‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 122 sur 183 · TV · texte numérisé non relu

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4l8 NOTES

GKAINS.

Sur les lois relatives au commerce des grains (i).

Tout ministère fiscal et oppresseur se conforme nécessairement à l'opinion de la populace pour toutes les lois (jui ne se rapportent point directement à l'intérêt du fisc. Il est également de l'intérêt des corps intermédiaires de flatter l'opinion populaire. Ces motifs, joints à l'ignorance, ont déterminé les mauvaises lois sur le commerce des blés; et les mauvaises lois ont contribué à fortifier les préjugés. On croyait arrêter ce qu'on appelle monopole, et on empêchait les emmagasinements , qui sont le seul moyen de prévenir l'effet des mauvaises récoltes générales, et le commerce, dont l'activité peut seule remédier aux disettes locales. On croyait faire du bien au peuple, en faisant baisser les prix pour quelques instants et dans quelques villes; cependant on décourageait la culture, et par conséquent on rendait la denrée plus rare, et dès lors constamment plus chère. De ce qu'en examinant les prix des marchés et l'abondance qui y règne, on peut, dans un commerce libre, juger de l'abondance réelle de la denrée, on croyait pouvoir en juger dans un commerce gêné par des règlements : de là l'usage de ces permissions particulières, le plus souvent achetées par des gens avides, et dont l'effet est toujours contraire au but qu'ont ou disent avoir ceux qui les accordent.

(i) Voltiiiir , tonx" XXI, p. .i'/fi.

SUR VOLTAIRE. . /j I C)

Observons, enfin, que c'est surtout dans les temps de disette que les lois prohibitives sont dangereuses; elles augmentent le mal et ôtent les ressources.

GRECS (i).

On ne peut former que des conjectures incertaines sur ce que les Grecs ont du de connaissances astronomiques ou géométriques, soit aux Orientaux, soit aux Égvptiens. Non -seulement nous n'avons point les écrits de Pythagore ou de Tlialès, mais les ouvrages mathématiques de Platon , ceux même de ses premiers disciples , ne sont point venus jusqu'à nous. Euclyde, le plus ancien auteur de ce genre dont nous ayons les écrits, est postérieur d'environ trois siècles au temps où les philosophes grecs allaient étudier les sciences hors de leur pays. Ce n'était plus alors l'Egypte qui instruisait la Grèce , mais la Grèce qui fondait une école grecque dans la nouvelle capitale de l'Egypte. Observons qu'il ne s'était passé qu'environ tiois siècles entre le temps de Pythagore, qui découvrit la propriété si célèbre du triangle rectangle, et Archimède. Les Grecs, dans cet intervalle, avaient fait en géométrie des progrès prodigieux ; tandis que les Indiens et les Chinois en sont encore où ils en étaient il y a deux mille ans.

Ainsi, dès qu'il s'agit de découvertes, pour peu qu'il y ait de dispute, la vraisemblance paraît devoir toujours être en faveur des Grecs.

(i) Voltaire, totuc XVI, p, 176).

On leur reproche leur vanité nationale, et avec raison; mais ils étaient si supérieurs à leurs voisins; ils ont été mênne si supérieurs à tous les autres hommes, si l'on en excepte les Européens des deux derniers siècles, que jamais la vanité nationale n'a été plus pardonnable.

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