LETTRES DUN BOURGEOIS
une partie des fonds destinés aux dépenses extraordinaiies mettrait les propriétaires pauvres qui en auraient souffert en état de payer leur part de l'impôt. Ces non-valeurs ne pourraient donc causer aucun embarras, à moins que l'impôt ne fût énoime, et un impôt direct, imposé par la nation sur ellemême, ne peut jamais devenir excessif. En Angleterre même, malgré les vices de la constitution, les taxes auiaient toujours été modérées, si les patriotes, ou soi-disant tels, qui ont réglé la constitution après la fuite île Jacques II, avaient été assez éclairés pour proscrire par une loi solennelle toute autre espèce d'impôt.
En effet, il est difficile d'imaginer que la chambre des communes eût voulu, ou eût osé voter des taxes énormes, si, à la première proposition de ces taxes, chaque franc- tenancier, instruit et de la somme réelle qu'elles lui coûteraient , et de la proportion révoltante des taxes avec son revenu, eût pu les comparer avec l'intérêt qu'il pouvait avoir à l'emploi annoncé de cet impôt , et juger l'usage que faisaient ses représentants du pouvoir qu'il leur avait confié.
Le compte des dépenses faites en temps de guerre, avec les subsides imposés par le corps législatif, ne serait rendu public qu'après la paix ; mais le corps légi.slatif recevrait les comptes de ceux qu'il aurait chargés des dépenses particulières, les dénoncerait et les ferait juger en cas de prévarication, réglerait la distribution générale des dépenses, mais ne pourrait se réserver les détails ilaucune , ni en charger aucun de ses membres.