JÉSUITES
Leur expulsion (i).
Les jésuites n'auraient point été à plaindre , si l'on eût doublé leur pension de quatre cents livres , en faveur de ceux qui auraient eu des infirmités, ou plus de soixante ans; si les autres eussent pu posséder des bénéfices, ou remplir des emplois, sans faire un serment qu'ils ne pouvaient prêter avec honneur; si l'on avait permis à ceux qui auraient voulu vivre en commun, de se réunir sous l'inspection du magistrat. Mais la haine des jansénistes pour les jésuhes , le préjugé (|u'ils pouvaient être à craindre, et leur insolent fanatisme dans le tenq^s de leur destruction, et même après (ju'elle eut été consommée, ont em-
^i) Voltaire, lonie XLV, p. 56.
péché de remplir à leur égard ce qu'eussent exigé la justice et l'humanité.
Sur les mêmes , après leur expulsion ( i ).
Les jésuites, après s'être laissé chasser comme des capucins, écrivirent contre les parlements de gros volumes d'injures que personne ne put hre; ensuite ils se mirent à prêcher contre les philosophes , à écrire contre eux des mandements, des dictionnaires, des hrochures, ce qui leur valut un peu d'argent, et l'honneur de dîner à la table des valets de chambre de l'archevêque de Paris, Beaumont, qui, se souvenant qu'il était gentilhomme avant que d'être prêtre , ne mangeait point avec des prêtres roturiers.