IX. s
Il(î LETTRES d'un CITOYEN
D;ins l'un et dans l'autre système, c'est toujours un corps aristocratique unique, substitué à des corps aristocratiques séparés. On a dans la nouvelle forme plus d'unité, ce qui est un avantage; mais plus de facilité pour séduire, ce qui est un mal; dans l'ancienne, une aristocratie plus tyrannique, parce (ju'elle est plus nombreuse, qu'elle a des fonctions judiciaires plus étendues, qu'elle est composée de mendjres moins distingués; dans la nouvelle, une aristocratie plus oppressive, parce qu'elle serait plus unie, plus susceptible de former des projels; l'ancienne protégerait les abus avec plus de violence, la nouvelle les déftn irait avec plus d'opiniâtreté et. d'adresse; l'ancienne serait plus dangereuse poui' les citoyens, la nouvelle pour les ministres; l'ancienne ne pourrait résister longtemps au progrès des lumières, au vœu de la nation, malgré le respect que Ibabitude et l'antiquité peuvent inspirer pour elle; la nouvelle serait plus difficile à détruire, si le malheur de n'avoir point en sa faveur ce respect des sols pour les choses antiques ne lui ôfait toutes ses forces.
Mais c'est à ceux cjui aiment l'aristocratie qu'il appartient de choisii-. Vous sentez que toute cour plénière (|ui ne serait pas composée de membres uniquement élus par une assemblée nationale, ou par celles des provinces, doit être à mes yeux une institution dangereuse et contraire aux droits des citoyens.
Reste, enfin, le dernier système, et celui-ci est le si'ul où le nouvel ordre soit réellement inférieur à