils n'auraient rien changé à la température de ces mêmes corps. On a fait, depuis quelques années, des expériences très-suivies et très-bien faites sur cette classe de })hénoraènes. Il paraît donc que le feu s'applique aux corps de trois manières difféientes : i" en soite qu'il puisse en être séparé sans y rien changer que leur température ; 2° de manière à ne pouvoir en être séparé que lorsque l'état de ces corps vient à changer; 3" par une véritable combinaison , qu'on ne peut détruire sans changer la nature du corps. On peut consulter sur cet objet les ouvrages de MM. Scheele, Black, Crawford; on y trouvera des expériences bien faites, bien combinées, et des vues ingénieuses.

FOÎNTENELLE (i>

Basnage pressa longtemps Fontenelle de répondre à Balthus. Mon parti est pris , répondit Fontenelle, je ne répondrai point au livre du jésuite ; je consens que le diable ait été prophète, puisque Balthus le veut, et qu'il trouve cela plus orthodoxe.

Lorsque la première édition du Siècle de Louis XIV devint pul)lique, Fontenelle vivait encore. On avait cherché à l'irriter contre M. de Voltaire. Comment suis-je traité dans cet ouvrage? demanda Fontenelle à un de ses amis. Monsieur, répondit-il, M. de Voltaire commence par dire rpie vous êtes le seul homme

(1) Voltaiio, tome XX, p. 101.

vii^ant pour lequel il se suit écarté de la loi qu'il s'était faite, de ne parler que des morts. — Je n'en veux pas savoir davantage, repril Fontenelle; quelque chose qu'il ait pu ajouter, je dois être content.

FORCES VIVES (i).

Le principe de la conservation des forces vives a lieu , en général , dans la nature, toutes les fois qu'on supposera que les changements se feront par degrés insensibles, c'est-à dire tant que la loi de continuité y est observée. Il en est de même du principe de la conservation d'action. Celui de la moindie action est vrai aussi en général , dans ce sens que le mouvement est déterminé par les mêmes équations générales qu'on aurait trouvées, en supposant que 1» . • i. i i

1 action est un minimum; mais cela ne suffit pas

pour que l'action soit réellement un minimum; elle peut, être un maximum, ou n'être ni l'un ni l'autre, quoique ces équations aient lieu. L'accord de ces équations avec la nature prouve seulement que, dans les changements infiniment petits qui ont lieu dans un temps infiniment petit , la quantité d'action reste la même.

Au reste, ce serait en vain qu'on croirait voir des causes finales dans ces différentes lois; elles ne sont , comme l'a démontré M. D'Alemberl , que la conséquence nécessaire des principes essentiels et malhé-

(i) Voltair-c, tome XXXI, p. 78.

matiquesdii mouvement. La découverte de ces principes, qu'il a étendus aux corps solides, flexibles et fluides, en trouvant en même temps le nouveau calcul qui était nécessaire pour y appliquer l'analyse mathématique, doit être regardée comme le plus grand effort que l'esprit humain ait fait dans ce

siècle.

(i) Il y a toujours égahté de forces vives, mais avec deux conditions : la première, que si une force variable, dépendante du temps ou du lieu du corps, influe sur son mouvement, ce n'est plus la somme des forces qui reste constante, mais la somme des forces vives; plus, une certaine quantité variable qui dépend de cette force; la seconde, que cette égalité des forces vives cesse d'avoir lieu toutes les fois qu'on est obligé de supposer un changement qui ne se fasse pas d'une manière insensible. Ainsi , ce principe peut être vrai , comme un principe mathématique d'une vérité de définition, mais non comme principe métaphysique.

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